CHRONIQUE SONORE D’UNE SOIRÉE LYONNAISE EN DEUX ÉTAPES IRRÉGULIÈRES


CHRONIQUE SONORE D’UNE SOIRÉE LYONNAISE EN DEUX ÉTAPES IRRÉGULIÈRES

18H30, Théâtre Kantor de l’ENS Lyon, pour deux lectures publiques dans le cadre de Scènes poétiques organisées par Patrick Dubost. J’adore m’assoir, et écouter des textes/histoires/poèmes/fictions à voix nues… Un vrai plaisir que je m’offre chaque fois que j’en ai l’opportunité.
Ce soir, deux écrivains lecteurs.
Le premier, Jean-Luc Bayard, oulipien, nous emmène dans une intrigue ou les livres et les textes conspirent, se codent réciproquement, où les éditions POL trament un complot à l’échelle de toutes ses parutions. Doubles, plagiats, cryptages, histoires littératuro-policières, on a maintenant envie d’en connaître plus sur cette imbroglio de mots et de textes.
Le deuxième, Bernard Noël, nous prend aux tripes de sa voix à la fois aguerrie et fragile, de son texte tragique, indécis et terriblement, politiquement, d’actualité. Violence, fatalisme, le « nous » rassembleur, des individus pris au piège dans l’idéologie d’une révolte in situ, incertaine, radicale malgré elle, et néanmoins nécessaire, voire vitale… Un texte choc ciselé, envoûtant, dont on ne ressort pas indemne. Une belle expérience d’une voix qui parle à nos oreilles et à notre affect, des textes que l’on reçoit comme des offrandes aussi terrifiantes dans le contenu que vivifiantes dans une pensée alerte et révoltée.

22H, quai de Saône, à deux pas de chez moi, inauguration en lumière et son d’un tout nouveau pont, le pont Schuman.

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Côté lumière, la ville de Lyon possède une certaine expérience de grandes scénographies urbaines, fête des lumières oblige, pour le meilleur et pour le pire. Ici, ni le meilleur ni le pire ne sont de mise. Un spectacle grand public, qui tourne assez vite en rond. Côté son, c’est tout simplement affligeant ! Une composition oscillant entre chants d’oiseaux, rythmes dance floor, voix incompréhensibles, citations de musiques « classiques » type feux d’artifice, ambiances décousues, dialoguant assez mal avec la lumière. On en viendrait a regretter les fastes de Jean-Michel Jarre ! De plus, une sonorisation a priori assez peu adaptée et un mixage déséquilibré où beaucoup de sources semblent baver dans une saturation assez bouillie. Je me dit depuis longtemps que la maîtrise du son dans l’espace public est souvent un exercice difficile, voire périlleux, entre le trop et le trop peu, lorsqu’on s’adresse à un public nombreux, et qui plus est dans un espace qui ne s’y prête pas. On tente très souvent l’ambiance « tape à l’oreille », populaire, voire populiste, et au final le public subit, sans hélas parfois s’en apercevoir par manque de propositions vraiment qualitatives, cette mièvre muzac publique.

Bref vous l’aurez compris, les deux parties de cette soirée rythmée de différents sons n’auront pas eu pour moi le même impact. Une que je garderai en mémoire comme une belle expérience d’écoute engagée, au fil des mots, et une autre qui ne me laissera, sans surprises, que bien peu de traces.

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A propos Desartsonnants

Promeneur écoutant, paysagiste sonore, spécialiste des arts sonores, concepteur sonore, curator, conférencier
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