Colloque – Les lutheries électroniques


CITÉ DE LA MUSIQUE-PHILHARMONIE DE PARIS

Colloque international
LES LUTHERIES ÉLECTRONIQUES
JEUDI 8 ET VENDREDI 9 MARS 2018 — 9H30-18H00
Amphithéâtre – Cité de la musique

APPEL À COMMUNICATION
Date limite pour l’envoi des propositions : 6 décembre 2017

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Les 6 thèmes retenus sont :
1 : Les instruments pionniers des lutheries électroniques
2 : Archéologie industrielle des lutheries électroniques
3 : La conservation/restauration des instruments électroniques
4 : Un répertoire électronique ?
5 : De l’électronique au numérique
6 : Vers une musique sans instruments ?

L’apparition de l’instrument électronique mais aussi des techniques d’amplification et d’enregistrement au début du XXe siècle, l’explosion des musiques populaires après-guerre puis la révolution numérique au tournant du millénaire ont profondément bouleversé le monde de la musique. Ces innovations ont touché l’ensemble des pratiques et favorisé l’éclosion de nouveaux processus de création.
En replaçant le phénomène dans son évolution historique, ce colloque proposé par la Cité de la musique-Philharmonie de Paris en partenariat avec l’institut de Sorbonne Universités Collegium Musicae interroge les dernières évolutions en matière de lutherie électronique et numérique mais aussi les interactions entre ces dernières et la facture instrumentale traditionnelle, dans le but de faire émerger des méthodologies neuves pour explorer ces instruments, au croisement de l’organologie, de l’archéologie des techniques, de l’histoire des idées et de l’esthétique.
La facture des instruments électroniques engendre des problèmes de conservation spécifiques. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été possible d’y remédier de façon satisfaisante tant les matériaux, les composants électroniques et leur mode d’agencement obéissent à des procédés dont le fondement, comme la cinétique, sont mal déterminés. Du point de vue patrimonial, quels choix en termes de politique d’acquisition, de conservation et de restauration permettent de palier cette obsolescence ? Le maintien en état de jeu est-il une gageure ? Quelles approches la muséographie du son (par les systèmes de diffusion sonore notamment) développe-t-elle aujourd’hui pour rendre compte de ces innovations technologiques ?
L’identité sonore de telles sources ainsi que les répertoires dont elles ont porté l’émergence sont-ils pour autant menacés de disparition ? Le faible éclairage dont a bénéficié le champ entraîne de graves lacunes documentaires : plus la date de création de ces objets s’éloigne, plus les personnes qui les ont conçues disparaissent et la possibilité de renseigner leur émergence avec elles. Mais, par-delà l’obsolescence, l’usage actuel des technologies sonores, en particulier dans les musiques populaires, montre une survivance et une recherche constante fondées sur la culture sonore d’un passé récent. Le statut de « reliques modernes » que l’on accorde déjà parfois à ces instruments —
symptôme d’une tendance au vintage ou au néo-rétro — nous conduit à pratiquer dès maintenant une forme d’archéologie des médias à leur sujet.
Le rôle que peut jouer le numérique dans la préservation et le renouvellement de cet instrumentarium (par la modélisation numérique des schémas électroniques, par exemple) n’est plus à prouver depuis le développement de l’informatique musicale. Mais les enjeux de l’hybridation entre électronique, numérique et facture traditionnelle, l’émergence d’une nouvelle lutherie (contrôleurs gestuels, instruments augmentés, etc.), et plus largement l’incidence de la dématérialisation dans les processus de production sonore restent à mesurer. Le panorama sociologique de ce secteur musical demande également à être étudié, en prenant en compte les nouveaux visages qui sont venus le
peupler (inventeurs, développeurs, ingénieurs, producteurs, etc.) et la place de l’humain dans ces pratiques hybrides, où la machine nous invite à revisiter la notion d’instrument et à réajuster notre vision du musicien.

Les propositions de communication pourront notamment s’articuler autour des axes suivants :

1. Les instruments pionniers des lutheries électroniques : comment rendre compte de l’apparition et de l’essor — mais aussi parfois de la disparition — des instruments électroniques primitifs (theremin, ondes Martenot, Trautonium, etc.) ? En quoi s’inscrivent-ils dans l’histoire du grand XXe siècle, aussi bien dans ses contextes musicaux et technologiques qu’historiques et culturels ?
2. Archéologie industrielle des lutheries électroniques : quels éclairages donner aux processus de détournement ou au contraire d’imitation (au contact des instruments acoustiques), qui ont guidé l’invention de certains instruments ? Que dire de la reproductibilité de ces objets manufacturés qui, bien que popularisés par leur industrialisation progressive, portent souvent l’empreinte unique de ceux qui les jouent ?

3. La conservation/restauration des instruments électroniques : quelle(s) stratégie(s) adopter face à l’obsolescence technologique propre aux instruments électroniques, au défaut de documentation dont ils sont victimes et à la disparition des savoirs qui les ont vu naître ? Comment conserver ou exposer ces instruments ? Le rayon des « objets d’art » est-il leur place ? De quoi cette volonté de préservation d’instruments longtemps marginalisés est-elle aujourd’hui le signe ?

4. Un répertoire électronique ? Œuvres et culture « electro » : les explorations sonores de l’électronique et de l’informatique musicales ont infusés tous les pans de la création musicale, des avant-gardes aux musiques populaires. Le studio acousmatique, le festival underground et le dance-floor urbain sont-ils traversés par des pistes formelles communes ? Quelles explorations, quelles idéaux esthétiques, quelles dynamiques culturelles attachées aux machines ou aux pratiques urbaines par exemple, peut-on dégager de ces productions ? De quelles « cultures de l’écoute » la lutherie électronique est-elle constitutive ?

5. De l’électronique au numérique : en quoi la modélisation numérique des dispositifs électroniques est-elle une solution à la préservation de cet instrumentarium ? Quels en sont les problématiques-clés, les écueils, les succès ? D’autre part, comment mesurer l’effet de la diffusion à l’échelle planétaire des outils de composition informatique, d’échantillonnage ou de transformation sonore contrôlés par ordinateur ? Ce dernier s’est-il mu en hyper-instrument, maître de tous les sons ?

6. Vers une musique sans instruments ? Comment et par qui la musique électronique est-elle produite aujourd’hui ? Comment interpréter la relation entre la sophistication des logiciels informatiques et les faveurs régulièrement énoncées par les artistes pour le « grain » des dispositifs analogiques ? Peut-on parler de « rematérialisation » de la musique électronique ?

Comité d’organisation : Thierry Maniguet, Benoît Navarret, Marion Platevoet et Agnès Puissilieux

Conseil scientifique : Marc Battier, Pierre Couprie, Hugues Genevois, Thomas Hélie, Jean-Yves Leloup, Emmanuel
Parent, Nadia Ratsimandrésy, Stéphane Roth, et Matthieu Saladin
Durée des communications : 20 minutes

Langues du colloque : français et anglais

Les propositions de communication (2000 signes), en français ou en anglais, seront adressées à colloques@philharmoniedeparis.fr accompagnées d’une brève présentation biographique (maximum 800 signes) avant
le 6 décembre 2017. La sélection retenue par le comité scientifique sera communiquée en janvier 2018. Afin d’encourager la venue de jeunes chercheur-se-s non nécessairement affilié-e-s à des établissements de recherche, un soutien au déplacement pourra être examiné pour les propositions retenues.

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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