Atelier formation d’été 2014 – « Ecouter de nuit, écouter la nuit » aCousson4 – Acirène


Atelier formation d’été 2014 

« Ecouter de nuit, écouter la nuit »

 

La semaine du lundi 14 au samedi 19 juillet 2014

 

ECOUTER DE NUIT,

ECOUTER LA NUIT

Franges de ville et espaces sylvestres

en exemples auriculaires

Espaces sonores et savoirs. Atelier d’été 2014

Atelier formation d’été « Espaces sonores et savoirs »
Écouter de nuit, écouter la nuit
Franges de ville et espaces sylvestres en exemples auriculaires

Proposé et animé par aCousson4 et Acirène
Digne-les-Bains 16-21 juillet 2014

Présentation
Voici le programme détaillé de notre deuxième atelier formatif annuel consacré comme celui de l’an passé au croisement raisonné des théories et des pratiques de l’écoute environnementale. Il s’inscrit dans nos propositions formatives estivales que nous avons
choisi de nommer « Espaces sonores et savoirs ». En effet le rapport au sonore est avant tout question de spatialité.
Le son ne s’interprète que par des relations complexes productrices d’espace. L’espace sonore n’est pas reportable à l’espace visuel mais ne cesse de travailler avec lui, de l’interroger, de le désavouer parfois, de l’interpréter toujours. A l’heure où les initiatives en rapport avec le son sont foisonnantes et parfois désordonnées, il nous semble opportun de proposer des savoirs et des hypothèses fondées sur la recherche, tant
empirique que théorique. C’est le sens des formations « Espaces sonores et savoirs ».
Tous les intervenants sont enseignants et chercheurs. Notre démarche est heuristique, nos attitudes critiques. Les thèmes que nous proposons au fil des ans sont complémentaires et sont l’occasion de partager et de mettre en débat nos questions, nos hypothèses. L’expérience commune d’immersion et de partage est ici fondamentale et créatrice de connaissances.
La pratique formative est fondée sur l’immersion directe, le terrain, le partage des évocations de nos expériences, le plaisir d’être dans un groupe de personnes intéressées et curieuses. Les apports théoriques ne sont jamais premiers mais se portent à la rencontre de nos écoutes, les interrogent, tentent de leur fournir un horizon explicatif ou une mise en pratique adéquate. C’est pourquoi nous ne dissocions jamais immersion, méthodes et théorie. Pour nous rejoindre il n’est toutefois nullement besoin d’être expert, seule compte la capacité de s’interroger et de mettre en partage ses questions.

La nuit et les espaces intermédiaires, les frontières vacillantes : ce double choix ne doit rien au hasard. Il se justifie de la multiplicité de nos approches, tout à la fois théoriques, méthodologiques, et ludiques. Ces formations s’inscrivent dans le temps des vacances, à la belle saison et dans un beau pays. La convivialité est au rendez-vous, n’entravant en rien le sérieux et l’exigence de nos travaux, comme nous avons pu le constater l’été
Nous interrogerons cette année l’écoute nocturne pour mettre en relation la diversité de nos pratiques écoutantes et l’importance des « contextes éclairés » et des « instants sombres » toujours à l’œuvre dans l’élaboration progressive de nos expériences auditives : ceux du jour et de la nuit, de leurs rythmes, de leurs échanges subtils. En effet l’œil et l’oreille participent avec d’autres éléments corporels et environnementaux – que nous tenterons d’évaluer en cours de formation – à l’élaboration d’une expérience écologique toujours singulière, ouverte, et d’une certaine manière reconduisible à l’infini. Nuit et frange sont des seuils, indiquent des transitions, des transformations, mais aussi des pertes et des innovations. Ils expriment de fait ce qui se joue d’essentiel en toute écoute, particulièrement environnementale. En effet, ce que nous tenons pour tangible ou définitivement acquis se déduit toujours d’une expérience unique que nous oublions dés que nous abordons des concepts tels ceux de paysage, de territoire, ou Comment la prise en compte très fine du sensible, ici accompagnée du journal de bord de l’aventure corporelle en lien avec son environnement, l’enregistrement audio, la prise de notes manuscrites et les évocations diverses, de quelles manières tout ceci permet-il de reconsidérer et d’enrichir des expériences qu’il nous semble tenir fermement : l’expérience paysagère, urbaine, ambiantale, déambulatoire ? Trop souvent en effet ses notions sont réifiées et leur usage commun laisse de côté leur part la plus évidente, celle qui tient à leur vécu et leur ressenti, à leur statut justement intermédiaire, entre le sujet percevant et l’objet perçu. La formation devra permettre à chacun, en fonction de son expérience sylvestre de 5 jours, d’être à la fois plus certain de ses écoutes, plus expert et au final plus critique quant aux artifices ou raccourcis communément admis. A chacun par la suite d’œuvrer à la mise au travail de ces acquis !
L’ouverture aux instants privilégiés tels que le nocturne, les phases de son installation et de son effacement progressifs, la reconfiguration des distances et des seuils qu’il opère, sa puissance à élaborer des ambiances d’une forte singularité tout à la fois concrètes, imaginaires et culturelles, se croiseront pour nous avec une immersion sylvestre en frange de ville. Nous nous tiendrons précisément à trois kilomètres de la périphérie urbaine de cette petite ville de Haute Provence, laquelle se présente comme noyée dans un bassin de verdure. Nous envisagerons l’imaginaire sylvestre et l’imaginaire nocturne comme des instants frontières, des seuils d’écoute, peut être également des contre-espaces à partir desquels il devient alors possible d’interroger les ambiances de la ville diffuse ou de la nature remaniée – selon les choix interprétatifs – à l’heure où ces questions se dotent d’une importance architecturale, urbanistique et politique certaine.

Le choix de l’immersion écoutante, de l’installation dans des postes d’écoute et des guetsvégétaux aux heures où la vie animale se réapproprie le bruit de fond, redistribuant ainsi le contexte de l’expérience selon une logique sonore dont nous sommes largement inconscients. En accompagnant nos écoutes directe des possibilités de l’enregistrement et de sa diffusion, nous nous donnerons également des moyens supplémentaires de compréhension, d’analyse et de plaisir. Et nous aurons ainsi l’occasion de tester, de jour comme de nuit, le Parc expérimental d’écoute en voie de réalisation, tout comme nous aurons l’occasion de parcourir les bords de ville, lesquels, à Digne, sont tout aussitôt colline et montagne.
Car il s’agit, ne l’oublions pas, avant tout d’écoute et de sensibilisation au son. Enfin les séquences de formation théorique devraient se tenir en salle. Toutefois, selon le désir des participants et les conditions météorologiques, nous pourrons aussi nous installer –
ce sera de jour – au frais des arbres. A chaque jour suffit sa peine !

Patrick Romieu, mai 2014

Sources aCousson4

Programme complet

 Courriels

 

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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