INSTALLATION SONORE ET VISIONS SONORES, MAX NEUHAUS


Max Neuhaus, visions sonores, évoquer l’audible

Musée d’Art Contemporain Castello di Rivoli à Turin

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Lorsque nous envisageons un simple son, Max Neuhaus le considère en regard d’un espace, d’un volume ou d’un environnement, comme un ensemble des phénomènes révélés par un un geste perceptif, lequel serait non seulement le fait d’écouter, mais aussi celui de regarder, donnant ainsi une véritable consistance à l’objet sonore. Il ne considère pas l’approche d’un son comme une seule interprétation et représentation auditives uniques, mais plutôt dans un système structurel inouïe, dans lequel trouvent place l’architecture et l’aménagement urbain, avec leurs propres systèmes linguistiques, visuels et leurs organisations spatiales en volumes. Il tente ainsi d’envisager une certaine forme d’universalité, pour concevoir des conditions d’écoute qui ne doivent pas être enfermées dans une seule forme de perception. La question posée est celle d’une expérience ouverte, de sorte que le son soit abordé comme une recherche sonore globale, contextuelle, prenant en considération ses substances internes invisibles, intangibles, et ses formes plus physiques, entre composition, écriture, arrangement  et identité intrinsèque. Il faut saisir et construire de véritables volumes sonores, définissant l’espace ambiant, dans une approche globale, convoquant le visible et l’invisible, l’accessible comme l’inaccessible.

Le résultat est inouï, surprenant, une sorte d’événement reposant sur une conjonction de création artistique spécifique, du geste d’écoute, que l’on pourrait résumer par deux approches dont Max Neuhaus est une des figures majeures, l’art sonore et l’installation sonore. Par le fait de concevoir des créations sonores pour des espaces urbains spécifiques, Times Square à New York, le métro de Paris, ou des espaces architecturaux inattendus pour des interventions artistiques, des piscines à New York  ou une cage d’escalier à Kassel, Max Neuhaus apporte un son à une sorte d’universalité spatiale, liée à sa propre approche artistique. Il transcende les limites de la « musique classique » et de nouvelles formes de musiques des lieux, des territoires, liées à différentes formes artistiques, très ancrées dans la vie quotidienne, dans une somme importante des faits et gestes, de formes, de lieux et d’événements.

A différents moments de sa carrière, motivé par un besoin de bouleverser sans cesse le processus classique de la création sonore, l’artiste capte la force intrinsèque des sons, pour d’arriver à un point où il construit un véritable cadre poétique, théâtral, visuel, musical et architectural. Refusant de se laisser enfermer dans une création unique, et revendiquant un langage sonore original, dont la source est profondément ancrée dans la poésie même de l’espace, du quotidien, max Neuhaus réussit à créer des ambiances contextuelles, transformant et faisant évoluer les sons, comme on jouerait sur différentes variations de températures ambiantes.
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Avec cette approche élargie, novatrice, il remet en question certains cloisonnements et qualifications des genres artistiques. Pour le Musée d’Art Contemporain Castello di Rivoli à Turin, dans son œuvre « Évocation de l’audible », Max Neuhaus  a ainsi construit l’identité des lieux autour d’un archipel de langages esthétiques, notamment dans des programmes englobant une grande diversité de gestes artistiques. Son travail, entre le mouvement, le son et le signe, l’installation et la composition, convoque l’immense richesse d’une pluralité quasi infinie. Il rassemble images, formes et espaces architecturaux, éléments sonores et colorés, afin de multiplier les questionnements et certains mystères soulevés par l’art sonore.

 Ida Gianelli

First published as « Visioni di Suono » Max Neuhaus: Evocare l’udibile [Italian, French] (Milan: Charta, 1995)

Traduction DAS

Notes
Dans Untitled (Untitled) 1995 installation sonore  créée pour la collection du musée d’Art Contemporain Castello di Rivoli à Turin, Max Neuhaus travaille sur les structures propres de l’architecture, camouflant les sources de l’installation dans les deux arches faisant face du musée, de sorte que les visiteurs perçoivent l ‘œuvre dans une sorte de rencontre impromptue. Le dispositif multimédia, construit une carapace sonore contextualisée pour le lieu. Deux sources sonores bien différentes sont créées,  chacune adaptée pour une arche spécifique,  valorisant ainsi  l’architecture du lieu par une spatialisation  ad hoc conçue in situ.
Karin Gavassa

http://www.castellodirivoli.org/mostra/max-neuhaus-evocare-ludibile/

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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