FESTIVAL D’ARTS SONORES CITY SONIC 2014 – RETOURS – ARTS SONORES, ÉCONOMIE ET POLITIQUE


CITY SONIC 2014 – RETOURS

Arts sonores, réseaux, économie et politique…

Après avoir publié via la Sonic Radio (http://citysonic.be/festival2014/sonic-radio/), des interviews et ambiances, je consigne aujourd’hui par écrits, quelques retours, très personnels, sur City Sonic 2014, l’incontournable rendez-vous montois. J’ai pris pour cela le parti de m’appuyer sur une série de mots-clés qui me semblent correspondre à ce que propose le festival, ou en tout cas à ce que j’y ai ressenti. Je me suis parfois laisser aller à d’élargir le propos au contexte politique, au sens large du terme, quitte à m’autoriser des digressions sociales dépassant le champ critique des seuls arts sonores, mais oh combien présentes dans les échanges de ce festival.

ESTHÉTIQUES ET DIVERSITÉ(S)

Les arts sonores, le pluriel affirmant ici la marque d’une diversité avérée, trouvent à Mons un champ de monstration privilégié. Si le son reste bien sûr le héros du jour, les représentations plastiques, corporelles, imagées, nous confrontent à de multiples esthétiques, l’écoute restant in fine le fil conducteur du festival. Œuvres de petites ou de grande tailles, où le dispositif et les sources sonores sont parfois invisibles, références et citations, créations conceptualisées, performatives, chaque artiste ou groupe d’artistes s’exprime dans une palette aussi variée que personnelle. Ici, Anaïs de Scénocosme (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/01/scenocosme/)nous invite à coller l’oreille à des arbres pour  en entendre leurs cœur qui bat et les flux de la sève-sang. Ailleurs, Tomoko Sauvage (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/01/tomoko-sauvage/) joue avec des bols d’eau, des gouttes d’eau tombant de glaçons fondant, des micros hydrophones et du larsen maitrisé, un instrumentarium et une forme de rituel étonnamment beaux. Dans un autre espace, Vivian Barrigand (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/05/vivian-barigand/) a installé un grand champ de graviers sur lequel tournent des verres à pied, en partie cassés, qui viennent au contact des obstacles minéraux créer une incroyable symphonie tintinnabulante, aux développements assez imprévisible. Sam Spreckley (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/01/sam-spreckley/) quand à lui nous présente une vidéo jouant avec des espaces de la ville, des champs environnants, ambiances poétiques, drôles, rêveuses, décalées, les mots manquent pour qualifier sa création. Jason Van Gulick et Anna Gaïotti (http://citysonic.be/festival2014/2014/07/31/jason-van-gulick-anna-gaiotti/) nous concoctent un duo percussions danse, ou la matière sonore envoutante du musicien fait corps avec les gestes de la danseuse, et vis et versa, dans une représentation à la fois violente et sensuelle… Je pourrais citer bien d’autres installations ou performances pour mettre en avant la diversité des esthétiques et des formes présentées, notamment dans la nuit Park In Progress réunissants 25 artistes venus de toute l’Europe.

ÉMERGENCES

L’art émergent, et par extension les artistes dits émergents sont définis ainsi dans un article d’un espace culturel canadien « On reconnaît un artiste émergent comme étant un artiste en début de carrière, professionnel ou en voie de professionnalisation. » Cette définition a le mérite d’être claire. Les Pépinières des jeunes artistes européens, organisant le Park In Progress dans le cadre de City Sonic sont tout à fait dans la logique de l’émergence, du soutien à de jeunes artistes en devenir, parfois encadrés et stimulés par des artistes confirmés. Transcultures mène d’ailleurs, aussi bien dans le cadre de City Sonic que dans d’autres programmes culturels, une action de soutien, allant de la formation à l’aide à la diffusion à de nombreux jeunes artistes. Un travail réseau avec des écoles d’arts présentant leurs créations vient étayer cette volonté de favoriser l’émergence de jeunes artistes. Certains, comme Stéphane Kosik, Julien Poidevin, Arnaud Eeckout, sont maintenant d’anciens émergents qui font un beau parcours, alors que d’autres leur emboîtent le pas.

Une chose est certaine, l’édition 2014, résolument tournée vers l’émergence, sans afficher de grandes stars têtes d’affiche, n’en offre pas moins une qualité qui n’a rien à envier aux autres opus. C’est un constat qui nous promet de belles surprises restant à découvrir parmi les jeunes artistes en train de creuser le terrain des arts sonores.

RÉSIDENCES

Les artistes présents à City Sonic ont, pour la plupart, dans le cadre es Pépinières européennes pour jeunes artistes, été accueillis en résidence une dizaine de jours à Mons. Ils ont pu développer de nouveaux projets, ou des projets en chantier, les faire évoluer, les adapter aux espaces et aux impératifs propres à l’événement. Le challenge étant de s’inscrire dans une présentation publique lors du vernissage du festival. De jeunes artistes ont pu ainsi se frotter au terrain, échanger avec les responsables du festival, se faire épauler par des techniciens, des régisseurs, croiser des points de vues, des savoir-faire avec les participants. Les résidences se sont révélées comme un véritable espace d’émulation, avec de vraies réussites, des hésitations, des inquiétudes, des doutes, des joies.

FORMATS

Je parlerai ici du format imposé par les contraintes de la nuit des jeunes artistes européens, du fait que chacun devant avoir un temps quasi similaire pour présenter équitablement sa création au public. Les installations étant autonomes, sont donc surtout concernées les formes performatives, vidéos et autres créations plus linéaires dans l’espace temps. L’artiste devait inscrire sa performance dans une durée d »à peu près 12 à 15 minutes pour respecter les impératifs de la présentation publique. Si les vidéos se  calibrent assez aisément sur un format imposé, l’écriture filmique étant d’emblée pensée dans une trame temporelle précise, en ce qui concerne les performances-concerts, je suis resté plus dubitatif. Certaines créations semblaient en effets manquer de temps pour développer une narration qui entrainerait le spectateur plus loin, alors que d’autres semblaient s’essouffler et auraient  gagné à être raccourcis, pour n’en conserver que la substantifique moelle.

DISPOSITIFS

Les arts sonores ont bénéficié ces dernières décennies des avancées technologiques qui ont assez radicalement chamboulé, pour le meilleur et pour le pire, nos pratiques artistiques. L’essor galopant des techniques numériques ouvrant la voie à des technologies plus légères, mobiles et performantes, développant considérablement des réseaux de diffusion, de travail partagé, a élargi le champ des possibles, notamment dans le choix des dispositifs. Cette manne technologique a parfois ostensiblement mis en avant le dispositif, au dépend même de l’œuvre et de sa signification. Il me semble pour autant que les artistes invités à City Sonic, ont évité l’écueil. Si certains ont en effet mis en place des dispositifs assez complexes, Notamment Julien Poidevin et son installation Lignes sonores (http://citysonic.be/festival2014/2014/07/31/zaki-jawhari-julien-poidevin/), ponctuant l’espace de traits lumineux très véloces, synchronisés avec des rythmes sonores favorisant une approche synesthésique tout à fait surprenante, et Stéphane kosik qui nous présente un bassin où se meuvent d’étranges formes organiques lumineuses, sortes d’amibes colorées, dans une surface agitée de clapotis aquatiques, espace sono-lumineux assez fascinant à voir et à entendre.(http://citysonic.be/festival2014/2014/07/20/stephane-kozik/). Néanmoins, dans ces deux cas, comme dans d’autres, c’est bel et bien l’œuvre que l’on aborde sensoriellement, oubliant voire ignorant totalement le côté cuisine, au grand bonheur du visiteur.

ESPACES SENSIBLES ET POÉSIE

Au-delà de l’aspect technique, formel, s’est je trouve dégagée une véritable poésie dans de nombreux projets. Danse, lumières, images, installations étaient subtilement mises en scène, telle par exemple Mat Coco (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/01/matt-coco/) qui déployait en hauteur une partition géante, Adrien Lefebvre qui faisait tournoyer 3 haut-parleurs diffusant des sons capturés en live de trois villes dans le Monde (http://citysonic.be/festival2014/2014/07/31/adrien-lefebvre/), Olivier Gain qui faisait chanter des bougies, dans de longues lamentations de sirènes (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/01/olivier-gain/), Nicolas Gaillardon qui collait deux énormes HP face à face dans un combat sonore autant que musical (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/03/nicolas-gaillardon/)…

Sans forcément user d’énormes dispositifs, sans chercher le tape à l’œil; ou à l’oreille dans le cas présent, une réelle subtile poésie se dégageait de nombreuses œuvres,, la nuit et les mises en lumières du Park in Progress aidant.

ESPACES ET CONTEXTUALISATION

Dans le cadre de la résidence, chaque œuvre est pensée, travaillée ou recontextualisée in situ. Certaines sont prévues en intérieur, d’autres en extérieur, sont acoustiques ou sonorisées, demandent de plus ou moins grands volumes… Dans une pratique de création sonore où le visuelle, la forme, la mise en scène du son, les relations lieu/œuvre sont très importantes. Une scénographie réussie constituera une réelle valeur ajoutée, comme l’inverse desservira la proposition. Il m’est régulièrement arrivé de constater des problèmes d’échelles, échelles dans les proportions, les volumes où une installation étais soit sur-dimensionnée par rapport au lieu, soit sous-dimensionnée, échelle sonore où la diffusion était trop ou pas assez présente…

Je n’est pas constaté sur cette édition de tels problème. Les propositions ont au contraire chercher à s’installer sans envahir l’espace, ni se laisser « manger » par le lieu. Je citerai même une belle installation de Mathias Isouard, « Hasard pendulaire », pour laquelle une complexe structure en bois est construite en relation avec les dimension au sol et la hauteur du lieu (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/01/mathias-isouard/). En effet, le spectateur impulse à un pendule terminé par une pointe lectrice de sons, un mouvement qui, en fonction de sa force et trajectoire initiale, créera une longues série de contacts sonores, jusqu’à l’arrêt complet du pendule. Difficile à expliquer en fait. En tout cas, cette belle œuvre doit être repensée, redessinée et reconstruite dans chaque lieu, physique pendulaire oblige !

CONCERTS

City Sonic embrassant un large champ de la création sonore, la Sonic Garden, de petits concerts dans de superbes jardins mis à disposition pour la circonstance par leurs propriétaires, invitait différents artistes à jouer ou présenter un répertoire spécifique. Baudouin de Jaer (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/07/baudouin-de-jaer/), violoniste, musicologue et compositeur, nous propose un passionnant concert pédagogique autour d’un travail d’interprétation et de publication de la musique de l’artiste Suisse Adolphe Wolfi. Cet artiste déchiré, figure emblématique de l’art brut, écrira des milliers de parutions énigmatiques, enfermé dans un asile psychiatrique.

Autre jardin autre style. Le duo Quasi Una Fantasia, composé de la chanteuse lyrique Christina Van Peteghem et du compositeur instrumentiste Jean-Pierre Vranken (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/08/quasi-una-fantasia/) nous emmène vers des territoires où les influences rock minimalistes, avec pour moi des rappels à la Nina Hagen ou Laurie Anderson. Nappes et vocalises, décalages et triturations, chuchotements ou explosions sonores, humour et dérision, le Pierrot Lunaire, cabaret déjanté d’une vienne décadente n’est pas loin.

Troisième jardin avec le saxophoniste improvisateur compositeur Maurice Charles JJ (http://citysonic.be/festival2014/2014/08/08/maurice-charles-jj/). A state of station est un triptyque tout en nuances, pour saxophone sopranino et dispositif électroacoustique. Les souffles, bruits instrumentaux et phrases musicales puisent dans des ambiances ethos comme très contemporaines, tissant une douce rêverie adapté au verdoyant jardin. Le dispositif électro laisse une large place au musicien qui nous distille d’agréables images mentales. Belle atmosphère sereine en cette fin de dimanche ensoleillé, où l’on oublie pour un instant les tensions du Monde.

GÉOGRAPHIE

Autre caractéristique de cette édition, les 25 artistes sélectionnés venaient de Belgique, de France, Bulgarie, Italie, Suède, Grèce, Turquie, Grande Bretagne, Japon, Tchéquie… Et certains d’entre eux ayant double nationalité, ou travaillant et résidant hors de leur pays d’origine, avaient un pied ici et l’autre dans un autre état. Je sais bien que souligner la richesse des rencontres transfrontalières, du brassage des cultures, peut sembler aujourd’hui enfoncer une porte ouverte, et pourtant, il est bon de rappeler ces choses là pour ne pas s’enfermer dans une consanguinité artistique et sociale sclérosante… Sur une résidence internationale d’une dizaine de jours à plus de 25 artistes, techniciens, encadrants, bien de belles choses se tissent.

ÉCHANGES ET PARTAGES

Etroitement associés aux thèmes de la résidence et de la géographie, les échanges sont au cœur-même des rencontres Park in Progress. On échanges des idées, des techniques, des savoir-faire, des ressources… Des affinités se créent, on s’entraide, on recrute, on participe au projet de l’autre, on échange nos coordonnées dans l’espoir de poursuivre, dans d’autres lieux et temps, l’aventure initiée à Mons, ou ailleurs. C’est une belle dynamique qui fédère des rencontres et des actes, faisant parfois éclore des partenariats de long terme, et des œuvres singulières dans leurs croisements transdisciplinaires.

Et reste bien-sûr, en fin de parcours, l’échange avec le public, qui ici a le temps, durant une longue soirée, voire nuit, de venir parler librement aux artistes.

RÉSEAUX, NOUVELLES ZONES D’EXPÉRIMENTATION  ET ÉCONOMIE(S)

Dans les discussions informelles, souvent hors micros, hors programme dirait-on, de nouveaux enjeux, voire de nouveaux impératifs, si ce ne sont d’impérieuses nécessités, apparaissent. La crise ambiante pèse sur les structures, poussant les directeurs artistiques et leurs équipes à réfléchir vite à des solutions alternatives. Baissent et coupes budgétaires, sentiment d’être lâché par l’institution, de se retrouver seul dans un bateau en dérive, avec la responsabilité de continuer à créer, à assurer des emplois, à donner une part de rêve au public, font envisager des solutions parfois épineuses. Accélerer le développement pour tenter d’obtenir une plus grande reconnaissance, au risque d’y laisser des plumes, voire la vie -même de la structure ? Réduire la voilure, les frais de fonctionnements, au risque de ne plus pouvoir porter tous les projets que l’on voudrait ? S’associer à d’autres structures, étayer les réseaux territoriaux et internationaux, afin de réfléchir et d’agir ensemble, pour de nouveaux lieux en archipels, des formes de production et diffusions inédites, des mutualisations, des systèmes économiques adaptés, une plus grande souplesse et mobilité… ? Les choix sont cornéliens, même si dans un contexte économique et social des plus « tendu », la solution des réseaux comme processus d’émancipation et d’innovation, paraitrait, pour moi en tous cas, l’une des plus viable à terme.

POLITIQUE(S)

Enfin, après avoir évoquer à différents endroits les difficultés dans lesquelles nous semblons quelque peu englués, je finirai par l’approche politique, que je n’ai sans doute jamais autant ressentie que cette année, dans les paroles des artistes, et autres acteurs présent à City Sonic. Pour conclure, certes de façon un peu sombre mais néanmoins je crois avec l’utopie positive, l’espoir de changer le Monde, je citerai un texte que j’ai très récemment écrit au retour de Mons et d’une journée de réflexion professionnelle.

… De retour d’un festival d’art sonore international, et aujourd’hui d’une journée de réflexion autour des relations artiste/amateur, je constate une presque réjouissante résistance qui permet d’ouvrir, à mon avis bien tardivement, un débat constructif. La politique de l’autruche, celle qui consiste à croire que la catastrophe tombe généralement à côté, que cela n’arrive qu’aux autres, semble bel et bien battue en brèche (dixit l’artiste Werner Moron).

Dans tous les pays d’Europe, et sans doute ailleurs, on constate et on subit de plein fouet une large crise. Crise sociale, économique, politique, écologique, démographique, s’accompagnant de marasmes et renoncements, de révoltes et systèmes D, misères, répressions et compromissions…

Ici, concernant la culture, on parle d’une confiance défaillante dans le système politique, d’un abandon progressif de la politique culturelle, d’une crise des intermittents et autres précaires, d’un manque général de reconnaissance, d’écoute…

Ailleurs, dans d’autres pays d’Europe, ou du Monde, on en est a une autre échelle de crainte, voire de peur. On parle du droit d’existence même de l’artiste, de son droit à la parole, de pressions, de censures, de répressions, d’emprisonnements arbitraires, d’atteintes à la liberté, et au pire de de tortures physiques et d’assassinats…

Nous constatons donc que, certes depuis longtemps, mais avec une véritable recrudescence aujourd’hui, au-delà des cultures et frontières, l’artiste, surtout s’il dénonce, s’engage, est bien souvent bâillonné, menacé, maltraité, y compris dans sa propre intégrité physique. Les débats, très sagement institutionnels, qui animaient il y a peu les couloirs et rencontres des festivals, les échanges entres artistes, y compris de jeunes émergents, se politisent (enfin), ou prennent une autre échelle de conscience et d’engagement. Ils adoptent un ton plus grave, plus mature, mesurant les dangers présents ou à venir, pensant résistance, mutualisation, alternatives… songeant à ne pas se laisser étouffer par un système politique et économique en grande déliquescence, cruel et inégalitaire, parfois intolérablement totalitaire et donc extrêmement violent, et qui souvent, ne supporte surtout pas qu’on le dénonce haut et fort.

Mais gageons que tant qu’il restera des espaces tels City Sonic ou d’autres lieux de rencontres, de croisements, d’échange, d’expérimentations, des portes d’échappées restent ouvertes, avec leur souffle de liberté rafraîchissante dans un monde dangereusement et violemment bringuebalant.

A visiter : Le site de City Sonic 2014

A écouter : La Sonic Radio 2014

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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