SÉMINAIRE LOCUS SONUS


RECHERCHE, ART, PRATIQUES NUMÉRIQUES #3

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http://www.antiatlas.net/blog/2016/02/23/recherche-arts-et-pratiques-numeriques-3/

Paradigmes, leurs orientations théoriques, leurs objets, leurs formes de labellisation et les cadres des champs disciplinaires[2]. D’ailleurs, compte tenu des collaborations toujours plus nombreuses qu’implique le recours au numérique entre d’un côté les sciences humaines et de l’autre les sciences exactes et expérimentales, il semble plus pertinent de parler de Digital

Mercredi 2 Mars 2016

10h00-12h30

IMéRA

Maison des Astronomes

2 place le Verrier

13004 Marseille

Comité d’organisation :

Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Benoit Fliche (IDEMEC, CNRS/AMU),

Jean-Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU), 

 

Participants : 

Jean Claude Risset (Directeur de Recherche émérite AMU/LMA), Jacques Sapiéga (Maître de Conférences émérite, ASTRAM, Aix Marseille Université), 

Richard Kronland-Martinet (Directeur de recherche au CNRS – Laboratoire de Mécanique et d’Acoustique – Marseille), 

Peter Sinclair (Directeur de recherche Locus Sonus, ESAAIX),  

Cyril Isnart (chargé de recherche, Institut d’Ethnologie et Méditerranéenne, Européenne et Comparative, CNRS/AMU), 

Olivier Tourny (chargé de recherche, Institut d’Ethnologie et Méditerranéenne, Européenne et Comparative, CNRS/AMU, Ecole Française de Rome)

UNE UMR ENTRE ARTS ET SCIENCES ?

Jean Claude Risset (Directeur de Recherche émérite AMU/LMA)

Introduction

Jacques Sapiéga (Maître de Conférences émérite, ASTRAM, Aix Marseille Université)

Arts, sciences, numérique : jeux et enjeux de l’interdisciplinarité

Une UMR entre Arts et Sciences au sein d’Aix-Marseille Université n’est pas un projet « dans l’air du temps ». C’est le résultat d’une histoire qui commence à Marseille dans les années 70, comme le rappelle Jean-Claude Risset, dont les travaux au sein du LMA auront des conséquences déterminantes. Dans les années 80, la naissance du futur Département des Sciences Arts et Techniques de l’Image et du Son au sein du secteur Sciences de l’Université de Provence marque une autre étape. Les forces qui se rejoignent aujourd’hui pour créer cette unité de recherche auront très tôt des contacts, notamment à partir de la publication du « Rapport Arts Sciences Technologies » sous la direction de Jean Claude Risset (mars 1998). Jacques Sapiega rappellera quelques exemples de collaborations / créations réalisées entre laboratoires à partir de la fin des années 90, avant d’aborder les problèmes théoriques et méthodologiques que posent les interactions entre Arts et Sciences, à  partir de l’histoire de cet objet fondamentalement interdisciplinaire qu’est l’art cinématographique (de l’optique au numérique). 

Richard Kronland-Martinet (Directeur de recherche au CNRS – Laboratoire de Mécanique et d’Acoustique – Marseille)

Les métaphores sonores : une approche interdisciplinaire des processus de contrôle de la synthèse sonore.

L’avènement des technologies numériques, dans les années 50, a bouleversé le domaine de la synthèse des sons. Dès lors, était-il possible de manipuler avec une extrême précision les éléments constituants l’onde sonore et d’accéder aux relations intimes qui associent la structure physique des sons à leur perception. Ces connaissances se sont naturellement bâties autour de recherches menées dans des domaines aussi variés que ceux de  la musique, la physique, l’informatique, les sciences cognitives… C’est grâce au croisement et à l’interaction de ces disciplines qu’une meilleure compréhension du son s’est forgée, induisant des ruptures technologiques, scientifiques et sociétales d’importance. 

Aujourd’hui, les nouvelles technologies ne cessent d’accroitre les possibilités d’expérimentation, produisant des connaissances toujours plus pointues à partir desquelles une interrogation interdisciplinaire devient à la fois plus difficile mais aussi plus essentielle.

Dans cet exposé, nous focaliserons la question de l’interdisciplinarité sur le problème du contrôle perceptif des processus de synthèse. Nous montrerons comment il est possible de contrôler la structure ondulatoire de sons en s’appuyant sur un paradigme issu de recherches dans les domaines de la musique et des sciences cognitives. Ce paradigme ouvre la voie à de nouvelles représentations du timbre sonore, tout en permettant un contrôle intuitif et incarné des sons réalistes mais aussi inouïs, basé sur la notion de métaphores sonores.

 

Peter Sinclair (Professeur, ESAAIX)

 La Recherche Création (Mise) en pratique à Locus Sonus

Locus Sonus est une des premières unités de recherche permanentes rattachées aux écoles d’art et reconnues par le ministère de la culture. Peter Sinclair décrira l’approche transdisciplinaire de la recherche qui s’est développé au cours des dix années d’existence du laboratoire. Il plaidera pour une méthode de recherche qui donne une place centrale à la pratique expérimentale artistique. Il évoquera les problématiques partagées avec les autres membres du futur UMR et les perspectives qu’il voit s’ouvrir avec ce projet. 

Discussion :

– Cyril Isnart (chargé de recherche, Institut d’Ethnologie et Méditerranéenne, Européenne et Comparative, CNRS/AMU)

– Olivier Tourny (chargé de recherche, Institut d’Ethnologie et Méditerranéenne, Européenne et Comparative, CNRS/AMU, Ecole Française de Rome)

Partenariat

IMéRA – Institut Méditerranéen de Recherches Avancées (AMU)

Institut de Recherche et d’Etudes sur le monde arabe et musulman (CNRS/AMU)

Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence

Laboratoire d’études en Sciences des arts (AMU)

Centre Norbert Elias (CNRS/EHESS/AMU)

Institut d’Ethnologie Mediterranéenne Européenne et Comparative (CNRS/AMU)

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Thématique du séminaire

Ce séminaire transdisciplinaire s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières[1]depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières.

Dans le domaine des sciences humaines et sociales, le recours aux pratiques numériques conduit à de nombreux bouleversements que ce soit dans la collecte, la production et le traitement de données, ainsi que l’élaboration de nouvelles formes de narration et d’édition. Le tournant numérique conduit les chercheurs à reconsidérer leurs méthodes, leurs catégories, leurs pStudies que Digital Humanities.

Dans le domaine de l’art, le numérique ouvre également des champs de pratiques radicalement nouveaux. Il transforme la relation des artistes aux outils qu’ils utilisent et aux connaissances qu’ils convoquent, produisent ou questionnent. Il transforme le statut et les formes des œuvres. En introduisant de nouvelles modalités pour assurer leur circulation, il modifie également leur relation avec le public. Le numérique bouleverse la place de l’auteur qu’il place dans une relation dynamique par rapport aux flux d’information, de circulation des images, des sons et des formes. Il donne ainsi une nouvelle importance à l’invention de dispositifs dans lesquels ces formes sont données à l’expérience, ouvrant d’infinies possibilités d’interaction avec l’œuvre. Il donne enfin une nouvelle dimension au travail collectif, à des formes diverses de collaborations, d’échanges et de contributions. D’une façon générale, on peut dire que le numérique déplace les pratiques artistiques et conduit à réfléchir autrement les relations entre arts et sciences.

Ce séminaire rassemblera des chercheurs en sciences humaines (sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens, littéraires), en sciences dures (informaticiens, physiciens, mathématiciens, etc.), des artistes (designers, hackers, programmeurs, média tactique, etc.) ainsi que des professionnels (industriels, chargés de communication, etc.). Notre objectif est de favoriser des croisements, des emprunts et des déplacements qui seront propices à l’identification de nouvelles pistes de réflexion et de recherche, voire à la mise en œuvre d’expérimentations collaboratives.

Chaque mois, des participants seront invités à présenter leurs expérimentations d’outils numériques de collecte (applications mobiles, capteurs oculaires, systèmes SIG, etc.) ou d’indexation et de traitement des données recueillies (bases de données, systèmes de visualisation ou de sonification, etc.). Certains feront part de leurs explorations de dispositifs d’écriture et de modélisation de la connaissance (jeux vidéo, machinima, web documentaires, etc) ou encore de nouvelles formes d’édition électroniques.

Trois types de questions seront développés.

1) Il s’agira tout d’abord de voir comment, et jusqu’à quel point, ces pratiques et instruments transforment notre rapport au monde, nos méthodes de recherche, la construction de nos objets, la modélisation et la diffusion de notre connaissance et de nos oeuvres.

2) Nous nous interrogerons aussi sur l’impact des processus collaboratifs qu’impliquent les pratiques numériques entre chercheurs, artistes et professionnels. L’objectif est d’évaluer les apports que chaque démarche (scientifique, artistique, professionnelle) apporte aux autres.

3) Nous verrons enfin comment ces processus collaboratifs bouleversent les champs disciplinaires, les points de vue et les formes d’autorité qui organisent notre recherche et notre pratique et conduisent à repenser de manière créative de nouvelles formes de rencontre entre les disciplines scientifiques et entre celles-ci et les non-spécialistes.

Commençant en janvier 2016, ce séminaire fonctionnera selon un rythme de rencontres mensuelles, d’une durée de trois heures.

[1] www.antiatlas.net

[2] Diminescu, D. et Wieviorka, M., Le défi numérique pour les sciences sociales, In Socio Le tournant numérique …et après ? 4| 2015, URL : https://socio.revues.org/1254; Pierre Mounier (ed.) Read and Write Book 2, Marseille, OpenEdition Press, 2012, URL: http://books.openedition.org/oep/226

Interventions précédentes

13 Janvier 2016 :

Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU) et Douglas Edric Stanley (Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence)

“Les jeux vidéo entre recherche et création artistique”

A Crossing Industry est un jeu vidéo qui confronte le joueur avec les mécanismes de contrôle déployés par les Israéliens en Cisjordanie depuis le début des années 2000 afin de réguler les circulations des Palestiniens (carte). Son élaboration, toujours en cours, a été amorcée au début de l’année 2013 par une équipe transdisciplinaire articulée autour d’un anthropologue (Cédric Parizot), d’un artiste (Douglas Edric Stanley), d’un philosophe (Jean Cristofol), avec la participation de dix étudiants de l’Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence[1]. En revenant sur ce processus et sur les premières ébauches de l’interface, cet article s’interroge sur la capacité de la technologie vidéo ludique à générer de nouvelles formes de modélisation de la recherche et de création artistique.

[1] Yohan Dumas, Benoit Espinola, Tristan Fraipont, Emilie Gervais, Théo Goedert, Mathieu Gonella, Martin Greffe, Bastien Hudé, Thomas Molles, Milena Walter

13 Janvier 2016 :

Jean Cristofol (Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence)

“Art, sciences et processus exploratoires”

La vieille question des relations entre arts et sciences a pris, depuis quelques années, une nouvelle actualité. Elle s’est aussi transformée, élargie, renouvelée. Il est donc nécessaire de l’aborder autrement. Il faut s’interroger sur la diversité des formes de la connaissance scientifique elle-même et sur le rôle des sciences humaines et sociales. Il faut tenir compte de l’impact des technologies de l’information et du développement des techno-sciences. Mais il fait aussi prendre en compte l’évolution des pratiques artistiques elles-mêmes. On a encore tendance, quand on pense à l’art, et en particulier aux arts plastiques ou visuels, à faire référence aux pratiques traditionnelles de la peinture, de la sculpture, du dessin et aux différentes disciplines qui leurs sont associées. Pourtant, dès le XIX° siècle avec la photographie, puis de plus en plus largement au XX° siècle avec le cinéma, la vidéo, les pratiques artistiques se sont considérablement diversifiées. Les technologies numériques ont radicalement généralisé et prolongé ce déplacement, parce qu’elles ne constituent plus un médium ni même un média particulier, mais qu’elles se développent à l’échelle de la société toute entière. Elles en pénètrent, traversent et font muter l’ensemble des pratiques, qu’elles soient de conception, de communication ou de production. Les artistes se trouvent de plein pied dans ce qui constitue la matière même dans laquelle s’articulent les relations à la connaissance et à l’action. La diversification et la transversalité des pratiques artistiques contemporaines, qu’elles fassent usage ou non des technologies numériques, ne peuvent se comprendre sans prendre en compte le caractère fondamental de ces bouleversements, parce qu’ils touchent à la matière même dans laquelle la culture s’articule.

Jean-Paul Fourmentraux (LESA, AMU, Centre Norbert Elias, CNRS/EHESS)

“Créer à l’ère numérique : arts, sciences, technologies”

 Qu’est-ce que « créer » dans un contexte interdisciplinaire hybridant arts, sciences et technologies numériques ? Depuis une vingtaine d’années le numérique bouscule les frontières entre des domaines de l’activité artistique qui étaient jusque-là relativement cloisonnés : arts plastiques, littérature, spectacle vivant, musique et audiovisuel. Nombre de projets artistiques en lien avec les technologies informatiques et multimédias mettent en œuvre des partenariats pluridisciplinaires où cohabite le théâtre, la danse, le cinéma ou la vidéo et le son. La création artistique et la recherche technologique, qui constituaient autrefois des domaines nettement séparés et quasiment imperméables, sont aujourd’hui à ce point intriqués que toute innovation au sein de l’un intéresse (et infléchit) le développement de l’autre. Les œuvres hybrides qui résultent de leur interpénétration rendent irréversible le morcellement des anciennes frontières opposant art et science. La manière inédite dont celles-ci se recomposent amène à s’interroger d’une part sur l’articulation qui, désormais, permet à la recherche et à la création d’interagir, et d’autre part sur la redéfinition des figures de l’artiste ainsi que des modes de valorisation des œuvres spécifiques à ce contexte. Car plus que de transformer seulement les modalités du travail de création, un enjeu tout aussi important de ces partenariats réside dans la nécessaire redéfinition de la (ou des) finalité(s) de ce qui y est produit. La question cruciale devenant alors celle de la clôture de l’œuvre et de ses mises en valeurs entre logiques artistiques (qualité esthétique, projet d’exposition) et technologiques (recherche et développement, transfert industriel). Le suivi d’« affaires » de recherche-création en art numérique (Fourmentraux 2013) nous permettra d’éclairer en effet ces enjeux renouvelés qui entrainent une transformation des modes d’attribution et de valorisation des œuvres, partagées entre art, science et développement technologique. 

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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