SOUTENEZ DESARTSONNANTS


logdas

SOUTIEN DESARTSONNANTS

 Vous appréciez le blog Desartsonnants, son contenu ?

 Soutenez le, aidez le pour poursuivre plus sereinement son travail, il vous en sera très reconnaissant !

Le projet Desartsonnants

Le site, infos, réflexions, actualités, zoomsdesartsonnants Sonos//faire

Les revues d’informations, ressources, curration, partage

Création sonore et environnement

Déambulations pédestres, artistes, chercheurs, bâtisseurs en marche

Desartsonnants en actions, vers un art du paysage sonore

Espace public, projets artistiques et culturels, lieux de fabrique

Listening Art, objets, postures, dispositifs, l’écoute tous azimuts

Textes, réflexions, projetsBibliothèque Scribd Desartsonnnants

Archives – Plus de 1000 articles en ligne sur l’ancien blog Desartsonnants

Paysages sonores, chemins d’écoute, création sonoreDesartsonnants en écoute

 

DONS PICT

Publicités
Image | Publié le par | 2 commentaires

Fesival – Semain du bizarre 7


tumblr_pg8x6sjrmz1vfdg8bo1_r1_640

Semaine du Bizarre 7

du 3 déc 20:17 au 14 déc 23:17
Théâtre Municipal Berthelot

6 rue Marcellin Berthelot, 93100 Montreuil, Ile-De-France, France

PERE UBU – Joanne Leighton – Jean Denis Bonan – Elsa Biston – Benjamin Sanz- Julien Pontvianne – BORDIGAGA – Jalal Aro Jerôme Poret – Bertrand Lamarche – Marie Reinert – Dominique Petitgand – Violaine Lochu – HEIMAT – Black Sifichi – Xavier Mussat – Bruno Billaudeau – Sandra Abouav – Rodolphe Delaunay – Cie Les temps Blancs (Le mont analogue – René Daumal) – Editions PPT – Luna Park Films – Ravi Shardja , Jean Golo + Expositions Laura Lot – Jerome Poret – Le Colonel et Le comité des autochtones du Bizarre

1/ Lundi 3 décembre à 20h30 au Cinéma Le Méliès
Troubles – Films de Jean-Denis Bonan, 1966-68 Projection proposée par Luna Park Films
Démence, rêve, émeute. Cinéaste insurgé, Jean-Denis Bonan réalise de 1966 à 69 des œuvres troublantes, sur les fêlures de la passion (Matthieu fou), contre la société de consommation (Tristesse des anthropophages, censuré en 1967), du côté de la folie à la clinique La Borde (L’école des fous), sur la révolte de 68 (Le joli mois de mai) . Certains de ses courts métrages sont jusque-là totalement inédits.
https://www.facebook.com/events/395414354330890/
http://lunaparkfilms.blogspot.com
Tarif : 6 et 4 euros
………………………………………………….

2 / Mardi 4 décembre à 20h30 au théâtre municipal Berthelot
I am sitting in a room – WLDN – Joanne Leighton / Alvin Lucier,
proposé par Atelier de Paris / Centre de développement Chorégraphique national
« I am sitting in a room » est une pièce musicale du compositeur américain Alvin Lucier qui prend un texte comme point de départ pour une composition sonore. Dans sa forme parlée, il constitue simultanément le matériau brut et les instructions d’exécution. Le travail chorégraphique emploie le même double processus, utilisant la composition musicale de Lucier. Tout au long de la performance, la position assise subit une série de transformations, pour devenir parfois sculpturale, ou performative ou encore dansée.
Chorégraphie et direction : Joanne Leighton , Musique : Alvin Lucier , Installation sonore : Peter Crosbie , avec Marion Carriau, Marie Fonte, Arthur Pérole, Alexandre da Silva, Lumières : Sylvie Mélis, Costumes : Alexandra Bertault, Joanne Leighton, Décor : Tovo&Jamil
https://www.facebook.com/events/1905634369731761/
Tarifs / 12 / 8 euros
………………………………………………….

3 / Jeudi 6 décembre au théâtre municipal Berthelot
18h Vernissage de l’exposition de collage de Laura Lot* « Selten Gelesene Musik »

20h30 Soirée sonore avec Mirr, Labelle69, le Phonomuseum et le collectif Les autochtones du Bizarre

-La vague : Elsa Biston, Benjamin Sanz et Julien Pontvianne
Un son dense, vibrant où rythmes et texture sont entremêlés et fusionnent, une matière sonore construite autour de battements induits par des sine waves qui entrent en résonance avec la batterie et créent des polyrythmies, des harmonies complexes …La batterie est ici exploitée dans sa composante timbrale autant que pour son rôle rythmique.

-Les Revues phonographiques : Avec Jalal Aro , Bertrand Lamarche, Violaine Lochu, Dominique Petitgand, Jérôme Poret, Marie Reinert + DJ Ravi Shardja
Sous la forme d’intervention brève et orchestrée de disques d’artistes, de connaisseurs et de collectionneurs. Venez découvrir quelques histoires particulières du support phonographique qui a parcouru les deux siècles précédant en leur donnant une lecture singulière jusqu’à nos jours

DJ set de Ravi Shardja aka Xavier Roux,compositeur, musicien soliste ou en groupe (Couloir Gang, GOL, Art & Technique…) mais aussi animateur et DJ de l’émission Epsilonia sur Radio Libertaire (89.4 FM) depuis 2003. Il jouera des galettes vinyliques de circonstance dans le foyer du théâtre à l’entracte et pour clôturer la soirée.

Lancement et signature de Silo, devenir blé, de Marie Reinert, sur le stand de disques et d’éditions de PPT / Stembogen & collègues, complice du festival depuis ses débuts.
Exposition Phonogravure de Mâchefer, de Jérôme Poret v

ENTREE LIBRE SUR RESERVATION
https://www.facebook.com/events/373759966726786/
…………………………………………………

4/ Vendredi 7 décembre à 20h30 au théâtre municipal Berthelot

https://www.facebook.com/events/956859817855293/
Black SIFICHI, Bruno Billaudeau, Xavier Mussat : Projet BRUXOS,
Instruments chimériques insolites inventés par Bruno BILLAUDEAU, guitare électrique augmentée bruitiste de Xavier MUSSAT et le verbe organique et puissant de l’écrivain poète Black SIFICHI. Un voyage immersif et chamanique dans un univers réveillant et bousculant l’imaginaire.

Bordigaga
«Trio internationaliste imperfectionniste performativiste non folk bancaliste : électronique-voix-samples-instruments. C’est hérissé d’aspérités / porosités / ruptures / cachettes à surprises / faux bonds et faux départs.» (Le non_jazz).

Heimat (sur une proposition des Instants chavirés) :
Heimat c’est Armelle (The Dreams, Badaboum…) et Olivier (ex Cheveu) qui tricottent des accroche-coeurs sonores à base de boîte à rythme, samples de musiques orientales et chants en allemand. Le duo a sorti un premier album éponyme chez Teenage Menopause. 10 pistes aux sonorités à la fois élégiaques et électro punk. Des beats entrainants supportés par la voix grave et enveloppante d’Armelle.
https://meineheimat.bandcamp.com/releases
En partenariat avec les Instants Chavirés
Les Instants Chavirés sont depuis 1991 un lieu de diffusion et de création «incontournable» reconnu internationalement et pensé comme un laboratoire des musiques improvisées, expérimentales, bruitistes.
https://www.instantschavires.com

Tarifs : 8 euros

………………………………………………….

5 / Samedi 8 décembre à 21h au théâtre municipal Berthelot
Père Ubu – (Moon Unit)
https://www.facebook.com/events/1912333219076300/
Considéré comme l’un des mythes les plus prégnants du post-punk américain et l’un des pionniers de la musique industrielle, Pere Ubu, dynamite le rock depuis plus de quarante ans. Son leader charismatique David Thomas participe à une multitude de projets (http://www.ubuprojex.com)
Pere Ubu (Moon Unit) revisite le catalogue Ubu et expérimente. Pere Ubu décompose le rock, commence par les refrains, transforme ses chants en incantations où fulmine David Thomas, selon sa formule « Pere Ubu n’incite pas au chaos. Il l’entretient ». Matthieu Conquet
En partenariat avec Le Nouveau Théâtre de Montreuil dans le cadre de Mesure pour mesure
Billetterie : http://www.nouveau-theatre-montreuil.com/fr/programme/pere-ubu
Tarif unique : 11 euros

+ Dj set Jean Golo

6 / Le Mont Analogue d’après René Daumal
Le Mont Analogue est un roman inachevé de René Daumal. Dans chaque culture, une montagne sacrée relie la terre et le monde des dieux : sa base est accessible, mais son sommet inaccessible pour l’homme. Elle lui donne une échelle de l’infini. Trois acteurs s’emparent du livre, et se préparent à partir à sa recherche. De l’improvisation à l’écriture de Daumal, en passant par les traités de géographie et les mythes des cimes, ils créent un territoire imaginaire où le langage est leur piolet et la poésie leurs crampons sur les parois glissantes du Mont Analogue.
Mise en scène : Victor Thimonier, dramaturgie : Léa Carton de Grammont, Scénographie : Amélie Vignals
Jeu : Margaux Desailly, Maxime Kerzanet, Jean-Erns Marie Louise, création sonore : Juliette Sedes, création lumière : Hugo Fleurance
Jeudi 13, Vendredi 14, Samedi 15 décembre à 20h30 Durée: 1h45
Tarifs / 12 / 8 euros
https://www.facebook.com/events/271047423757690/

………………………………………………….

7 / Samedi 15 décembre

à 18h00 au Centre Tignous d’Art Contemporain 116, rue de Paris- Montreuil
Rodolphe Delaunay « La Dimension Sonore des Grottes Ornées » – Durée 15 min
Dans le cadre du finissage de l’exposition de l’exposition « des agents se créent… » Cette performance prend la forme d’une conférence ayant pour sujet la relation entre l’emplacement des peintures qui ornent certaines grottes pré-historiques et les qualités acoustiques de ces emplacements. Cette thèse postule une relation entre son et peinture pariétale.
Entrée libre

à 19h00 au Théâtre municipal Berthelot
Parachutée – Sandra Abouav
« L’ingénieur Dédale, père d’Icare aurait été plus inspiré en dotant son fils d’une toile imitant la méduse plutôt que de plumes imitant l’oiseau. Son fils n’aurait pu être tenté de monter vers le soleil, la toile l’entrainnant irréversiblement vers le bas, bien que ralentissant les effets de la gravité de l’homme et mettant en grâce l’apesanteur. » Sandra Abouav. Un avant-goût de Parachute (création en cours), dans le cadre de l’accompagnement de la compagnie métatarses par les Journées Danse Dense.
Entrée libre sur réservation

………………………………………………….

8 / Exposition Laura Lot – Collages
Vernissage le 6 décembre à 18h au théâtre municipal Berthelot
Exposition du 4 au 8 décembre :
« Avec la série Selten Gelesene Musik (de l’allemand « Musique Rarement Lue », faisant un clin d’oeil au collectif de Dieter Roth, Gerhard Rühm et Oswald Wiener) Laura Lot fouille sa collection de revues musicales. Elle en déchire des pages pour ensuite y composer des collages constitués de matériaux photographiques trouvés. Un édito, une section de critique de disque, une publicité de mail-order, une section de commentaires des lecteurs : la page de presse musicale devient l’espace de création du collage et son support final. Regroupant des pages de revues et fanzines musicaux français, allemands, suisses, italiens ou encore américains (couvrant une période de 1986 à 2016), la série veut recréer une nouvelle page de presse musicale en y incorporant des collages tout en conservant certaines parties de texte essentielles à la mémoire de l’édition originale.Un exercice artistique à mi-chemin entre l’archivage et la reconstruction . http://lauralot.net/

………………………………………………….

https://lasemainedubizarre.tumblr.com/

Théâtre Municipal Berthelot
6, rue Marcellin-Berthelot – MONTREUIL
Métro : Croix de Chavaux
01 71 89 26 70
resa.berthelot@montreuil.fr

Métro : Ligne 9, station Croix de Chavaux (sortie Kléber)

Publié dans arts sonores | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Revue Audimat


Audimat est une revue de critique musicale éditée par le festival Les Siestes Électroniques.

Notre projet : une écriture sur la musique libérée des contraintes d‘actualité et des formats de la presse périodique. Audimat veut rendre compte de la situation actuelle de la pop music, et l‘éclairer par son histoire. Il s’agit de recenser ce qui se passe, d‘aller s‘entretenir avec la musique et son évolution, de se plonger méthodiquement dans l‘expérience musicale, et dans ce qu‘elle implique sur le plan des médiations, de l’imaginaire, de la société, de la pensée, de l’affectivité.

Sources revue Audimat

 

Le dernier opus n° 10

audimat10-website-512x785

SOMMAIRE

Etienne Menu
« Les mirages de la house filtrée »

Julien Bécourt
« Le dépassement psychédélique »

Tim Lawrence
« Qui a gentrifié le NYC post-disco ? »

Sean Nye
« Minimal Deutschland »

Alexandre Galand
« À l’écoute des ruines du capitalisme »

 

 

Etienne Menu
« Music sounds better with who ? »

Qu’est-ce que la house filtrée française a-t-elle eu de plus que ses modèles ? Qu’y a-t-il eu de si spécial, dans sa façon de parler aux auditeurs et danseurs, que ni la disco ni la house américaine n’avaient su obtenir ? Notre co-rédacteur en chef Étienne Menu a essayé dans le texte qui suit de répondre à ces questions en se replongeant dans ses souvenirs de lycéen fan des Daft Punk. Il y est question du filtre pensé comme outil à fabriquer des mirages, de la house parisienne entendue comme version condensée de la forme pop, et de l’inévitable pétrification de l’élan « French touch », en l’occurrence ici associée au raz-de-marée Stardust à l’été 1998. C’est l’occasion pour l’auteur de voir en l’auditeur house un « activateur » de la création, et de revenir sur cette période unique,qui a bouleversé à la fois la musique française et la dance music mondiale.

Julien Bécourt
«Après le psychédélisme : dépasser l’entendement»

Du psychédélisme en musique, on ne retient que trop souvent l’attirail « babos » et le vocabulaire sonore des groupes californiens de la fin des années 1960. Réifiée au fil des décennies et catégorisée comme un genre parmi d’autres, l’approche psychédélique n’a pourtant, par définition, jamais prêté allégeance à une esthétique donnée. Elle est avant toute chose, nous dit le critique Julien Bécourt, une manière radicale d’éprouver le réel et l’irréel : le son y prend la fonction d’un psychotrope, l’expérience d’écoute, sous drogues ou non, doit faire tomber l’auditeur à la renverse, le faire basculer dans un monde dont il va tâcher de déchiffrer les secrets. Loin de la béatitude des paradis sixties, la psychédélie musicale s’est depuis la fin des années 1970 le plus souvent immergée dans les marais acides du monde post-industriel. Des Californiens déglingués de Chrome et des Butthole Surfers aux occultistes londoniens de Nurse With Wound et Coil, Bécourt nous guide à travers ce labyrinthe d’hallucinations auditives. Puis il nous montre comment d’autres artistes, issus de scènes parfois fort éloignées du rock, même le plus underground, ont travaillé depuis les années 1960 sur le potentiel psychoactif du son en lui-même, et sur ses horizons métaphysiques.

 

Tim Lauwrence
« Gros business, déterminisme immobilier et dance culture à New-York, 1980-1988 »

C’est la troisième fois qu’Audimat publie une traduction d’un texte de Tim Lawrence. Si cet universitaire et journaliste anglais nous intéresse tant, c’est sans doute parce qu’il mêle comme nul autre la rigueur académique à la passion de l’activiste et du danseur. Auteur d’une somme sur la disco — Love Saves The Day, 2004 —, d’une biographie d’Arthur Russell — Hold On To Your Dreams, 2009 — et d’une histoire du clubbing new-yorkais au début des années 1980 — Life and Death On The New York Dance Floor, 2016 —, Lawrence nous livre dans le présent article une analyse du paysage des discothèques de Manhattan, au prisme de la spéculation immobilière et de la gentrification au milieu des eighties. S’appuyant sur des sources variées — entretiens avec des témoins, études d’autres chercheurs, articles de presse —, il retrace l’histoire des lieux et des acteurs qui ont composé cette scène au fil des années, en particulier dans la pointe sud de l’île, que l’on appelle Downtown. Entre récupération de la dance music par les majors, épidémie du VIH, artistes en quête de lofts et yuppies en goguette, c’est tout un monde de liberté et d’invention qui va en quelques années se retrouver précipité dans le gouffre néolibéral.

 

Sean Nye
« Théories minimales : l’esthétique berlinoise et l’héritage de la techno allemande »

On a souvent parlé de la techno minimale allemande comme d’une musique dont l’austérité et l’abstraction de façade ne révélait ses secrets qu’aux adeptes des marathons de clubbing berlinois sous kétamine. Si elle est loin d’être inexacte, cette description ne doit pas non plus faire oublier que le minimalisme électronique d’outre-Rhin n’est pas né au Berghain. Dans cet essai, le chercheur américain Sean Nye fait remonter le fil de son histoire jusqu’aux années 1970 puis identifie au milieu des années 1990 le tournant « minimal » pris par une culture techno allemande jusqu’alors dominée par des courants plus populistes. Nye puise dans les années qu’il a passées à Berlin pour évoquer l’existence, au-delà d’une simple esthétique sonore, d’un véritable lifestyle vendu à l’international. Mais il souligne en même temps qu’en dépit de la portée globale et cosmopolite de cette « bulle » de la minimale, cer- tains de ses pionniers et créateurs les plus inspirés, en l’espèce Wolfgang Voigt et Uwe Schmidt, ont chacun à leur façon ancré leur production sur un terrain profondément allemand. Nye propose ainsi une lecture très stimulante de cette culture musicale en général considérée comme apatride et anonyme.

 

Alexandre Galand
« Écouter dans les ruines du capitalisme : enregistrements de terrain et formes de vie »

Après l’ASMR et les disques de poésie dans notre précédent numéro, Audimat s’intéresse à nouveau à une question relevant davantage du son que de la musique : celle de l’enregistrement de terrain, et en l’occurrence celle de l’enregistrement dit « audio-naturaliste ». Le Belge Alexandre Galand, auteur en 2012 d’un formidable livre sur le sujet (éd. Le Mot et le Reste) et défenseur de la sphère « terrienne » plutôt qu’humaine, aborde ici le field recording comme écoute et usage du monde à l’heure où celui-ci se présente comme « Capitalocène ». SeloGaland, le microphone du documentariste doit se faire capteur des fantômes qui hantent les ruines du capitalisme. Pour nous déconditionner, nous devons prêter attention aux sons de la faune et de la flore, mais également aux sons industriels ou mécaniques qui résonnent à la surface de notre planète. Écouter ces bruits, c’est les mettre en commun, les localiser, les faire exister plus fort que les fréquences assourdissantes de l’apathie. S’appuyant aussi bien sur l’étude des signatures acoustiques de certains animaux que sur un disque d’enregistrements de terrain réalisés dans le région de Tchernobyl, Galand nous montre comment l’écoute de ces documents audio peut recréer un lien entre terriens, qu’ils soient femmes, hommes, enfants, insectes ou oiseaux.

Publié dans arts sonores | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Écritures hybrides 2018 – conférences et performances


ecritures-hybrides_banner-flyers-recto_rhizome_art-sonore_poesie_art-numerique_transcultures-2018-768x541

Vendredi 14 décembre 2018 de 14:00 à 20:30

Le Vecteur30 rue de Marcinelle, 6000 Charleroi

Projet de diffusion axé sur les prises de risque et les formes hybrides, Écritures est né d’un partenariat entre Rhizome et Transcultures et se présente, alternativement depuis cinq ans, entre le Québec et la Belgique. Pour cette présente édition, Transcultures se fait l’hôte de l’événement en présentant, à l’instar de ce qui fut fait à Québec en novembre/décembre 2017, des duos auteurs/artistes ainsi qu’une journée de réflexion consacrée aux nouveaux modes d’écritures et de créations littéraires multimédiatiques. #Écritures2018

Présentations

14.12.18 ╱ Le Vecteur ╱ dès 14 h
15.12.18 ╱ Projection Room ╱ en soirée

Avec les duos formés de Vincent Tholomé & Maja Jantar (Be), Vanessa Bell & Etienne Baillargeon (Qc), Simon Dumas et Mickaël Lafontaine (Qc/Fr), ainsi que Eric Therer (Be) ✚ invité surprise.

Et avec la participation des universitaires et chercheurs Sofiane Laghouati, conservateur et chargé de recherche au Musée royal de Mariemont (Be), et Ariane Savoie, étudiante au doctorat en cotutelle entre l’UQÀM (Mtl) et l’Université de Louvain-la-Neuve (Be).

Au programme

14 h 10 : mot de bienvenue Philippe Franck ✚ Simon Dumas
✚ ouverture des « Vidéopoésies » de Philippe Franck ╱ Zoe Tabourdiot (entrée du Vecteur) + installation de Mickaël Lafontaine (galerie V2) + Poésie tactile de Rhizome littérature vivante
14 h 25 : performance d’Eric Therer ✚ invité surprise (bar)
14 h 50 : intro de Philippe Franck aux problématiques Écritures Hybrides (salle de spectacle)
15 h : interventions de Sofiane Laghouati, puis de Vincent Tholomé
15 h 45 : pause café (bar)
16 h : intervention d’Ariane Savoie ✚ « performance croisée » de Simon DumasMickaël Lafontaine
17 h 30 : apéro + snack (bar)
18 h 30 : performances des duos Vanessa BellEtienne BaillargeonMaja JantarVincent Tholomé

Écritures hybrides est un partenariat Rhizome littérature vivante/Transcultures – Media Arts Center, avec le soutien du Canada Council for the Arts | Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, de la Commission mixte permanente Québec/Wallonie-Bruxelles soutenue par le Ministère des Relations internationales du Québec et Wallonie-Bruxelles International, de la Présidence de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Délégation du Québec à Bruxelles.

Publié dans arts sonores | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Festival BRUITS BLANCS #8


arton1

arton8

En savoir plus : http://bruitsblancs.fr

Publié dans arts sonores | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Exposition, performances, « Extended Score » L’Autre Musique


44404741_1997833753611266_2271984094097178624_n

Extended Score

Jeudi 15 novembre 2018 de 20:00 à 23:00

Le Cube – Centre de création numérique

20, cours Saint Vincent, 92130 Issy-les-Moulineaux

PERFORMANCES—

20H00 Frédéric Mathevet et Hélène Singer

Cut to the bones (Sketch mix) pour deux synthétiseurs, voix et os Frédéric Mathevet (voix : Hélène Singer)

Cut to the bones est une partition spécifique prolongeant les objets spécifiques de Donald Judd. Ni tout à fait une partition traditionnelle, ni tout à fait une installation à activer, ni vraiment une performance. Un moment de rencontre, une panique sémiotique salvatrice partagée : le déchiffrage perpétuel d’une épiphanie perpétuelle.

20H30 Méryll Ampe

Dans son travail sonore, Méryll Ampe établit des liens entre sa pratique musicale et plastique. Elle puise dans des techniques directement liées à la sculpture : tailler dans la masse, modeler, sculpter. Des éléments acoustiques captés dans son quotidien et des sources sonores récoltées, enregistrées, sont travaillées de manière empirique, en ajoutant des « outils sonores » : électroniques, analogiques, cassette et batterie… Ce processus interroge la matière qui travaille souterrainement et en relief. Avec un intérêt permanent pour les volumes, les masses, la rugosité, la porosité, la taille directe, le brut, les ponctuations, les limites, l’artiste renvoie à la « chair » du son.

21H00-21H30 Entracte

21H30 Crimersmois Matthieu

Etch-a-Scratch

Outil d’analyse graphique de la gestuelle et instrument de dessin et de performance sonore (concert dessiné), Etch-a-Scratch est un moyen de représenter un dessin abstrait ou figuratif accompagné de sons mixés et scratchés en temps réel aux platines vinyle. Matthieu Crimersmois a créé cet instrument (inspiré du célèbre jeu du Télécran – en anglais Etch-a-Sketch) pour réaliser des performances scéniques au cours desquelles il dessine une (des) oeuvre(s), qui peuvent ensuite être tirées sur dibond à la manière d’une photographie ou d’un tableau. L’artiste engage ainsi une vaste réflexion pratique, à la fois hypnotique et intrigante, sur les rapports image/son, sens/non sens, forme figurative/forme abstraite.

22H00 Anton Mobin

« On est toujours dans des microcosmes avec Anton Mobin, des petites choses qui deviennent audibles, des manipulations qui finissent par créer une sorte de trou noir autour duquel tout un monde sonore s’organise et par lequel tout sera aspiré. » (Darby Mullins)

EXPOSITIONS—

14H00-23H00 Colin Roche (performance)

Le livre des Nombres

« Dans la vie d’un compositeur, c’est infime, le temps d’écriture par rapport au temps de la pensée. Je voulais trouver un moyen de le matérialiser. Après l’avoir réfléchi, j’ai construit un système qui fait que quand je suis à la table, tant que je n’écris pas de musique, mais que je la pense, j’écris le silence du fait de ne pas écrire de musique, qui est rapporté schématiquement à mon battement cardiaque, c’est-à-dire à ma présence à la table. Parce que le cœur est finalement très rattaché à ma présence physique, mais aussi à toutes les émotions qui peuvent me traverser.» (Extrait de l’entretien à paraître dans L’Autre musique #5 : Partitions)

Emmanuelle Bouyer (installation)

Ravissements lumineux, Activation 01

La question des partitions comme une tentative d’épuiser en moi le retentissement du flux de la lumière, se déploie ici dans un dispositif spatial : depuis la captation des rayons solaires lors de la chasse de lumière saisie de rayons de soleil , état d’affût exigé, retranscrits en paillettes sur les transmetteurs transcriptions des saisies en paillettes sur plastiques transparents, jusqu’à l’apparition de ravissements lumineux apparitions furtives de lumière depuis les transmetteurs. La création sonore de Ludovic Picard, écrite pour une chasse d’ombres, renvoie à la saisie initiale de la chasse.

@Mathias Poisson (installation)

Translations

Une sélection inédite de partitions de promenades pour glisser une bonne dose d’expérimentation dans la moindre marche quotidienne.

BIOS—

Après une formation de sculpture à l’Ecole Boulle, Méryll Ampe développe durant son cursus aux Beaux-Arts de Paris Cergy (DNSEP) un travail de création plastique et sonore. Pendant ses études, elle a pu travailler et assister principalement les artistes sonores comme Octavio Lopez et Robin Meier à Paris, et Manuel Rocha Irturbide à Mexico. Elle réalise des performances sonores à l’invitation de lieux ou de festivals comme, Bruit Blanc, E-Fest, Les Instants Chavirés, Le Non Jazz, (h)ear, le Mac/Val, le Palais de Tokyo et les Centre Pompidou-Paris et Metz, Présences Electroniques, LUFF. Son travail évolue à travers différents médiums auprès d’artistes, de musiciens, de chorégraphes et de vidéastes, tels le collectif COAX, le duo Konpyuta, Yvan Etienne, le collectif Supernova, Christian Rizzo, Mélanie Perrier, Fernando Vilchez, Davor Sanvincenti, Elsa Brès, Gwenola Wagon et Stéphane Dégoutin. http://meryllampe.com/

Emmanuelle Bouyer développe un travail sur la perception, l’apparition, le suspend ou plus précisément sur « l’apparaître » et « le disparaître », ce qu’elle appelle la « disparance ». L’artiste approche différents territoires, à l’intérieur desquels la relation à la lumière solaire, ou plus largement aux atmosphères et à leurs états insaisissables reste présente. Ses productions prennent différentes formes du dessin à la performance (chasse de lumières), à la vidéo, à l’installation. Architecte de formation, Emmanuelle est artiste et maître de conférence des écoles nationales supérieures d’architecture. Elle est co-directrice artistique du LEM, Laboratoire d’étude du mouvement, département scénographique de l’école Internationale de théatre Jacques Lecoq au sein duquel elle enseigne. Elle est représentée par under construction gallery, Paris.http://www.underconstructiongallery.com/untitled

Matthieu Crimersmois est né à Paris, a grandis à Boissy-Saint-Léger dans le département du Val de Marne. Coincé dans cette petite ville de banlieue mélangeant zone pavillonnaire, quartier sensible et campagne, il commence à l’âge de 9 ans à dessiner dans sa chambre pour faire passer le temps. Vers l’âge de 11 ans, en traînant dehors avec ses complices, Matthieu découvre la musique hip hop. Il est passionné par la sonorité des scratch et des mixages de dj CutKiller ou encore DJ Abdel. Les platines représentent pour lui la possibilité de diffuser le quotidien des jeunes de banlieue, pris entre bagarres, contrôles de police, échec scolaire, fumette et conneries de gosses. Dès l’âge de 17 ans, il exerce le scratch et le mixage et apprend les techniques par vidéo sur bande VHS avec AKDMIX. Orienté dans le commerce au collège par une conseillère peu rigoureuse, il décide de stopper cette voie après son bac pour entrer à l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes. Il développe son propre outil artistique mélangeant art plastique et art sonore. http://matthieucrimersmois.wixsite.com/mattcrime

« Rien n’est écrit dans le marbre ! » : tel est le leitmotiv qui parcourt le travail artistique de Frédéric Mathevet. Dessins, matières sonores et signes se chahutent dans l’atelier. L’œuvre, qui ne peut alors être que nomade, devient un espace centrifuge de métamorphoses, de confrontations et de contaminations. Couture, métissage et rhapsodie sont les gestes poétiques privilégiés de ce méta-atelier auscultant notre « grand cluster vivant ». Musiques vagabondes, installations sauvages (mais qui respectent leur milieu), dessins et écritures au diapason d’un présent comme il tombe, attaquent à la face puis esquivent par retrait du corps ; la mémoire collective, l’identité et l’uniformisation mondiales promues par une loi de marché globalisante et toutes les sémiocraties en vigueur escampent ! Les œuvres de Frédéric Mathevet veulent remettre sur le chantier notre façon d’habiter le monde. Parce qu’un autre monde sensible est possible. Plasticien sonore ouvert à tout polymorphisme, à toute mutabilité, il se définit lui-même comme un « bricoleur » enchevêtrant les supports qu’ils soient numériques, picturaux ou sonores, comme le vecteur d’un langage plastique indocile, autrement dit, qui « résiste à l’apprentissage des signes et remet sans arrêt l’arbitrarité et l’inégalité des signes qui construisent le réel » sur le chantier. https://www.fredericmathevet.com

Musicien improvisateur et luthier expérimental, Anton Mobin, développe ses propres instruments électro-acoustiques depuis 2008. dont le nom générique est « chambre préparée ». La troisième version a été récompensé lors du Hugh Davies Project Residency. Anton développe un large réseau à l’international et a su fédérer autour de sa pratique aussi bien les pionniers de la musique improvisée en Angleterre, avec qui il travaille régulièrement (comme Steve Beresford, Neil Metcalfe, Charlie Collins, Adam Bohman ou encore le London Improvisers Orchestra…) comme la jeune génération rageuse de la scène « New and Improvised Music » à Londres (avec à sa tête Benedict Taylor, Colin Webster, Tom Jackson, Daniel Thompson entre autres). Il collabore aussi sur des projets plus fantasques avec des légendes comme Jello Biafra, Bryan Lewis Saunders, Alexei Borisov…http://antonmobin.blogspot.com/

Depuis 2001 Mathias Poisson développe ses recherches artistiques autour des pratiques de promenades. Auteur de guides touristiques expérimentaux, dessinateur de cartes sensibles, guide de visites artistiques et aventureuses, il questionne les modes de représentation de la promenade autant par l’écriture, le dessin, la performance et l’installation. Son approche est basée sur la traduction et l’appropriation des sensations au contact des espaces publics. Les processus qu’il met en œuvre sont généralement collectifs, faisant appel à d’autres artistes ou à des participants amateurs. Ses projets sont systématiquement abordés comme des expériences in situ à partir desquelles émergent des formes artistiques contextuelles.

Colin Roche est né en 1974. Pianiste de formation, diplômé de Sciences Po, il est aussi titulaire d’une maîtrise de Composition, d’un D.E.A. de Musicologie sur les rapports entre musique et politique, et de deux D.E.M. en Culture Musicale et Composition. Il a notamment été l’élève de Philippe Leroux, puis de Brian Ferneyhough et Luca Francesconi dans le cadre de la Session Voix Nouvelles de la fondation Royaumont en 2004. Il a été lauréat de l’Académie des Beaux-Arts en 2008, de la Fondation Beaumarchais en 2015, et a reçu le Prix Claude Arrieu de la SACEM en 2012. C’est dans le transdisciplinaire que Colin Roche creuse le plus souvent son sillon : le plasticien Simon Artignan, l’écrivain Sébastien Brebel, avec lesquels il travaille régulièrement, sont des partenaires artistiques de vie. Petites économies de nos pollutions (2004), La robe des choses – installation concertante (2006) ou l’opéra Le carnet de Grim (en cours) en sont les fruits. Particulièrement attentif au geste de l’interprète, à ce qui entoure la forme sonore, mais aussi à l’idée même de l’écriture musicale, son travail gravite autour de quelques figures fortes, tels le poète Francis Ponge, le réalisateur Robert Bresson ou le peintre Roman Opalka. Ainsi ont vu le jour ces dernières années des projets comme la performance Le livre des Nombres (2016), les études de voix Roman au miroir (Sisyphe à ma table) (2017) ou la première de ses études de main, Mouchette (2017).Ses œuvres sont publiées par les Editions Jobert – Paris et Maison ONA – Paris.http://www.colinroche.com/

Hélène Singer est artiste pluridisciplinaire, docteur en art et enseignante aux Beaux-arts de Versailles et à l’Université Paris 8. Elle contribue à des livres et revues esthétiques ; elle a publié en 2011 Expressions du corps interne. La voix, la performance et le chant plastique (L’Harmattan) et a dirigé en 2016 la revue Ligeia « Art et animalité ». Douée d’une formation en chant lyrique, elle produit en solo des performances vocales et collabore régulièrement avec des compositeurs électro ou acousmaticiens.www.helenesinger.net

Publié dans arts sonores | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Festival « Musiques démesurées »


site-internet-md-20_1

 

Ce festival de la capitale Auvergnate, aujourd’hui Auralpine, est certainement ce qui se fait de mieux en matière de brassages auriculaires, rencontres surprenantes, heureux mélanges des genres, inventions ludiques, sérieuses, et expérimentations de tout crin.

Machines, bricolages, jeux instrumentaux, vocaux, lieux insolites, siestes ou balades, trucs hors-normes, conférences, le programme met l’eau à la bouche, fait saliver l’oreille, donne envie de bien s’entendre avec une écoute largement contemporaine, qui ne se prend pas le chou,  l’oreille en feuille de chou, en colimaçon, en fête…

Desartsonnants rêve d’ailleurs d’y tendre un jour ses oreilles et micros…

 

Demandez le programme et surtout, courrez y !

http://www.musiquesdemesurees.net/lefestival/programme.html

 

Pour en savoir plus

http://www.musiquesdemesurees.net/

Publié dans arts sonores, festival | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Apparition/Disparition


images

Le commando des souffleurs poétiques, 

Apparition disparition

Tout d’abord, sensible aux mots et aux images qu’ils véhiculent, j’aime le nom de ce Commando des souffleurs poétiques.

Certes, le commando est a priori un brin guerrier, mais il est si vite adouci, voir pacifié par le complément des souffleurs poétiques.

Souffler de la poésie, qui plus est au creux de l’oreille, est une très belle chose, surtout dans un monde trop souvent emballé et chaotique.

Un commando pacificateurs qui prodigue des douceurs textuelles est donc forcément le bienvenu.

Souvent, je pense que le geste culturel en espace public est d’autant plus fort s’il participe à la diffusion et le partage d’idées généreuses et bienveillantes, sans toutefois tomber dans une zénitude lénifiante à l’eau de rose.

De la première fois où je me suis fait cueillir par le commando, à la descente d’un bus, au centre de Besançon, doucement abordé par un groupe de personnes toutes de noir vêtues, parapluies noirs, longues cannes creuses noires en main, je m’en souviens encore très fortement.

En silence, dans de lents mouvement, cette étrange troupe venait nous susurrer à l’oreille, à distance, à l’aide de leurs tubes « rossignols », je crois que c’est leur nom exact, des bribes de poèmes, de textes philosophiques…

Dispositif simple s’il en fut, mais d’une efficacité sans pareil.

L’effet de surprise nous ravit, dans ces rencontres pour le moins inattendues, ces instants suspendus, ces décalages sensoriels où la ville devient soudain plus souriante, apaisée, poétique, dans tous les sens, voire l’essence du terme.

 

image

 

Ces silhouettes noires, qui pourraient de prime abord inquiéter, sont pourtant vectrices de douces paroles, avec à la fois une pertinente distance, celle de leurs cannes, et jouent sur une incroyable proximité intimiste, celle d’avoir leurs voix, leurs souffles au creux de l’oreille.

Le choix des texte est varié judicieux, parfois surprenant, parfois douce provocation vocale, et façon originale d’apporter la lecture, le texte, l’image mentale, à portée d’oreille du passant. Les textes peuvent nous cueillir, si ce n’est nous accueillir au coin de la rue, d’une terrasse de bar, d’un hall de médiathèque, à l’orée d’une forêt, une descente d’un bus…

Nous somme ici dans une forme d’intervention qui peut apparaitre dans l’espace public aussi vite qu’elle peut disparaître, s’évanouir dans la ville, en ne laissant comme trace fugace et néanmoins tenace, que la réminiscence mémorielle de ces corps sombres, et de ces voix qui sont entrées en nous, dans notre pavillon personnel. Apparition/disparition dit bien le côté éphémère de l’action, du mot qui sonne doucement comme il s’éteint très vite. 

L’espace n’est en rien troublé par une surenchère bruyante, tout reste dans le chuchotement que seule perçoit la personne abordée. La non invasion sonore, en tout cas systématique, d’un espace public est une posture de la création qui m’habite et me questionne de plus en plus.

Ce sentiment que notre intimité a été à la fois bousculée et respectée, surprise et protégée, est une des grandes forces de ces gestes minimalistes qui jouent sur des rythmes mouvants, des ombres presque fantomatiques au cœur des cités.

Il y a quelque chose de l’ordre d’une esthétique de la fragilité, où le sonore est l’expression d’une force tranquille, pour rester dans l’ambiance littéraire de l’effet textuel oxymorique.

Souffler c’est bien jouer, et si vous croiser le commando, tendez leurs l’oreille, elle vous en sera grandement  reconnaissante.

 

5045-11

https://www.les-souffleurs.fr/

Publié dans arts sonores, performance | Tagué , , , , , | 5 commentaires

Exposition Musiques Murales


image

 

Vernissage mardi 16 octobre du 18 à 21h

exposition jusqu’au 27 octobre 2018

« Musiques murales », une exposition transgénérationelle et transnationale conçue par Frédéric Acquaviva avec 

Frédéric Acquaviva (1967, FR/UK), Alberto Bernal (1978, SP), Alvin Curran (1938, US/IT), Denis Dufour (1953, FR),Tom Johnson (1939, US/FR), Andy Ingamells (1988, UK),Johannes Kreidler (1980, DE), Loré Lixenberg (UK), Alvin Lucier (1931,US), Pierre Mariétan (1935, CH/FR), Phill Niblock (1933, US), Pauline Oliveros (1932-2016, US),Jacques Rebotier (1947, FR), Louis Roquin (1941, FR),Jeremiah Runnels (1982, US/Sl), Mathius Shadow-Sky(1961, FR), David Toop (1949, UK) et Trevor Wishart (1946, UK) Marie-Sol Parant (1968, FR)

Publié dans arts plastiques, arts sonores | Tagué , , , | Laisser un commentaire

L’art des bruits


41qfjyz2bb2bl

L’art des bruits, ou les bruits de l’art

Peut-on faire de l’art avec des bruits ?

Bruits de l’art, l’air des bruits…

Peut-on ériger le bruit, ou certains bruits, vers un statut d’œuvre artistique, tout au moins de composants participant à l’écriture esthétique ?

Ou bien maîtriser un art de la construction bruitiste, comme un  artisan bricoleur  qui aurait le don, ou cultiverait la pratique de l’agencement de sons, certain triviaux, non musicaux, y compris ceux considérés (à tord ?) comme laids?

Il fut un temps, en 1913 où, sous un courant de pensée et d’actions futuristes, les bruits se manifestèrent, ou plutôt firent manifeste.

L’artiste italien Luigi Russolo avait une profonde admiration des machines, de la vitesse, des nouvelles industries.

Il le manifesta donc par un écrit qui reste encore une forme de provocation questionnante.

Il s’agit bien de l’Art des bruits.

Un manifeste est un pavé dans la mare, qui éclabousse alentours, ici notamment la vision musicienne, le statut de l’orchestre, de l’interprète, du compositeur.

Pourquoi les sons de la ville ne seraient pas instruments, ne constitueraient pas un orchestre, une réserve de matériaux sonores à utiliser, délaissant, voire supplantant définitivement cordes et cuivres, percussions et flutes à bec.

… Traversons ensemble une grande capitale moderne, les oreilles plus attentives que les yeux, et nous varierons les plaisirs de notre sensibilité en distinguant les glouglous d’eau, d’air et de gaz dans des tuyaux métalliques, les borborygmes et les râles des moteurs qui respirent avec une animalité indiscutable, la palpitation des soupapes, le va-et-vient des pistons, les cris stridents des scies mécaniques, les bonds sonores des tramways sur les rails, le claquement des fouets, le clapotement des drapeaux. Nous nous amuserons à orchestrer idéalement les portes à coulisses des magasins, le brouhaha des foules, les tintamarres différents des gares, des forges, des filatures, des imprimeries, des usines électriques et des chemins de fer souterrains. Il ne faut pas oublier les bruits absolument nouveaux de la guerre moderne… « Arte dei Rumori »

russolointonorumori

Dès le début du siècle, se construisaient en Italie des machines bruitistes, avec des manivelles, ressorts et objets frappeurs, racleurs…

Les Intonarumori , bruiteurs, questionnent toujours.

Auparavant, Eric Satie avait déjà commis des musiques d’ameublement, qui couvriraient certains sons indésirables, comme une nappe, un habillage.

Le statut de la musique était déjà un brin écorné par un trublion libre penseur, et compositeur de surcroit.

L’acousticien Russe Arseny Avraamov dirigera du haut d’un immeuble un orchestre de sirènes et autres hurleurs bruiteurs urbains. Il traitait Sébastien Bach de « grand criminel devant l’histoire » et qui préconisait de brûler tous les pianos, se met en place la Symphonie des Sirènes.

Raymond Murray Schafer, père du « Paysage sonore et de l’écologie sonore, enregistrera des symphonies portuaires, qui se développeront, via un geste compositionnel,  dans d’autres lieux.

John Cage,  fera du bruit une sorte de vedette, en instaurant 4’33 » minutes de silence « orchestrées » qui lui laisseront de la place pour, paradoxalement, se faire entendre.

Par la suite, un chercheur théoricien, Pierre Schaeffer, lui aussi compositeur, père de la musique concrète, écrira un solfège des objets musicaux, où trains et autres choses incongrues viendront élargir la palette d’un orchestre, qui n’en serait plus vraiment un, si ce n’est de haut-parleurs.

La musique, pouvait alors faire du bruit, et vice et versa, jusqu’aux courants indus, et même au-delà.

Fluxus fera du happening en cassant des instruments, pourtant musicalement nobles, piano compris.

Guitar Drag de Christian Marclay fera entendre la plainte déchirante d’une guitare trainée à l’arrière d’un pick-up, double référence aux happening fluxussiens, et autre pires atrocités racistes d’une population colonisatrice.

Un bruit de contestation à des époques où remettre en question était non seulement autorisé,  mais de mise.

Le bruit est-il le pendant, ou la contestation du beau son, pur, lisse, admis par la musicologie, l’organologie comme une norme esthétique quasi indéboulonnable ?

Le noisy  a t-il envahi les installations sonores, des concerts, et autres espaces où hurlent une horde de décibels assourdissants.

L’électricité, la synthèse sonore, ont-elle développé un courant bruitagène qui tenterait de se faire entendre, par dessus la rumeur de plus en plus puissante et chaotique de nos cités ?

Le bruit est-il (toujours) surenchère ?

Dans une époque où écologie (sonore) et anthropocène sont souvent convoqués, l’art des bruits préfigurait sans doute la conscience d’une forme de dérèglement naissant, de chaos en marche, où une fois lancée, la grande machine tonitruante serait difficile à canaliser, à contrôler, et au final à arrêter. Il s’agit là d’une hypothèse.

Lorsque Tinguely construisait ses machines aux mouvements spasmodiques et bruyants, jusqu’à l’hypothèse de leur auto-destruction,  nous étions encore dans une recherche de bruits mécaniques, peut-être métaphore d’une finitude à venir, comme les trompettes de Jéricho annonceraient une apocalypse écroulant les plus solides murs forteresses.

Les bruits qui courent, de plus en plus vite, au-delà de la rumeur, sont des avertisseurs de limites tolérables, comme d’ailleurs ceux qui disparaissent, laissant place à des silences grandissants dans les forêts profondes.

Il nous faudrait sans doute revenir à un art des bruits apaisés, nouveau manifeste pour une construction d’aménités audio paysagères, nouvelles musiques de bruissements, comme le Jean-Christophe de Romain Roland, chef-d’orchestre, dirigeait silencieusement les nuages par les vents interposés.

Mais dans une époque de fureurs et de bruits, faire machine-arrière, ou seulement stopper, limiter une fuite vers un avenir assourdissant  n’est pas, et ne sera pas chose simple.

Texte intégrale (français de « L’art des bruits » https://monoskop.org/images/0/07/Russolo_Luigi_L_Art_des_bruits_Manifeste_futuriste.pdf

Publié dans arts sonores | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

4’33


Voila, c’est décidé, je me lance, dans une nouvelle chronique, qui d’ailleurs n’en est pas vraiment une.

Plutôt un objet textuel non identifié, sans forme ni format précis, si ce n’est les caprices et autres dérives parfois, de son rédacteur.

Pour cela, une liste d’œuvres sonores fut dressée, parmi celles qui marquèrent, et marquent encore le blogueur ici écrivant; des coups de cœur sans doute, liés à des circonstances, rencontres, ou à je ne sais quoi d’autre de non ou peu identifiable dans l’absolu.

Puis un texte en voie d’écriture, en rapport, des mots et des phrases, résonnant avec l’œuvre, l’artiste, se mettant en écho, non pas façon forcément historique, ni critique, mais plutôt dans une approche instantanément instinctive, affective, bref très libre.

Enfin nous verront bien ce qu’il en résultera…

Au départ, l’idée était de partir sur une liste de dix œuvres, soit emblématiques, soit ayant signé pour moi de belles rencontres, ouvert des réflexions qui m’habitent encore. Mais il s’avéra que ce numérus clausus très fermé, trop resserré, me plongeait dans une grande frustration. Donc une autre dizaine fut rajoutée, puis une autre, puis une autre, portant à ce jour la liste à quarante œuvres « élues », tout genre confondus.

Restait à définir par laquelle j’allais entamer ce petit chantier d’écriture, et l’ordre alphabétique me parut, une fois de plus, pour couper court à trop d’hésitation, de hiérarchisation, comme un procédé optimum et égalitaire dans le traitement. La mise en tableau trié de cette liste fit donc apparaître en premier Monsieur Cage en personne, avec 4’33, le temps d’une musique hors-norme.

455036373737_1

4’33

Tout d’abord,  du silence (habité), un rituel, une partition, un séquençage qui puise dans l' »habituel » musical pour finalement sortir des sentier battus sonores

Une matière sonore qui n’est pas celle que l’on attendait, là où on l’attendait, mais qui est belle et bien présente, tapie dans le dit silence, rebelle et capricieuse

Une injonction à s’ouvrir sur un inconnu, au risque de s’y perdre un brin, mais de retrouver un autre entendement

un manifeste, élargissement de l’écoute vers… Peut-être pour qui sait entendre

Des portes elles aussi ouvertes à l’extérieur

Une alarme de téléphone mobile non polluante, un emblème de l’écologie sonore

De l’incompréhension face à un ovni dont le sens, a priori, a au départ échappé au commun des écoutants, et que dire des communs des mélomanes

Et l’humour de John Cage, qui n’y est certainement pas pour rien

Un coup de pied, parmi d’autres, chez cet artiste, dans une fourmilière sono/musicale qui ne demandait une fois de plus qu’à s’agiter, au grand dam des oreilles sages chastes

Les limites du silence, voire son impossibilité flagrante, obsédante; métaphysique comprise

Avec le Discours sur rien, une synthèse manifeste, qui cache bien son jeu

Un pendant conceptuel à des œuvres blanches, contemporaines, à un minimalisme (musical) Américain

Une œuvre qui évite sans doute aux éditeurs de longues mises en page, voire des frais d’impression

Et qui de surcroit peut être écoutée par tous, surtout par des sourds muets, ainsi à égalité sensorielle 

Un sommet « historique » en quelques minutes seulement et trois mouvements

Peut-être une des vraies œuvres open source, que tout un chacun peu se réapproprier (en citant les sources), en solitaire ou avec un public – averti, au sens premier du terme.

Un très long point d’orgue, néanmoins installé dès le début

Une œuvre prolongeant celle d’Alphonse Allais « Marche funèbre composée pour les funérailles d’un grand homme sourd« , humour compris

Si un bruit vous dérange, écoutez le (et vous l’aimerez)

Tacet

Tacet

Tacet

 

 

Publié dans arts sonore | Tagué , , , | Laisser un commentaire