La vitrine sonore de Sporobole à Sherbrook (québec)


La vitrine sonore de Sporobole

La Vitrine Sonore est un dispositif permanent de projection sonore qui longe la façade de Sporobole, le long du trottoir de la rue Albert. Constituée de 16 haut-parleurs, elle permet un contact direct avec les passants qui, de la rue principale du centre-ville de Sherbrooke – la rue Wellington – se rendent au stationnement à étages voisin de Sporobole. La disposition linéique des 16 haut-parleurs et la position de la Vitrine Sonore à l’interface géométrique entre Sporobole et la voie publique font de cette nouvelle galerie sonore extérieure une plateforme singulière de spatialisation et de projection sonore d’oeuvres en arts audio. Elle autorise des approches de compositions sonores spatiales fixes ou en mouvement; elle offre, d’un côté, un point d’écoute de proximité alors que les passants sont exposés à un ou quelques haut-parleurs et elle peut, d’un autre côté, fournir un point d’écoute global à partir de la rue. Pour Sporobole, c’est une occasion d’investir, par un moyen invisible, le domaine public et son environnement immédiat.

Texte de la commissaire Hélène Prévost

L’espace extérieur de Sporobole propose sur sa façade une installation fort discrète lorsqu’on n’y prête pas trop attention. En marchant, en se déplaçant entre deux activités, deux lieux, mécaniquement, la marche ne servant qu’à ça, souvent, un mode de transport. On pourra croire y voir une corniche originale, d’un architecte à l’esprit libre. Lève-t-on même la tête? Les yeux et les oreilles fixés au sol.

Puis des artistes placent le corps au centre de l’écoute. Injectent une langue, des mots, déclenchent un mouvement, qui n’est pas celui connu du vent, ou de la circulation, ou des pas autour de soi. S’arrêter, écouter, poursuivre. En parler peut-être. Revenir demain. Tout le jour et une partie de la soirée, presque la nuit, sans arrêt, non-stop, une vie auditive défile. Vient de nulle part et va nulle part. Sans visage, discrète, elle colle à la devanture de briques. «  L’auditeur peut alors faire l’expérience d’une double traversée celle de l’espace de l’oeuvre et de l’espace citoyen.  » (Chantale Laplante)

Bien que le mot œuvre ne s’applique pas pleinement.
Il ne s’agit pas à proprement parler de la diffusion d’une œuvre sonore sur haut-parleur. Mais plutôt de la fusion d’un système de diffusion à une écoute du monde. Les mouvements aléatoires ou non qui gèrent la très longue partition amplifieront le non-lieu et accompagneront, sans queue ni tête, la déambulation. L’oeuvre sonore se révélant au rythme de la marche, de l’heure, selon les allures du temps et du ciel. Chaleur, pluie, grêle, ombre, vent sec, pavés brûlants.

Le défi de s’insérer dans un tissu urbain, las, à plat, sans contour apparent, fluide, sans objet.
Un geste minimal vient sculpter l’espace sonore. Si petit et il prend une telle place. Il redessine l’architecture des habitudes. Prendre telle rue, tourner à droite puis à gauche. Revenir sur ses pas. Tendre le bras ou l’oreille.
«  Nous avons tous la capacité d’ignorer l’espace que nous devons emprunter pour arriver à destination  » (France Jobin)

La Vitrine Sonore fragmente et étire le temps, dessine un discret labyrinthe où mener la curiosité, le besoin de se relier à ce qui nous est étranger, à pousser la porte sans frapper puisque le parcours n’appartient qu’à celui ou celle qui franchira l’espace, abordera la marche en ligne, le long de 16 voies.

via Vitrine sonore 2015 – Sporobole.

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