FESTIVAL PIEDNU, Musique nouvelles et expérimentales au Havre


FESTIVAL PIEDNU

Musique nouvelles et expérimentales  au Havre

Du 30 Mars au 5 Avril 2014

affiche-piednuDurant quelques années, comme pour mieux appuyer sa ligne éditoriale, le directeur d’une de ces rares publications soutenant, justement, les musiques nouvelles et expérimentales avait pris l’habitude de placer en exergue de chaque nouveau numéro cette phrase de Robert Filliou, artiste conceptuel proche du Mouvement Fluxus : « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ».
Vaste sujet de dissertation ou simple constatation ?
En effet, si le rapport du prix du beurre au nombre figurant au bas de votre bulletin de salaire pèse plus lourd sur votre quotidien qu’un solo de contrebasse, l’exaltation ressentie à l’écoute dudit solo vous permettra peut-être de relativiser le trou occasionné dans votre salaire par le prix du beurre… Et, partant, de trouver à la vie un certain intérêt.
Tel est en tout cas le pari tenu depuis bientôt dix ans par l’Association PiedNu et les structures de plus en plus nombreuses qui la soutiennent ! La morosité due à la conjoncture et aux climats météorologique et politique ne tient pas la distance face au désir de vivre et à la curiosité quand ils sont excités par des propositions dignes d’attention. Aussi, des improvisations collectives de GOL à l’énergie ludique d’Api Uiz, de la douce folie d’Albert Marcœur aux clarinettes sinusoïdales du Quatuor Watt, de la fureur incandescente de The End aux tambours polymorphes de Yuko Oshima ou aux cuivres tentaculaires de Spat’sonore, c’est à un véritable bouillon de culture macérant dans l’effervescence du risque pris que nous avons choisi de vous convier. Ajoutez à ces expériences d’écoute la vidéo psychédélique deJacques Perconte et la danse désarticulée de Lorena Dozio et vous vivrez ainsi la complète immersion sensorielle des yeux, des oreilles et du corps.
Histoire d’aller vérifier si, d’aventure, l’art ne serait pas ce qui rend la vie plus intéressante que l’art.
Joël Pagier

Dimanche 30 mars

PiedNu 18h

Jean Bender & AxDelbor : Instruments préparés, inventés ou détournés

Le duo Jean Bender / AxDelbor improvise dans un registre bruitiste jouant sur les phénomènes d’entropie au cœur du circuit.

Jean Bender & AxDelbor officient au sein du collectif H.A.K. Lo-Fi Record dans la branche électronique.

En plus de leur activité scénique, ils opèrent dans différentes structures (lycée, MJC, festival, école d’art …) avec un public varié (novice, geek, enfant, adulte…) en proposant des ateliers de fabrication de noisebox.

Nul besoin d’être un samouraï du fer à souder, ni même de savoir ce qu’est un trigger de schmitt, l’entreprise de vulgarisation menée a pour but de se familiariser avec l’univers obscur de l’électronique tout en prônant le DoItYourself.

Après un rapide cours théorique sur les lois de l’Electronique, ils s’arment de leur fers à souder pour créer de toutes pièces un générateur de sons versatiles amplifié, basé sur des circuits intégrés CMOS.

Créé en 2001, H.A.K. Lo-Fi Record est un groupe à géométrie variable, plus raisonnablement autoproclamé « collectif ». Il réunit plus de 80 artistes internationaux. Les projets H.A.K. réunissent la plupart du temps autour d’une thématique et à travers des auto productions, des personnes de formations et de pratiques diverses ; leurs horizons différents ont pour intérêt commun les notions de son et d’espace.

C’est un label de musique indépendante, ainsi qu’un groupe de recherches sonores s’interrogeant à la fois sur les espaces sonores en terme d’urbanité ou d’installations plastiques, et sur les différentes manières de pratiquer le son aujourd’hui.

> Plus de 200 productions ; cd-r, vinyles, vidéos, noisebox, éditions jalonnent le parcours d’H.A.K. Lo-Fi Record…

http://h.a.k.free.fr/

Lundi 31 mars

Conservatoire A. Honegger 20h30

Paul Rogers

Paul Rogers est de la race des très grands. Musicien rebelle, toujours en colère, il poursuit depuis trois décennies un parcours exemplaire, sans jamais la moindre concession, avec une intégrité, une exigence, une sincérité qui forcent le respect.

Son univers, nourri tout autant au free qu’à la musique baroque, folklorique ou au punk le plus crasseux est l’un des plus riche et original qui soit. Un univers sans frontière aucune qui n’aurait pu tolérer d’être limité par l’instrument. Et avant même de commencer à tourner en rond avec la contrebasse, il a décidé, il y a maintenant quelques années, de mettre au placard sa « grand-mère » et de se faire construire cette 7 string bass, prototype inédit bardé de cordes sympathiques, qu’il ne lâche plus depuis. S’il excelle toujours aux côtés des plus grands improvisateurs mondiaux, ses prestations en solo relèvent définitivement du grand art et révèlent une magie, un lyrisme et un sens de la dramaturgie dont peu sont capables. L’ego toujours à sa place, loin de la performance virtuose (et pourtant…), Paul Rogers nous prend par la main et nous emmène dans un ailleurs musical dont on ne revient jamais vraiment indemne. Carré Bleu, Poitiers.

GOL et Brunhild Ferrari

GOL, une formation de vapeur de lysergamide produite par le précipité des sons d’un bocal de nouilles électrifiées. C’est comme ça qu’ils cuisinent, sans faire attention, il ya toujours des taches sur le tapis. Après quoi ils sont quatre et ils remettent ça, ils ont apporté des objets plus ou moins homologués pour faire leur soupe, ça prend des couleurs non mentionnées dans le pentone et à la fin on en redemande. Évidemment on ne sait jamais à quoi s’attendre, il y en a un qui se dit jardinier, un autre qui n’est pas là, le troisième joue de trois instruments en même temps ; le quatrième vous attend au bar.

https://www.youtube.com/watch?v=IZG_ZsEXDeY

https://www.youtube.com/watch?v=IeknDgx7grI

https://www.youtube.com/watch?v=3kkqU3u8iqA

Mardi 1er avril

PiedNu 20h30
Adrian Moore

Adrian Moore a toujours désiré mettre le potentiel énorme de la bande au service de l’exécution en direct et de la diffusion des sons. Aussi voit-il dans la technologie actuelle un outil idéal tant pour le compositeur que pour l’interprète ou le professeur. Il est présentement professeur de musique à la University of Sheffield ainsi que directeur des University of Sheffield Sound Studios (USSS).

Il s’intéresse toujours principalement à l’acousmatique. Ses dernières œuvres touchent à la composition multivoix (5.1), l’audiovisuel, l’improvisation sur ordinateur portable et les concerts spatialisés à l’aide d’un logiciel conçu aux USSS.Eric Cordier

Compositeur de plusieurs dizaines de pièces électroacoustique, Eric Cordier a été en accueil auprès des studios de musique contemporaine : GRAME (Lyon) de 89 à 91, et la Grande Fabrique (Dieppe) de 92 à 98. Depuis, il travaille dans son studio personnel.

Eric Cordier, proche de la musique concrète, développe un style musical dans lequel la matière sonore est toujours utilisée dans le respect de ses spécificités, limitant l’impact des traitements.

Intégration & Franconie (créations)

« Intégration » est un plongée dans l’univers technologique de l’Institut d’Astrophysique spatial d’Orsay, un laboratoire du CNES où sont testés et calibrés les pièces de dispositifs optiques ou électroniques avant d’être « intégrés » aux satellites ou aux sondes interstellaires. Basée sur des prises de sons électromagnétiques, la composition donne à entendre une matière sonore peu entendue puisqu’inaudible.

En complément à la musique a été réalisé un atelier de création pour France Culture qui permet de comprendre le travail et les contraintes de ces chercheurs : http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-de-la-creation-integration-2013-12-26

« Franconie » est une exploration de la forêt guyanaise où les sons des animaux deviennent la base d’une composition électroacoustique s’éloignant beaucoup du field recording naturaliste.

Un programme tout en contraste qui oppose intérieur et extérieur, hyper technologie et nature, inaudible audible…

Mercredi 2 avril

MuMa 12h15
Yuko Oshima

Kéfukéfu est une pièce solo pour batterie, percussions, et voix écrite et interprétée par Yuko Oshima. Alternant chant traditionnel japonais et improvisation instrumentale, Yuko emmène le public dans son univers poétique, organique et microcosmique. Pour cette soirée, elle interprète sa deuxième pièce solo.

Les formes d’expression musicale les plus primitives, le chant et les percussions, me permettent de rester sincère dans l’instant présent. Comme mon premier solo, le thème de kéfukéfu est le Japon que je ressens. ( « Kéfu » signifie « aujourd’hui » dans l’ancienne langue japonaise ) Après la catastrophe qui a envahi le Japon, ma vision du monde n’est plus pareille qu’avant. Ce choc m’a poussé à créer un nouveau solo pour arriver à me redresser et pour que je puisse faire face à la réalité du Japon actuel.

Le Phare CCN-HHN 20h30

Milles Lumières de Jacques Perconte et Julie Rousse

Une proposition de Eluparcettecrapule

Le glissement d’un film de paysage vers l’abstraction pour une délicate aventure plastique et sonore en pays poitevin avec Jacques Perconte et Julie Rousse.

Milliers de sons, milliers de couleurs, milliers de pixels, milliers de samples, milliers de matières pour une rencontre acoustique et plastique. Manipulations de fichiers vidéos aux structures brisées, compressions sauvages et paysages magiques mêlés aux collages spontanés de prises acoustiques aussi brutes que dynamiques. C’est une expérience qui se risque à quelque chose qui oscille tendrement entre initiation bucolique et voyage psychédélique.

ALibi de Lorena Dozio et Daniel Zea

Une proposition du Phare CCNHHN

L’alibi est un espace/temps parallèle à la réalité, c’est une potentialité, un intervalle, un « entre » l’avant et l’après.

Un alibi est également une légitimité, une excuse, qui justifie la personne par rapport à une action, un événement, un choix. Un spectacle est selon moi un alibi : je me trouve dans un lieu et un temps déterminés devant des témoins, et je prouve ma présence, peut être mon innocence.

L’intervalle est ici considéré comme l’espace entre l’intention et l’action, entre un mouvement et sa proprioception. ALibi est le temps suspendu de l’hypothèse, de la supposition en attente de vérification en questionnant le temps de l’enquête et des fouilles.

Jeudi 3 avril

MuMa 12h15

WATT

Antonin-Tri Hoang / Jean Dousteyssier / Julien Pontvianne / Jean-Brice Godet

WATT s’attache à utiliser la clarinette comme un véritable émetteur d’ondes, allant de la quasi sinusoïde à des mouvements périodiques plus complexes. Sont privilégiées les formes longues et improvisées, dans lesquelles les rythmes sont des battements, les timbres fusionnent à l’extrême et le tempérament est grandement altéré.

www.julien-pontvianne.com/WATT.html

soundcloud.com/watt-quatuor

PiedNu 20h30

The End

Heddy Boubaker / Fabien Duscombs / Mathieu Werchowski

Vous reprendrez bien une bonne bouffée de rock libre, psychédélique, noise et sauvage avant la chute du système ? ‐ cette musique est 100% improvisée !

Heddy Boubaker a commencé très jeune par jouer du rock à la guitare électrique, puis est progressivement passé au saxophone – d’abord alto ensuite basse – et à la musique improvisée tout en ayant, dans l’intervalle, pratiqué de nombreux autres styles de musique. Depuis 2011 il a stoppé toute pratique du saxophone et s’est mis au synthétiseur modulaire analogique, à la basse électrique et au violon alto. L’essentiel de son activité musicale est centrée sur la pratique improvisée de la musique et la recherche sonore.

Fabien Duscombs, batteur/percusionniste autodidacte, musicien professionnel depuis 1992, Fabien est une « figure emblématique » de la scène des musiques improvisées Toulousaines et au delà. Très attaché à l’idée de « groupe », il joue principalement dans La Friture Moderne, le Tigre des Platanes, Cannibales & Vahinés,… ainsi que dans divers projets de musiques improvisées.

Mathieu Werchowski mène de front deux carrières parallèles : l’une en tant que violoniste improvisateur opérant dans le champs des musiques dites d’aujourd’hui et l’autre en tant que compositeur et créateur sonore. Armé de son violon, ou de son alto, il s’aventure sur des terrains souvent inexplorés par ces instruments et les fait sonner d’une façon peu coutumière ; ses affinités pour la création et la liberté l’ont de fait orienté vers le monde de l’improvisation.

Das Goddene Tor de Jürgen REBLE

1992 / 16 mm / coul-n&b / son / 54’ 00

Une proposition de Eluparcettecrapule

DAS GOLDENE TOR juxtapose et relie entre eux des fragments de documentaires sur les insectes et les reptiles, des images d’astronautique et d’astronomie et quelques séquences faites par le cinéaste sur les activités humaines de son entourage immédiat, en mettant à profit une longue expérience dans la recherche et la manipulation chimique de la pellicule pendant et après le développement. Cela confère aux images un caractère pictural et une atmosphère se situant entre le rêve et la réalité. Plus le film progresse, plus on s’éloigne de la réalité. Un temps d’exposition extrêmement long renforce l’impression fugace de l’activité humaine. La victoire sur les ténèbres qui suivent donne naissance à une lumière intérieure.

Das Goldene Tor (« La Porte d’or »), un terme qui date de la mythologie préchrétienne, caractérise l’intériorisation et le renouvellement du feu divin au passage du solstice d’hiver. La musique composée par Thomas Köner en accompagnement, forme un niveau complémentaire qui renforce les tensions dans le flux d’images, sans constituer un fond sonore. Et tout comme le film qui ne se réfère à aucun modèle traditionnel de structure et de récit, la musique abandonne elle aussi les chemins battus pour ce qui est du rythme et de la mélodie. Ainsi se crée un imaginaire audiovisuel davantage perceptible au niveau des tripes que du cerveau.

http://www.filmalchemist.de/

Vendredi 4 avril

Tétris 20h30
Et bien d’autres…

Julien Baillod et Jean-Vicent Huguenin : guitares, électronique

Albert Marcœur : voix, table sonore

En collaboration avec le Tétris

Et bien d’autres… c’est quoi :

Des plaines minimalistes de Julien Baillod à la sinuosité complexe des sentiers du
ragtime de Jean-20 Huguenin, en passant par les expérimentations acoustiques les plus débridées, ces deux compositeurs suisses accueillent en leur monde sonore les textes de l’auteur compositeur bourguignon Albert Marcœur.

Entre les nappes sensuelles de guitares électriques saturées, balayant la plage à marée basse, les climats mystérieusement évocateurs composés de fragments sonores industriels, domestiques, savamment séquencés et les superpositions de tapis harmoniques rassurants richement trafiqués, Albert Marcœur place ses mots, ses expressions, ses anecdotes avec la tendresse, la malice et humour qu’on lui connaît.



Et bien d’autres… pourquoi ? :

« Lorsque les festivals de musique sont grandioses et s’étalent sur plusieurs jours, tous les groupes ne peuvent être cités sur les affiches. On en met le plus possible. Les très connus bien sûr, les un peu moins et on termine par et bien d’autres… On peut donc en conclure que Et bien d’autres… est programmé dans la majorité des festivals. Ce que personne ne sait, en revanche, c’est que Et bien d’autres…, c’est nous ».

Albert Marcœur

Samedi 5 avril

PiedNu 20h30

Spat’sonore

Thomas Beaudelin, Giani Caserotto, Joris Ruhl, Roméo Monteiro, Patrick Wibart

Des plantes grimpantes en tubes de cuivre coiffées de pavillons-corolles, forment un igloo sonore dans lequel vient s’installer l’auditeur.

Alors six machinistes se postent aux cerveaux à pistons de leur spat’. La structure se cabre et vacille, suspendue aux cintres.

Ils soufflent, grattent et frappent des polyrythmies spatialisées, des ombres de motets au fond d’une piscine, des drones d’appeaux à sanglier, des masses d’air visqueux, des jungles dans les souterrains, des silences-océans colorés d’îles exubérantes.

Les Spat’ sont des acousmoniums acoustiques tentaculaires, d’immenses orgues à bouches, des amplificateurs-spatialisateurs-filtres de sons produits par la bouche, une corde ou une membrane. Les Spat’ sont aussi des cors, des tubas, des saxophones…des harmonicas et des banjos… Développés collectivement depuis 2001 par le collectif Spat’sonore, ils forment une nouvelle famille d’instruments de musique.

Api Uiz

Yann Saboya : guitare, Enrique Vega : basse, Jorge Vega : batterie

Issu des Potagers Natures, un collectif d’artistes bordelais particulièrement innovants, Yann Saboya est un guitariste hyperactif qui multiplie les projets et les expériences dans le cadre élargi d’une esthétique de la catastrophe (Ruhland, Chocolat Billy, Le Cercle des Massimilimalistes, etc…). Ici, avec Api Uiz et les Frères Vega, il tranche dans le vif d’une musique énergétique et plutôt festive, quelque part entre le rock berbère et l’harmolodie d’un Ornette Coleman ou d’un James Blood Ulmer.

Joël Pagier

Site : http://www.piednu.fr/festival-2014/

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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