City Sonic 2017, zoom sur Stéphanie Laforce


Ce qui nous lie

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©Photo Caroline Hayeur  – Performance à la la galerie Perte de Signal – Festival Phénoména 2017 à Montréal.

Arrivant tout juste à Charleroi, avant que de me lancer dans une première exploration pédestre de la ville, je croise Stéphanie Laforce, artiste, sonore cela va sans dire, activiste pluridisciplinaire belge, et invitée cette année à City Sonic.
Nous nous étions du reste déjà rencontrés lors d’une précédente édition, à Mons, et nous retrouvons donc de façon impromptue, devant un café, pour causer de choses et d’autres, notamment sonores.

Stéphanie crée ses propres univers, entre électroacoustique, installations transmédiales, performances… Sa production sonore embrasse des compositions aux univers variés et très personnels, poétiques, engagés socialement, vocaux ou instrumentaux, n’hésite pas à entremêler musique baroque, field recording, chanson et sons électroacoustiques, avec beaucoup de pertinence et de finesse (voir la fenêtre d’écoute en fin d’article).
De concerts en expositions, d’installations-interventions intérieures/extérieures en performances, côtoyant la danse, le cirque, son univers, à la fois poétique et très physique interroge différents lieux, façon d’y habiter aussi, et décale, selon les environnements investis, le regard comme l’oreille, un geste artistique par définition.

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Lorsque je vais visiter son installation pour la première fois, « Ce qui nous lie », (un clin d’œil au film de Cédric Klapish?), elle est en cours de montage. Je trouve l’artiste assise en tailleur, devant un ordinateur, ronchonnant contre un patch informatique* qui n’en fait qu’à sa tête, et entourée d’élastiques tendus du sol au plafond dans l’espace.

Dans cette grande pièce lumineuse occupant le deuxième étage du Quai10, nouvel espace culturel et de loisirs sur les rives de la Sambre, son architecture d’élastiques tendus et de poulie, invite d’emblée le public à venir jouer avec l’œuvre, dans une interactivité clairement affichée. Il est absolument obligé de toucher l’œuvre sinon, elle restera inerte et muette ! Une forme d’injonction non verbale et néanmoins implicite.

Je reprends ici le texte de présentation de cette créations le site de City Sonic « Des élastiques dessinent des formes géométriques en lien avec l’architecture du lieu. Ils sont manipulables et déformables par les différentes tensions qui leur sont infligées. Ils deviennent alors des instruments de musique interactifs, dont le public peut jouer en temps réel. Ils sont rendus musicaux par l’intermédiaire d’un système numérique crée par l’artiste. Une réflexion autour de l’idée de la marionnette inversée, du rapport à l’autre… Qui contrôle qui ? Qui induit le mouvement ? Quelle est la part de liberté et de déterminisme dans notre existence ? Comment sortir des rapports de forces ? Comment se mouvoir dans un système contraignant et changeant et trouver la tension juste entre l’autonomie et le lien ? »

Au-delà, ou de façon concomitante, à la recherche esthétique, artistique, architecturale dirais-je ici, et du jeu performatif implicite, il s’agit bien d’une réflexion sur la place de l’homme, ou de l’humain, dans un espace social contraignant. Il nous faut penser cet environnement avec ses libertés et ses entraves, la volonté, tant mentale que physique, de se situer entre différentes subordinations et des espaces assumés, que l’on peut se ménager, s’aménager, parfois dans de réels rapports de force. Il ne s’agit pas pour autant de faire usage de la violence, loin de là, mais plutôt d’une force physique et psychique qui nous permettra de (re)trouver des espaces d’autonomie en s’extrayant de la marionnette potentielle que nous sommes tous à certains moments.

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Pour en revenir à un aspect plus concret de l’installation « Ce qui nous lie », lorsque j’ai voulu manipuler les élastiques pour les faire chanter, grâce à un dispositif électronique caché, qui génère des hauteurs, intensités couleurs sonores, selon ce que je mets en tension, et surtout comment j’exerce ces tensions, je n’ai pas obtenu de résultats flagrants. Je me suis vite rendu compte qu’il ne suffisait pas, pour les utiliser comme instrument sonore, d’effleurer, de caresser les élastiques, mais vraiment d’exercer un poids physique, avec de l’énergie, de la vitesse, en les tirant, soulevant, en se déplaçant avec eux dans l’espace. Ce qui nous ramène donc à mes précédentes remarques sur les rapports de force pour arriver à des fins satisfaisantes, et se donner les moyens de contrôler a minima une situation pour ne pas trop subir.

Néanmoins, certains élastiques peuvent se manipuler dans une certaine douceur, comme ceux par exemple avec lesquels je joue ici. Avertissement : Cette petite plaisanterie sonore ne représente en rien l’ambiance de l’installation !

 

Par ailleurs, plus sérieusement, Stéphanie Laforce, lorsqu’elle montre son installation au public, le soir du vernissage, le fait dans une danse performance, ne manque pas de tonus, dans un engagement physique où elle joue avec l’espace. Les cordes élastiques, son corps-instrumentiste-chef d’orchestre font naitre et disparaitre un panel de sons étirés, sirènes vivaces répondant au sollicitations imprimées par des mouvements tout à la fois véloces et puissants.

Une interview de Stéphanie Laforce par Zoé Tabourdiot, mon binôme pour la Sonic Radio

 

Cette œuvre contextuelle – ses rapports architecturaux lieu, relationnelle – ses rapports au corps, à un ensemble de visiteurs instrumentistes qui jouent ensemble, place directement le specta(c)teur dans un rapport à l’espace, à l’autre, avec la production sonore comme à la fois un enjeu et une résultante combinés.

*Patch : Section de code que l’on ajoute à un logiciel, pour y apporter des modifications  spécifiques, ici liées à la production, lecture et au traitement sonre en temps réel, selon les manipulations du public.

 

http://www.arts-numeriques.culture.be/index.php?id=11272&no_cache=1&tx_cfwbsoutienartnum_pi1%5Bartist_uid%5D=24 

 

En écoute

 

https://www.facebook.com/profile.php?id=100010802379428

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La création numérique dans le domaine de la lecture


 

Avec les nouvelles technologies numériques, les formes traditionnelles d’écriture et de lecture évoluent. en parallèle, de nouvelles formes d’expression, d’écritures et d’expériences sensorielles apparaissent…

Ce quatrième panel clôture le cycle de conférences autour de la lecture et propose de laisser la parole à des créateurs et des artistes qui travaillent avec ces nouveaux supports numériques. Ce sera l’occasion de mieux cerner les tendances actuelles et d’appréhender les avancées technologiques qui vont transformer dans un avenir proche les pratiques artistiques et cognitives de notre société.

Avec la participation de l’écrivain François Bon (Ecrivain, traducteur, artiste | Fr) de Michael Eickhof (Dramaturge en chef au Schauspiel Dortmund | De), de Jacques Urbanska (Chargé de projets arts numériques Transcultures, artiste | Be) et Giovanna Di Rosario (Chercheuse à la Faculté de philosophie, arts et lettres de l’UCL, co-directrice du groupe de recherche Hermeneia | Be).

> Lire l’article paru dans Le SOIR (31 octobre 2017) – L’UCL et Le Soir examinent les mondes numériques. La chercheuse Giovana Di Rosario et l’écrivain Jean-Philippe Toussaint en débattent |  La littérature numérique doit trouver de nouvelles formes | Jean-Claude Vantroyen – Lire l’article PDF1PDF2

François Bon (Ecrivain, traducteur, artiste – France)

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Ecrivain et traducteur, François Bon a publié son premier livre, Sortie d’usine, en 1982 aux Éditions de Minuit. Reçu deux ans plus tard à la Villa Médicis, il se consacre depuis entièrement à la littérature. En 2007, il devient directeur de collection au Seuil en lançant avec Bernard Comment : Déplacements. Sa production littéraire, très variée, compte plus de trente œuvres dont plusieurs romans, récits, poèmes en prose et romans pour adolescents. François Bon crée, dès 1997, un des premiers sites web consacré à la littérature, qui deviendra Remue.net. L’ouvrant par la suite à d’autres collaborateurs, il crée Tiers-Livre.net.

Parallèlement à son travail d’écriture, il se spécialise depuis 1992 dans des ateliers d’écriture auprès de gens en difficulté sociale, d’étudiants et d’enseignants. Il est aussi auteur de pièces de théâtre et d’émissions radio et de télévision.
Son intérêt pour la création littéraire sur et pour Internet l’amène à travailler également la photographie numérique, à collaborer régulièrement avec des musiciens et à participer à des tables rondes ou à faire des interventions sur la question du devenir de la littérature en rapport au numérique. Il montre comment la mutation numérique du livre bouscule notre rapport aux écrits et fait naître une nouvelle culture. François Bon a par ailleurs été artiste en résidence de l’UCL en 2011-2012.

Michael EICKHOF (Dramaturge en chef au Schauspiel Dortmund – Allemagne)

Michael Eickhoff a étudié l’histoire, la germanistique, la romanistique et la philosophie à Bielefeld et à Paris. Pendant ses études, il a notamment travaillé aux Archives littéraires allemandes à Marbach, à l’institut Mémoires de l’Édition Contemporaine à Paris ainsi qu’à l’université de Bielefeld.

Son parcours dans l’univers du théâtre a commencé au Theater Bielefeld comme assistant à la mise en scène puis directeur de production. Après s’être tourné vers la dramaturgie, il rejoint brièvement le Berliner Ensemble puis, comme invité, le State Theater à Wiesbaden. Au théâtre de Bonn de 2003 à 2009, il réalise avec de nombreux metteurs en scène de nombreuses productions, projets, lectures scéniques, etc… Depuis la saison 2010/11, Michael Eickhoff est à la tête de la dramaturgie au Théâtre de Dortmund où il explore de nouvelles façons de raconter des histoires à l’ère numérique.

Jacques URBANSKA (Chargé de projets Transcultures, artistes – Belgique)

Jacques Urbanska intervient dans le développement des projets qui ont trait aux arts numériques. Il apporte son expertise aussi bien dans la création des dossiers (nationaux, européens et internationaux), la mise en œuvre des différents programmes de Transcultures, que comme curateur. Il assure la présence Web de Transcultures et renforce son réseau sur Internet. Acteur et metteur en scène de formation, ses recherches ont interrogé la scène de théâtre conventionnelle comme lieu unique possible de représentation et le rapport individuel au spectateur. En 2007, il s’oriente plus clairement vers la performance et les arts numériques : de la performance multimédia à l’installation interactive aux arts en réseaux. Depuis 2010, il a construit un très grand réseau d’information sur les arts numériques (arts-numeriques.info – twitter @arts_numeriques), mais également sur divers thèmes politico-sociétaux (voir ses twitter fukushima_actu, revolution_info, occupy_USA, Belgique_info, sarkozy_info…).

Giovanna DI ROSARIO (Chercheuse à la Faculté de philosophie, arts et lettres de l’UCL – Belgique)

giovanna-di-rosario_creation-lecture-numerique_ucl_alliance-francaise_transcultures-2017-150x150Titulaire d’un doctorat en Digital Culture de l’Université de Jyväskylä, Giovanna Di Rosario mène actuellement des recherches sur les humanités numériques, la littérature et la rhétorique numérique à l’UCL. Elle a travaillé dans différentes universités en Europe, au Danemark, en Finlande, en Italie, en Espagne et en Suisse. Elle est directrice adjointe du groupe de recherche Hermeneia un groupe pionnier consacré à l’étude de la littérature et des nouveaux médias. Elle a été professeur invité à l’UNAM (Mexique) et conférencière invitée dans plusieurs pays du monde. En 2016, elle a co-organisé l’exposition Paraules Pixelades à Barcelone. Elle est aussi rédactrice en chef de l’International Journal of Transmedia Literacy.

 

Infos complémentaires

Depuis 2013 et le 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée scellant l’amitié entre la France et l’Allemagne, chaque année, les Ambassades de France et d’Allemagne en Belgique, l’Alliance française de Bruxelles-Europe et le Goethe-Institut Brüssel s’associent pour organiser ensemble une manifestation dans le cadre du Fonds Culturel Franco-Allemand.

Cette année, en lien avec l’invitation de la France en tant qu’invitée d’honneur à la Foire du Livre de Francfort qui se tiendra du 11 au 15 octobre 2017, il s’agit d’une série de quatre conférences-débats où divers intervenants belges, français et allemands réfléchiront aux bouleversements apportés par le numérique, au support papier qu’est le livre, et à la lecture.
Le numérique induit des changements profonds dans nos façons d’apprendre et d’enseigner.

Quoi de plus naturel, dès lors, de s’associer à une université, lieu de diffusion du savoir par excellence, pour accueillir ce cycle de conférences. L’UCL s’intéresse à cette dimension et considère que les nouvelles technologies peuvent favoriser la collaboration, la création, l’acquisition et la diffusion de connaissances. C’est ainsi que ces conférences-débats sont inscrites au programme de l’Année thématique 2017-2018 de l’UCL consacrée aux Mondes Numériques.

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Colloque – Les lutheries électroniques


CITÉ DE LA MUSIQUE-PHILHARMONIE DE PARIS

Colloque international
LES LUTHERIES ÉLECTRONIQUES
JEUDI 8 ET VENDREDI 9 MARS 2018 — 9H30-18H00
Amphithéâtre – Cité de la musique

APPEL À COMMUNICATION
Date limite pour l’envoi des propositions : 6 décembre 2017

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Les 6 thèmes retenus sont :
1 : Les instruments pionniers des lutheries électroniques
2 : Archéologie industrielle des lutheries électroniques
3 : La conservation/restauration des instruments électroniques
4 : Un répertoire électronique ?
5 : De l’électronique au numérique
6 : Vers une musique sans instruments ?

L’apparition de l’instrument électronique mais aussi des techniques d’amplification et d’enregistrement au début du XXe siècle, l’explosion des musiques populaires après-guerre puis la révolution numérique au tournant du millénaire ont profondément bouleversé le monde de la musique. Ces innovations ont touché l’ensemble des pratiques et favorisé l’éclosion de nouveaux processus de création.
En replaçant le phénomène dans son évolution historique, ce colloque proposé par la Cité de la musique-Philharmonie de Paris en partenariat avec l’institut de Sorbonne Universités Collegium Musicae interroge les dernières évolutions en matière de lutherie électronique et numérique mais aussi les interactions entre ces dernières et la facture instrumentale traditionnelle, dans le but de faire émerger des méthodologies neuves pour explorer ces instruments, au croisement de l’organologie, de l’archéologie des techniques, de l’histoire des idées et de l’esthétique.
La facture des instruments électroniques engendre des problèmes de conservation spécifiques. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été possible d’y remédier de façon satisfaisante tant les matériaux, les composants électroniques et leur mode d’agencement obéissent à des procédés dont le fondement, comme la cinétique, sont mal déterminés. Du point de vue patrimonial, quels choix en termes de politique d’acquisition, de conservation et de restauration permettent de palier cette obsolescence ? Le maintien en état de jeu est-il une gageure ? Quelles approches la muséographie du son (par les systèmes de diffusion sonore notamment) développe-t-elle aujourd’hui pour rendre compte de ces innovations technologiques ?
L’identité sonore de telles sources ainsi que les répertoires dont elles ont porté l’émergence sont-ils pour autant menacés de disparition ? Le faible éclairage dont a bénéficié le champ entraîne de graves lacunes documentaires : plus la date de création de ces objets s’éloigne, plus les personnes qui les ont conçues disparaissent et la possibilité de renseigner leur émergence avec elles. Mais, par-delà l’obsolescence, l’usage actuel des technologies sonores, en particulier dans les musiques populaires, montre une survivance et une recherche constante fondées sur la culture sonore d’un passé récent. Le statut de « reliques modernes » que l’on accorde déjà parfois à ces instruments —
symptôme d’une tendance au vintage ou au néo-rétro — nous conduit à pratiquer dès maintenant une forme d’archéologie des médias à leur sujet.
Le rôle que peut jouer le numérique dans la préservation et le renouvellement de cet instrumentarium (par la modélisation numérique des schémas électroniques, par exemple) n’est plus à prouver depuis le développement de l’informatique musicale. Mais les enjeux de l’hybridation entre électronique, numérique et facture traditionnelle, l’émergence d’une nouvelle lutherie (contrôleurs gestuels, instruments augmentés, etc.), et plus largement l’incidence de la dématérialisation dans les processus de production sonore restent à mesurer. Le panorama sociologique de ce secteur musical demande également à être étudié, en prenant en compte les nouveaux visages qui sont venus le
peupler (inventeurs, développeurs, ingénieurs, producteurs, etc.) et la place de l’humain dans ces pratiques hybrides, où la machine nous invite à revisiter la notion d’instrument et à réajuster notre vision du musicien.

Les propositions de communication pourront notamment s’articuler autour des axes suivants :

1. Les instruments pionniers des lutheries électroniques : comment rendre compte de l’apparition et de l’essor — mais aussi parfois de la disparition — des instruments électroniques primitifs (theremin, ondes Martenot, Trautonium, etc.) ? En quoi s’inscrivent-ils dans l’histoire du grand XXe siècle, aussi bien dans ses contextes musicaux et technologiques qu’historiques et culturels ?
2. Archéologie industrielle des lutheries électroniques : quels éclairages donner aux processus de détournement ou au contraire d’imitation (au contact des instruments acoustiques), qui ont guidé l’invention de certains instruments ? Que dire de la reproductibilité de ces objets manufacturés qui, bien que popularisés par leur industrialisation progressive, portent souvent l’empreinte unique de ceux qui les jouent ?

3. La conservation/restauration des instruments électroniques : quelle(s) stratégie(s) adopter face à l’obsolescence technologique propre aux instruments électroniques, au défaut de documentation dont ils sont victimes et à la disparition des savoirs qui les ont vu naître ? Comment conserver ou exposer ces instruments ? Le rayon des « objets d’art » est-il leur place ? De quoi cette volonté de préservation d’instruments longtemps marginalisés est-elle aujourd’hui le signe ?

4. Un répertoire électronique ? Œuvres et culture « electro » : les explorations sonores de l’électronique et de l’informatique musicales ont infusés tous les pans de la création musicale, des avant-gardes aux musiques populaires. Le studio acousmatique, le festival underground et le dance-floor urbain sont-ils traversés par des pistes formelles communes ? Quelles explorations, quelles idéaux esthétiques, quelles dynamiques culturelles attachées aux machines ou aux pratiques urbaines par exemple, peut-on dégager de ces productions ? De quelles « cultures de l’écoute » la lutherie électronique est-elle constitutive ?

5. De l’électronique au numérique : en quoi la modélisation numérique des dispositifs électroniques est-elle une solution à la préservation de cet instrumentarium ? Quels en sont les problématiques-clés, les écueils, les succès ? D’autre part, comment mesurer l’effet de la diffusion à l’échelle planétaire des outils de composition informatique, d’échantillonnage ou de transformation sonore contrôlés par ordinateur ? Ce dernier s’est-il mu en hyper-instrument, maître de tous les sons ?

6. Vers une musique sans instruments ? Comment et par qui la musique électronique est-elle produite aujourd’hui ? Comment interpréter la relation entre la sophistication des logiciels informatiques et les faveurs régulièrement énoncées par les artistes pour le « grain » des dispositifs analogiques ? Peut-on parler de « rematérialisation » de la musique électronique ?

Comité d’organisation : Thierry Maniguet, Benoît Navarret, Marion Platevoet et Agnès Puissilieux

Conseil scientifique : Marc Battier, Pierre Couprie, Hugues Genevois, Thomas Hélie, Jean-Yves Leloup, Emmanuel
Parent, Nadia Ratsimandrésy, Stéphane Roth, et Matthieu Saladin
Durée des communications : 20 minutes

Langues du colloque : français et anglais

Les propositions de communication (2000 signes), en français ou en anglais, seront adressées à colloques@philharmoniedeparis.fr accompagnées d’une brève présentation biographique (maximum 800 signes) avant
le 6 décembre 2017. La sélection retenue par le comité scientifique sera communiquée en janvier 2018. Afin d’encourager la venue de jeunes chercheur-se-s non nécessairement affilié-e-s à des établissements de recherche, un soutien au déplacement pourra être examiné pour les propositions retenues.

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Festival Sonorités + Noise


Festival Sonorités#13 + Noise#7

à Toulouse du 20 au 24 novembre

et Montpellier / Sète les 2 et 3 décembre

Nouvelle équipe, nouvelles villes, nouveaux lieux, nouvelles collaborations, nouvelles orientation de programmation ‐ tout en restant dans la continuité de ce qui à déjà été accompli depuis 12 ans ‐ que de changements !

Cette édition de Sonorités, qui cette année se marie avec le festival Toulousain Noise, est un nouveau départ pour ce modeste mais ambitieux festival ; la nouvelle équipe est très fière de vous présenter sa nouvelle programmation et nous espérons fortement qu’elle sera appréciée et savourée à sa juste valeur et que ce festival sera pour nous et vous le départ d’une nouvelle grande aventure dans le vaste pays des formes artistiques les plus audacieuses et aventureuses qu’elles soient musicales, sonores, parlées, dansées…

Cette édition du festival est dédié à la mémoire de Dominique Répécaud

Du 20 au 22 novembre ‐ en journée @ Le Ring, Toulouse [COMPLET]

Feral Choir ‐ atelier animé par le vocaliste anglais Phil Minton.
Atelier ouvert à tout le monde qu’il soit ou non chanteur sur inscription obligatoire, places limitées. 
Horaires : 10h / 17h 
Participation forfaitaire : 50 € 
Renseignements et inscriptions : contact@theatre2lacte.com

Mercredi 22 novembre ‐ 20h30 @ Le Ring, Toulouse
Tarif : normal 12 € / réduit 8€ (-26 ans, étudiant, demandeur d’emploi) 
Réservations : 05.34.51.34.66 ou contact@theatre2lacte.com.
Feral Choir – Restitution publique de l’atelier.
https://www.youtube.com/watch?v=gRzC8JMqH_o

Trio Bjørgeengen / Cogburn / Zach (phénomènes vibratoires) – Chris Cogburn (percussion, haut-parleurs), Austin, Mexico / Kjell Bjørgeengen(traitement sonore et vidéo), Norvege / Ingar Zach (percussion, électronique, haut-parleurs vibrants), Madrid
Jeudi 23 novembre ‐ 20h30 @ Le Hangar, Toulouse
Tarif : normal 12€ ‐ réduit 8€ (-26 ans, étudiant, demandeur d’emploi) 
Réservations : 05.61.48.38.29 ou contact@lehangar.org.
Phil Minton (solo vocal)
https://www.youtube.com/watch?v=ZQPANncTHl0
Anne Kawala (lecture performance)
https://vimeo.com/187076343
Marc Baron (performance / diffusion électro-acoustique) – “Napoli’s Tapes”
https://www.youtube.com/watch?v=1eIK92ljPEU
Vendredi 24 novembre ‐ 20h30 @ Le Ring, Toulouse
Tarif : normal 12€ / réduit 8€ (-26 ans, étudiant, demandeur d’emploi) 
Réservations : 05.34.51.34.66 ou contact@theatre2lacte.com.
Wolfarth solo (la solitude du batteur de fond) – Christian Wolfarth (cymbale, objets), Suisse. 
https://www.youtube.com/watch?v=6RBdOmBO1-Y
Immensity of the territory (road movie sonore) – Charles-Henry Beneteau (guitare acoustique, guitare motorisée commandée à distance. photographie, montage et programmation vidéo) / Christophe Havard (électronique, guitare motorisée commandée à distance, phonographie, prise de sons) / Anthony Taillard (guitare acoustique, guitare électrique et préparée, captation et montage vidéo).
https://www.youtube.com/watch?v=O24ZrZntoeI
Samedi 02 Décembre ‐ 19h @ hTh CDN de Montpellier
Tarif : normal 10€ / réduit 5€ (lycéens, étudiants, chômeurs)
Réservations : 06.78.22.13.69
Julien d’Abrigeon poète-performeur
Duo Doneda / Marchetti – Michel Doneda (saxophone) / Lionel Marchetti (synthétiseur)
Havre – Marie Cambois (danse) / Aude Romary (musique) / Jean-Gabriel Valot (lumière) / Prune Lardé (costume)
Dimanche 03 Décembre ‐ 15h @ Centre Régional d’Art Contemporain de Sète
Entrée libre
Réservations : 06.78.22.13.69
Improvisation Tomoko sauvage  (bols, eau + diffusion électro-acoustique)

Voir plus d’informations et tous les détails sur le site du festival svp
Co-Organisateurs :
Théâtre de l’Acte / Sonorités

Salles Partenaires : 
Le Ring, Toulouse, scène périphérique
Théâtre Le Hangar, Toulouse
hTh, CDN Montpellier
Centre régional d’Art contemporain, Sète

Partenaire institutionnels
GMEA Toulouse Montpellier SPEDIDAM

 

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Appel à participation – Impasses fleuries


Impasses fleuries / Flowery dead ends
Impasses fleuries est un projet de création sonore  interdisciplinaire incluant des contributions en images fixes ou animées. Il est conçu pour prendre différentes formes de représentations : installation, pièce live, création radiophonique, web audio etc. Il s’agit d’une création ouverte qui se fonde sur l’évocation de la radicalité vue comme  espace d’existence excentré : des impasses habitables pour peu qu’on les fleurissent. Une partie du matériau sonore est constituée de lectures d’extraits de textes. Ceux-ci sont choisis dans un vaste corpus littéraire, poétique, philosophique ou autre. Ils évoquent directement ou de façon allusive des situations esthétiques, des subjectivités pouvant s’apparenter à des dispositifs utopiques quand eux-ci se concrétisent néanmoins dans le réel. Des éléments électroacoustiques, des documents sonores, des enregistrements de terrain complètent l’ensemble. C’est un travail de montage de ces composantes qui sera constitué en pièces ou en dispositifs d’installations. Ceux-ci se concrétiseront en regard des événements qui les accueilleront. Plusieurs opportunités de présentations sont déjà envisagées.
L’impasse fleurie n’est pas nécessairement un espace de vie apaisé ou un lieu idéal. C’est une situation encore possible, bien que fragile : un refuge au sein du réel.
Flowery dead ends is an interdisciplinary sound creation project that includes contributions in still or moving images. It is designed to take different forms of representation: installation, live performance, radio creation, web audio etc. It is an open work that is based on the evocation of radicality seen as an eccentric space of existence: living venue as long as it is flowery. Part of the sound material consists of readings of texts excerpts. These are chosen from a vast collection: literary, poetic, philosophical etc.They evoke, directly or in an allusive way, aesthetic situations, subjectivities that can be likened to utopian situations when they nevertheless materialize in reality. Electroacoustic elements, audio documents, and field recordings complete the ensemble. It is a work of montage of these components which will be constituted in pieces or devices of installations. These will materialize with regard to the events that will welcome them. Several opportunities for presentations are already envisaged.
The flowery dead end is not necessarily a peaceful living space or an ideal place. This is still possible situation, yet fragile: a shelter in the real world.
Appels à collaboration, sons et images. Call for sounds and images

Sons/ sounds
Cet appel est lancé afin de recueillir des enregistrements de fragments de textes. Il s’agit de réunir l’ensemble le plus varié de lecteurs ou de lectrices, désireux de s’insérer dans le projet. Mise œuvre :  Charger ici le document contenant les extraits de textes à lire. Celui-ci est régulièrement actualisé. Une fois choisi une plusieurs extraits, le contributeur ou la contributrice effectue l’enregistrement et le fait parvenir. Tous les modes de prise de son sont intéressants pour peut que la parole et le texte en demeurent bien le centre. Prise de son « hi fi » en studio, avec un enregistreur portable à la maison ou dans un extérieur spécifique, avec dictaphone ou un système intégré d’ordinateur … toutes ces techniques sont possibles. Il est aussi possible de contribuer sur répondeur téléphonique. Envoyer un email pour obtenir le n° de téléphone pour enregister votre message.
This call is send to collect recordings of text fragments. The goal is bringing together the most varied group of readers, wishing to fit into the project. To contribute: Download here the document containing the extracts of texts to read. It is regularly updated. Once you have selected a number of extracts,  make the recording and send it. All types of sound are interesting if the speech and the text remain well the center. Sound recording « hi fi » in the studio, with a portable recorder at home or in a specific outdoor area, with a dictaphone or an integrated computer system … all these techniques are possible. It is also possible to contribute on answering machine. Send an email to get the phone number to record your message.
Technique / technical datas  [1]
Format wav ou aiff : autant que possible, pas de fichier compressés (mp3 ou autre). Les compressions seront faites si nécessaire par le compositeur. Fichiers audio mono ou stéréo. Un seul texte par fichier. Envoyer les fichiers par mail, en pièce jointe, s’ils ne sont pas trop gros. Sinon utiliser un système de transfert ou de stockage (we transfer, drop box ou autre) Les fichiers seront filtrés éventuellement et normalisés pour son homogène. Ils seront en écoute sur le site avant même que des réalisations achevées ne soient mise place. L’un des objectifs est également de montrer le projet dans ces différentes phases d’avancement.
Format wav or aiff: as much as possible, no compressed file (mp3 or other). The compression will be made if necessary by the composer. Mono or stereo audio files. One text per file. Send the files by email, as an attachment, if they are not too big. Otherwise use a transfer system or storage (we transfer, drop box or other) The files will be filtered eventually and normalized for an homogeneous listening. It will be possible to listen to them on the website even before completed achievements are set. One of the objectives is also to show the project in these different states of progress.

Images

Ce second appel (il est bien entendu possible de répondre aux deux) concerne les images. L’expression impasses fleuries est ici donnée comme prétexte à toute collaboration photographique ou de films courts (sans son). Il ne s’agit pas d’illustrer de manière figurative et mimétique l’expression, mais partant de celle-ci d’en proposer des déclinaisons visuelles, affectives ou documentaires. Ces images sont destinées à des projections (sur un ou plusieurs écrans) lors des représentations live ou en installation. Elles seront intégrées selon des processus similaire à ceux appliqués aux éléments sonores.

This second call (it is of course possible to answer both) concerns images. The expression flowery deadlock is here used as a pretext for any photographic collaboration or short films (without sound). It is not a question of figuratively and mimetically illustrating the expression, but from this one of proposing visual, affective or documentary variations of it. These images are intended for projections (on one or more screens) during live performances or in installation. They will be integrated according to processes similar to those applied to the sound elements.

Technique / technical datas [2]
Images fixes. Format jpeg , résolution minimum 100 dpi Vidéos (entre 30’’ et 4’). Format mov ou mpeg4 (préférable). Résolutions souhaitées 854 X 480, 960 X 540, 1280 X 720.
Still images. JPEG format, minimum resolution 100 dpi Videos (between 30  » and 4 ‘).Format mov or mpeg4 (preferable). Desired resolutions 854 X 480, 960 X 540, 1280 X 720.
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Revue L’Autre musique#4 – Bruits


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Depuis les célèbres 4’33 » de Silence de John Cage (1952) le phonotope dans lequel nous évoluons, notre façon de le concevoir et de l’écouter, est devenu une donnée essentielle et non négligeable à celui qui s’engage dans les arts sonores et la composition musicale. L. Russolo L’arte dei Rumori, 1913) sommait les compositeurs d’« élargir et enrichir de plus en plus le domaine des sons » jusqu’aux « bruits » de la vie elle-même : « il faut rompre à tout prix ce cercle restreint de sons purs et conquérir la variété infinie des sons bruits ». Une conquête que parachevait d’une certaine manière P. Schaeffer avec l’objet sonore qu’il formalisait en inventant la musique concrète et électroacoustique. Depuis, le « bruit » fait partie intégrante du vocabulaire de tous les artistes qui travaillent le sonore et le musical, mais dans des stratégies esthétiques et des mentalisations diverses. Alors, qu’en est-il des bruits aujourd’hui ? ont-ils conservé tout leur potentiel subversif ? sont-ils une donnée implacable à la pensée du sonore et musical ? Ou le signe fatal d’appartenance à une esthétique dominante ?

L’Autre musique poursuit avec ce numéro les questionnements engagés lors du colloque « bruits » qui avait eu lieu à l’ENS Louis-Lumière (cité du cinéma — Saint-Denis)1 dont vous trouverez les Actes en supplément accompagnés de captations vidéos et audios.

Pour tout lire et tout entendre l’Autre musique #4 – Bruits  : http://www.lautremusique.net/lam4.html

 

Autres parutions

 

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Installation sonore environnementale VOX


VOX

Lorsque je découvre une œuvre, installation, ou autre création sonore qui attire mon attention, je la partage. Cette fois-ci c’est via l’artiste Adrien Lefebvre que j’ai trouvé cette belle réalisation sur la toile.

Ne reste plus qu’à l’écouter in situ !

Je joins ci-après le texte et les photos de présentation du projet sur le site de Romain Lepage, un des artistes de VOX

… L’installation Vox est pensée comme un refuge, un observatoire. De prime abord intrusive dans le paysage normand, cette architecture cubique noire a pourtant la vocation de le valoriser.

Composé de bois bakélisé, ce bloc cache entre ses murs une forme conique ouverte sur l’extérieur. Le spectateur y trouve un point de vu sur la nature environnante, une fenêtre ouverte. Bien plus qu’un cadre donné sur le paysage, le cône est chargé d’une qualité acoustique : il devient amplificateur sonore, ou sonotone. Un lien est étroitement tissé entre le paysage naturel et le paysage acoustique, ce qui est vu et ce qui est donné à écouter. S’y joue une symphonie aléatoire, sans interruption.

Vox a été réalisé avec le soutien du collectif Manœuvre

Vox
Vox, 2016
En collaboration avec Adrien Lefebvre
Contreplaqué de peuplier bakélisé, pin
300 x 300 x 300 cm
Photographie © Hugo Renard
Vox
Vox, 2016
En collaboration avec Adrien Lefebvre
Contreplaqué de peuplier bakélisé, pin
300 x 300 x 300 cm
Photographie © Hugo Renard
Vox
Vox, 2016
En collaboration avec Adrien Lefebvre
Contreplaqué de peuplier bakélisé, pin
300 x 300 x 300 cm
Photographie © Hugo Renard
Vox
Vox, 2016
En collaboration avec Adrien Lefebvre
Contreplaqué de peuplier bakélisé, pin
300 x 300 x 300 cm
Photographie © Hugo Renard

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City Sonic 2017 – Points d’ouïe et PAS-Parcours Audio Sensible à Charleroi


City Sonic 2017 – PAS – Parcours Audio Sensible à Charleroi

POINTS D'OUÏE, PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

Charleroi , écoute by night

37448550131_4dbc6b514c_o_d ©Zoé Tabourdiot– Transcultures

Ce nouveau PAS Belge répond à une commande de Transcultures, association fondatrice et organisatrice du festival international des arts sonores City Sonic.
Cette commande comportait deux opus dans une même fin de journée et soirée. Le premier consistait en une conférence autour de l’œuvre du compositeur américain Max Neuhaus. devant un parterre avec beaucoup de « gens du son ». j’y évoquais les recherches et réalisations de ce visionnaire et précurseur des arts sonores, tels son travail sur l’espace, notamment l’espace public, la perception, le design sonore, les représentations graphiques d’installations, et bien entendu, une de ses actions phares, les Listens. C’est en effet au cours de ces soundwalks, performances d’écoutes urbaines, que l’artiste expérimente une posture d’écoute en marche, performative, transformant la ville en une scène d’écoute musicale. Par delà l’approche pédagogique de Murray Schafer, Max Neuhaus nous…

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City Sonic 2017 – Focus autour de Léo Kupper


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C’est pour moi une des très belles rencontres, un moment exceptionnel, parmi les nombreux vécus lors des City Sonic, que celle de Léo Kupper, en compagnie ce jour là du compositeur Todor Todorovff, interviewés par Philippe Franck, le directeur et fondateur de City Sonic.

Nous sommes juste avant le vernissage du festival, lors de la visite de presse, dans l’église Saint Antoine de Padoue, dans la ville basse de Charleroi, où une installation sonore acousmatique de Léo Kupper, spatialisée par Todor Todoroff se tenait durant le festivaL

Léo Kupper est un compositeur phare de musique électroacoustique, ou électronique selon les époques, Belge d’origine germanophone, qui a parallèlement effectué de nombreuses recherches sur la synthèse sonore, construit des synthétiseurs (GAME – Générateur Automatique de Musique Électronique ) et écrit deux ouvrages « Aventures sonores et musicales ».
C’est donc un pionnier qui, dès la fin des années 50, rencontre Henry Pousseur, autre grand maître Belge, devient son assistant et, à partir de là, développe ses travaux d’écritures et de recherches.

Léo Kupper est un octogénaire à la voix posée, sereine, à travers laquelle on ressent toute la passion de l’homme, pour les sons certes, mais aussi son amour pour la nature, et sa profonde humanité. C’est un sage, un homme qui dégage une grande chaleur humaine, qui déploie une philosophie empreinte de la plus grande bienveillance. Il est curieux d’apprendre encore, toujours, et lorsqu’il questionne, dialogue très humblement avec de jeunes créateurs sonores, il s’extasie devant les dispositifs et les esthétiques, tout en analysant la création contemporaine avec une belle pertinence.

La voix humaine, le souffle, le langage parlé, la phonétique, ont été des secteurs sur lesquels Léo Kupper s’est régulièrement penché, des matières sur lesquelles il a composé, réfléchi, voire médité, dans des approches liées aux philosophies orientales, à la spiritualité, l’homme restant au centre de la création.
Une de ses préoccupations se tourne d’ailleurs vers l’homme face à une violence sociale, des tensions, une sur-information, un stress urbain, la recherche d’un équilibre et une santé physiques, intellectuels, équilibre également mental de plus en plus difficile à acquérir, ou a conserver dans une société oh combien chaotique.

Dans le cadre de City Sonic, Léo Kupper propose à la fois une installation immersive dans l’église Saint Antoine de Padoue, jouant sur la spécialisation de quatre pièces telles que Sabatrana (5’ 47′)’ ; Parole sur langue, Paroles sur lèvres (15′ 46’’), dédiées à la voix, à la phonétique. Il s’en explique sur l’enregistrement que vous pouvez entendre ici. Cet enregistrement à l’improviste est capté sur le vif.

Sans doute aurez-vous compris que le musicien comme l’homme m’ont profondément touché, ému et fasciné, et que d’avoir écouter cette voix, ces histoires, de l’anecdote à la plus profonde pensée humaniste, croiser le chemin de ce musicien penseur, restera pour moi un moment privilégié des plus fort.

A côté de Léo Kupper, Todor Todoroff nous parle du concert que lui et Léo Kupper partageront dans City Sonic#15.

La belle musique en arrière-fond est celle de Léo Kupper diffusée en installation dans l’église Saint Antoine de Padoue.

Lien l’écoute en bas de l’article

Pour en savoir plus

Biographie
http://www.archipel.org/archive/bios_comp/txtkupper.htm

Émission Tapage nocturne avec Bruno Retord avec Léo Kupper
https://www.francemusique.fr/emissions/tapage-nocturne/tapage-nocturne-recoit-leo-kupper-33023

Émission Akousma avec Christian Zanési avec Léo Kupper
http://www.ina.fr/audio/00275574

Article sur Igloo Records
http://www.igloorecords.be/artists/leo-kupper/

Discographie
https://www.discogs.com/fr/artist/219705-Leo-K%C3%BCpper

Léo Kupper chez Sub Rosa
Electronic Works and Voices 1961-1979 (2 vinyl LP)
Label SUB ROSA – http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=3293&menu=

Site de Todor Todoroffhttp://todoroff.be/

Site City Sonic 2017 – http://citysonic.be/festival2017/

 

Écoutez

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