BALADE SONORE TENDANCE


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Chalon dans la rue, des spectacles plein les oreilles

C’est la nouvelle tendance des arts de la rue : les spectacles se vivent comme une balade sonore, casque vissé sur la tête.

Pour bien voir, il suffit de savoir écouter. Pour preuve, Véréna Velvet, la nouvelle création de la compagnie Entre chien et loup, dont c’était la première à Vieux-Condé en mai dernier, lors du festival Les Turbulentes, et que voilà dans le in à Chalon, dans la rue. C’est muni d’un casque audio que le spectateur part, au gré d’un parcours fait d’indices, à la rencontre de deux femmes homonymes, deux Véréna Velvet, de générations différentes. Elles ne se connaissent pas, elles livrent peu à peu leurs mystères. Touchante, l’histoire prend un relief particulier : ce souffle au creux de l’oreille, ce bruit de pas si proche… Le spectateur se retourne, persuadé d’une présence qui le frôle : personne ! De personnage de chair et d’os, il n’y a point. Et pourtant, des éléments parsèment le décor urbain traversé – des écheveaux de laine derrière une vitre, un jardin de papillons, etc. – comme autant de signes de la présence de Véréna Velvet. La narration auditive agit tel un révélateur photographique du réel. Camille Perreau (direction artistique) signe là une œuvre subtile et délicate.

L’utilisation de supports audio n’est pas chose nouvelle dans les arts de la rue. La compagnie Décor sonore avait mis l’écoute en scène lors de ses Chantiers de l’O.R.E.I, en 2006. Mais on assiste, ces derniers temps, à une nouvelle tendance : la balade sonore, principe selon lequel tout l’espace urbain est scène de théâtre et le spectateur interprète du spectacle auquel il assiste. Ce mouvement affirme la volonté de recréer une place pour le texte dans l’espace public, de chercher en surimpression une nouvelle dimension d’expression. La balade sonore, peut-être initiée par le Begat Theater et ses Histoires cachées en 2011, devient un genre à part entière. Chalon dans la rue en sera l’illustration. Agoraphobia, d’OMSK/Lotte Van Den Berg, s’écoutera sur téléphone portable. Le spectateur casqué partira sur les traces de la Prisonnière espagnole, du Serial Théâtre. Séverine B interrogera la Solitude du spectateur à travers une promenade. Le microphone parabolique de Dennis Van Tilburg attrapera des bribes de conversations au fil des rues. Lors de Ceci n’est pas une performance, de la compagnie Androphyne, un chorégraphe dictera ses intentions par oreillette à un interprète. Et les installations sonores des compagnies David Betta (l’Expérience unique du professeur David Betta) et les 198 Os (Big-Bang Fondement/Effondrement) ne viendront que confirmer cette exploration d’un nouveau champ des possibles.

 

Article de l’Humanité

http://www.humanite.fr/culture/chalon-dans-la-rue-des-spectacles-plein-les-oreill-546210

 

 

Suite à cet article, j’aurais tendance à ajouter que toutes les balades sonores ne s’effectuent pas « Le casque rivé aux oreilles », loin  de là !

Je citerai par exemple… les balades sonores à oreilles nues de Desartsonnants….

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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