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Paysages sonores, chemins d’écoute, création sonoreDesartsonnants en écoute

 

DONS PICT

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Soundwalking


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J’aime à considérer le Soundwalking comme une sorte d’Arte Povera de l’art sonore.

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Dans la famille des arts sonores, je voudrais…


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© Image, revue Syntone

 

Des activistes qui :

* Soient plasticiens mais puissent utiliser également  le média son
* Soient musiciens ou artistes sonores mais puissent pratiquer aussi les arts plastiques
* Soient performeurs, improvisateurs, poètes sonores, lecteurs, souffleurs de mots…
* Pratiquent la vidéo mais travaillent aussi le sonore à importance au moins égale avec l’image
* Travaillent sur l’espace de monstration, l’architecture, par des installations in situ, des parcours d’écoute
* Travaillent le sonore et le multimédia pour et avec les outils et canaux de l’Internet
* Travaillent sur des installations ou sculptures environnementales, soient défenseurs de l’écologie sonore (Sound Ecology, Soundscape, fields recording…), investis dans leur paysage sonore au quotidien, garants d’une belle écoute…
* travaillent autour de la création radiophonique pour élargir le champ d’écoute des radios « déversoirs à musiques »
* Travaillent autour du graphisme ou des arts visuels et plastiques, comme potentielle représentation du sonore
* Pratiquent la sculpture sonore, la « bricophonie », la lutherie sauvage pataphonique, expérimentale, l’objet de récupération installé…
* Travaillent à la construction de réseaux, de mobilité, de créations collectives, de « WebSoundCam »…
* Travaillent dans le domaine des arts de la rue en développant de nouvelles créations sonores en espace publique
* Soient directeurs artistiques de labels indépendants, croisant production discographiques, installations, performances, objets graphiques et plastiques…
* Travaillent autour des différentes formes du design sonore ( signalétique, sons d’objets, habillages sonores de radios, de sites internet, de supports audio et vidéo, créations pour le spectacle vivant…)
* Soient musiciens acousmates mais sortent des lieux culturels habituels pour installer leur sons hors les murs des salles de concerts
* Travaillent par le biais de la lutherie expérimentale, électronique ou non, à la conception de nouveaux instruments, ou d’instruments améliorés, détournés, adaptés…
* Explorent des voies pluridisciplinaires et sont difficiles à classer dans les catégories « classiques » (Musiciens, plasticiens, acteurs, luthiers…)
* Collectionnent amoureusement instruments ou objets sonores, ou média, pour tenter une « petite histoire du son »
* Soient organisateurs ou initiateurs de festivals, de rencontres, d’expositions autour des arts sonores (ils sont hélas encore bien rares à s’y aventurer franchement)
* Travaillent à l’écriture d’une histoire, ou d’une parcelle d’histoire, des arts sonores
* Enseignent un ou plusieurs domaines des arts sonores, ou tout au moins sensibilisent les étudiants des écoles d’art, de musique…
* Travaillent à la construction de ressources documentaires autour des arts sonores (exercice difficile aux vues des ramifications et imbrications inhérentes à ces pratiques)
* Travaillent à la conception d’objets, de sculptures ou d’installations sonores ludiques, pédagogiques…
* Conçoivent des audio-guides spécifiques, des soundwalks, des jeux de rôle sonores in situ…
* Maltraitent des jouets sonores pour les faire accoucher de nouveaux sons, les transformer en synthétiseurs du pauvre, sont adeptes du Circuit Bending et du D.Y.I…
* Soient adeptes de la création numérique avec un fort penchant pour le sonore
* Amènent le sonore dans des musées ou expositions, considérant la valeur patrimoniale du son autrement que comme un simple habillage redondant de l’image.

Et bien d’autres encore, qui œuvrent pour le bonheur de nos oreilles, que je ne connais pas ou que j’oublie !!!

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Soundwalk, promenade sonore, balade sonore… pour poétiser, ou poïetiser l’espace


SOUNDWALK, PROMENADE SONORE, BALADE SONORE POUR POÉTISEZ, OU POÏÉTISER L'ESPACE

Écouter en marchant, ou marcher en écoutant, sont deux actions qui se posent comme des gestes complémentaires et finalement indissociables dans le fait, gestes acoustico-déambulatoires que des artistes anglo-saxons nomment la soundwalk.

La marche ayant la propension à stimuler l’expérience sensorielle, si l’on axe sa déambulation autour d’un sens en particulier, l’écoute par exemple, ce dernier verra sa sensibilité ainsi décuplée.

Les espaces traversés prennent alors à l’oreille une importance qu’ils n’ont pas dans une déambulation au quotidien, acquérant, par le biais d’un décalage esthétique, voire artistique, une indéniable dimension poétique.

Au delà du constat d’une certaine jouissance sensorielle, la promenade est pensée, agencée et proposée comme une fabrication de parcours, la mise en place d’itinéraires, des propositions favorisant une immersion sensorielle via par exemple une parole conditionnante, des postures intellectuelles et physiques suggérées, sans parler de toutes les variations possibles, installées, performées… Tous ces processus participent à une construction relevant de la poïétique faisant de la marche d’écoute un nouveau champ de recherche, à explorer physiquement du corps et de l’oreille pour en démonter les composantes.

Si l’on se place dans l’optique d’une création artistique, la promenade sonore fait en effet œuvre. On peut alors en analyser ses composantes, ses potentialités, les circonstances de sa création, les relations avec son environnement, les acteurs la générant et/ou la pratiquant, les émergences intrinsèques, contrôlées ou non, régissant une partie de sa genèse et de son évolution….

Pour faire simple, la balade sonore requiert a minima deux composantes :

– Un environnement (sonore) où déambuler, soit choisi par avance soit parcouru de façon erratique, sans itinéraire prédéfini.

– Un promeneur écoutant, ou mieux encore un groupe partageant une même expérience esthétique dans un lieu et un moment similaire.

La balade sonore est a priori perçue comme une action simple, quasi élémentaire. Elle offre néanmoins de très nombreuses potentialités, variations. Outre le fait d’écouter, de découvrir son environnement sonore, dans des visées pédagogiques, et sans doute à terme de le comprendre, de l’analyser, toute une démarche à la fois esthétique, sociale, écologique, tisse ce qui peut devenir somme toute un champ d’étude assez complexe.

L’écoutant qui se prend à réfléchir sur sa pratique pose dés lors nombre de questions oscillant entre ressenti, analyse, réflexion philosophique. Ce questionnement met en jeu divers phénomènes perceptifs, stimuli, synergies et synesthésies, interactions où culture sonore, expérience de l’instantané, du terrain connu ou inconnu, sans parler de tous les facteurs incontrôlables liés au monde auriculaire, tendent à organiser les composantes structurant l’écoute en marche.

On peut d’ailleurs se demander comment on devient un promeneur écoutant. Par intérêt pour le monde des sons, de la musique et des arts performatifs, contextuels, de l’acoustique, des sciences liées à l’environnement et aux équilibres écologiques, de la gestion des rapports humains via la communication sonore, de la politique d’aménagement des territoires, ou par la conjonctions de certaines de ces approches croisées… ?

Au-delà de la magie première, presque primitive mais au combien importante de l’écoute initiale, une recherche méthodique, portée par des expériences sensorielles, esthétiques, pointe des questionnements tendant à analyser les mécanismes physiques et intellectuels, contrôlés ou inconscients, influant ou régissant les actions d’écoute déambulatoires.

Affaire à suivre.

 

APPEL À PARTICIPATION

Pour collecter des expériences comme matière de réflexions, d’analyse, Desartsonnants recherche le témoignage de promeneurs écoutants.

Vous pratiquez régulièrement des promenades écoutes, vous avez vécu un ou des moments très forts mettant en scène des ambiances auriculaires particulières, vous avez en mémoire de belles « madeleines sonores », décrivez les, écrivez les, et envoyez les à desartsonnants@gmail.com, ou postez les sur la page desartonnants Facebook.

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16e Festival débranché des journées Haut-Parlantes


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Programmation

♭16 Festival débranché des journées Haut-Parlantes

Fabrezan– 6, 7 et 8 Septembre 2019

 

Vendredi 6 Septembre 2019

17h – Antoinette Trio

30’ / Tout public

Concert / Derrière la chapelle

Antoinette Trio lance un défi espiègle : explorer de manière déambulatoire

les répertoires des musiques populaires et y insuffler la joie virevoltante de

l’improvisation.

Sans toute fois tomber dans le folklore.

On s’enivre, on se nourrit des mélodies souvent méditerranéennes et latines, sauvages

et poétiques,qui revendiquent plus le folklore imaginaire et la liberté de le réécrire

qu’une tradition impérissable.

Antoinette Trio se compose de trois artistes aux parcours très différents : du jazz à la

musique classique en passant par les musiques populaires.

L’originalité vient aussi de son instrumentarium : une flûte, une clarinette basse et une

guitare jouent à s’apprivoiser la musique sauvage et profonde, sensible et enivrante

d’Antoinette Trio.

 

Concert-mendiant

 

19h – Richard Breton en 7 mouvements

40’ / Tout public / Représentation / Chapelle

L’oiseau approximatif – valse -staccato –suite orientale – tango, temps élastique» et

totem» autour des œuvres de Loïc Trevelot et Claude Parent-Saura, artistes plasticiens

interprétée par le LUZ QUARTET. Violon Cécile Varliette – violoncelle Lucie Hallé –

contrebasse Alain Carbonell – guitare Richard Breton – récitante Michèle Varier.

Richard Breton, guitariste de jazz il s’est très tôt consacré à la composition: «puzzle

pour quatuor à cordes en 1983 , «Botella al mar» pour instruments catalans et orchestre

en 1986 dirigé par Daniel Tosi, etc… et à la création de différents spectacles dont il

conçoit à la fois l’argument littéraire et la composition musicale , cela dans différents

styles, alliant le jazz et la musique contemporaine

 

21h – Glitch

35’ / Tout public / Performance cirque / Devant Chapelle

Anglicisme informatique : Défaillance électrique ou électronique qui entraîne un

dysfonctionnement informatique.

Par extension, ce terme est utilisé pour parler d’interférences et autres bugs de son ou

d’affichage, notamment dans les jeux vidéos.

 

 

 

22h – Guillonne Balaguer (alias 1demidegt2)

40’ / Tout public

Poèsie / Chapelle

Lecture noise bucolique (voix / laptop) : une matière (sonore), une chair (verbale).

Comment elles se rencontrent, s’épousent, sécrètent une texture, un prononcement,

une profération.

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 7 Septembre 2019

17h – A/R élements/terre

35’ / Tout public

Composition éléctroacoustique / Place Saint-Hubert

Il s’agit d’une composition électroacoustique sur une notion de circulations

d’énergies, inspirée par des principes de la médecine chinoise, avec notamment

la circulation,

l’équilibre et le déséquilibre des 5 éléments premiers : Feu Métal

Eau Bois Terre…

Ce projet s’appuie sur une pentaphonie avec un centre sonore aux graves

profonds et autour 4 satellites distincts. C’est une pièce que j’interpréterai en live,

jouant de mes ordinateurs, contrôleurs midi, claviers, micros qui me permettront

d’agir sur mes paramètres et de faire vivre cette musique en spatialisant et les

mixant les sons au moment présent, avec toujours cet aller/retour entre sons

concrets et sons abstraits atomisés dans l’électronique.

 

18h30 – Trilogie bachique

30’ / Tout public

Vin et musique / Place de la Tour Carré

Concert dégustation en trois actes, trois vins, trois sons.

Les sens, les mots, les sons de trois vins dégustés, blanc, rosé et rouge.

Le goût musical du vin quand se mêlent les sons des mots de l’oenologue et des

musiciens. Autour de trois vins dégustés, blanc, rosé et rouge.

Nadine Franjus-Adenis, oenologue et André Dion, musicien compositeur

 

Jean-Marc Quillet, percussionniste et accordéoniste

 

 

Concert-mendiant

 

20h – La Benoîte

60’ / Tout public

Concert/performance en acoustique / Place de la Tour Carré

Chanson drue avec violoncelle et bûche.

Poésie entre peau et poil qui sort des pieds, du gosier, de l’animal à cordes, grogne

& fouine dans les coins, murmure & gueule les soubresauts de la vie… ou

comment traverser les loges de la femme à coups de hache.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21h – Le Catch Littéraire

120’ / Tout public

Duels d’écriture improvisée / Place de la Tour Carré

Le Catch Littéraire et/ou poétique, c’est un affrontement entre deux athlètes

du verbe qui improvisent chacun un texte sur leur ordinateur devant un public ;

les deux textes sont retransmis sur écran géant. Le public assiste en direct à

l’écriture, intervient à différents moments du match et décide à la fin par ses

cris et ses huées du texte vainqueur.La rencontre est orchestrée par un arbitre

à la moustache très flexible accompagné du juge de ligne qui veille au respect

des contraintes. Enfin, les catcheurs ont de supers supers supers pouvoirs : une

contrainte spéciale qu’ils peuvent imposer à leur adversaire à n’importe quel

moment du match.

 

Dimanche 8 Septembre 2019

 

11h – L’envol de l’arbre

Sans durée déterminée / Tout public

Composition pour 16 haut-parleurs et un arbre

Derrière Salle Polyvalente

Venez vous allonger sous mon ombre et vous frotter contre mon écorce, venez

écouter la sève monter le long de mes racines et palpiter lentement à l’intérieur

de mon tronc, venez surprendre la faune qui s’ébat entre mes branches (peut-

être tombera-t’il une noix, ou une pomme ?), venez sentir le vent chanter, venez

vous envoler avec moi dans la voilure de mon feuillage !

 

 

 

 

 

17h – Anneau de Moebius

60’ / Tout public / Conférence promenade / Salle des Fêtes

Vous y découvrirez les aventures de notre mystérieux anneau dans les arts

plastiques, la musique, le cinéma, l’architecture, la poésie, la psychanalyse…

Nous y serons guidés, et sans doute un peu perdus … par David Lynch sur

« The lost Highway » en compagnie de Jean-Sébastien Bach, de Jacques

Lacan, de Robert Desnos et de bien d’autres…

 

 

 

Concert-mendiant

 

19h – Concert éléctroacoustique

60’ / Tout public

Concert-éléctroacoustique / Derrière Salle Polyvalente

Concert électroacoustique avec des pièces de Ingrid Drese et Régis Renouard

Larivière, Bruxelles, Adrian Moore, Angleterre.

 

Festival Son Miré
6, 7 et 8 Septembre 2019

Musique, théâtre, poésie, vidéo, photo, dégustation de vin, …

Village de Fabrezan dans l’Aude, à 5 km de Lézignan-Corbières.
En savoir plus … https://www.sonmire.org/

Informations :

Informations concernant l’associationet ses adhérents

Texte à méditer :

Pas le mot lui-même, mais l’univers qu’évoquait le timbre de ta voix.

Nâzim Hikmet, poète

 

 

 

 

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Pastoral/l’échappée belle, Firebird, textes, images et sons


Pastoral/l’échappée belle

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Pastoral, l’échappée belle, est un petit recueil de textes de Philippe Franck, le fondateur et directeur artistique de Transcultures et du festival City Sonic, et des photos de Christophe Bailleau, artiste poly ou pluri-média, ainsi que de Julie Maréchal, sans doute la seule du trio que je n’ai jamais rencontrée, les deux autres étant des connaissances de déjà de longue date.

Le livret est illustré en couverture d’un belle photo de micro pointé vers… le ciel, ou le paysage, ou le monde, une partie du monde, vers un horizon ouvert et poétique, flou dans son horizon, comme incertain. Les textes et images sot diurnes, ou nocturnes, ou dans un entre-deux surréaliste, mais ne sommes-nous pas en terres Belges, comme en écho à quelques Delvaux ou Magritte. A leurs nuits et jours eux aussi incertains…

Les images font contrepoint. Elle ne soulignent pas forcément, ne répètent pas, ne contredisent pas non plus, elles brodent des à-côtés, des résonances, des discours croisés, parfois des réminiscences. Dialogue, l’œil saute du mot à l’image, hésite parfois, s’arrête ici ou là, et de fait, crée son propre parcours.

Je lis et regarde le texte en silence. Même si un CD accompagne le texte. En silence, même si le texte bruissonne sans cesse. Son auteur serait-il (aussi) musicien, ou intéressé par la chose sonore. Le son d’une machine, des corps et cœurs qui se parlent, le vacarme des armes, le haut-parleur/message, les bruissements terrestres, la musique inaudible, your hertbeat, l’explosion d’artifices, la voix des défunts, une cascade de pétillements… Je cité, entre autres.
Je relis maintenant, et relie aussi le texte avec les sons de l’Échappé belle. Musique de Christophe Bailleau et Philippe Frank.
Autre contrepoint. Des ambiances un brin planantes, qui ne viennent pas là encore bousculer ou contredite textes et images. Des boucles tranquilles, plus ou moins. Des échantillons sonores par collages ou juxtapositions.
Une ambiance Sonopoétic résolument transmédiale.

J’écris ici comme je feuillette le fascicule, après plusieurs lectures, pas toutes linéaires. En lecteur frivole qui papillonne le texte, cligne des yeux sur les images (pour voir si les résistent, si elle ne sont pas leurres ?).
Les images résistent, et même persistent.
Le texte également.
De même les musiques.

Le haut-parleur sur sa chaise toise le micro dressé vers le ciel, où je ne sais toujours pas où. Feront-il boucle, rétroaction, Larsen, chaine sonore, ici encore muette, prête à s’auto générer ? J’extrapole. Privilège du lecteur regardeur que je suis ici.

La taille du livret autorises des sauts, des retours, des itérations, des extrapolations, questions en suspend que chacun peut poser ou répondre à sa façon. Encore un privilège du lecteur, insoumis, et captivé à la fois. Paradoxe.
Le livret autorise des divagations pastorales, des échappées belles, j’emprunte, pour s’achever, après moult détours via une mystérieuse centrale, un grenier-zoo libéré, sur un frétillement de vie libérée.

En rêveur pastoral, je l’ai échappé belle. Mais qui sait ?

http://transcultures.be/2019/01/27/pastoral-l-echapee-belle-cd-sonopoetics-transonic-label/

 

Firebird
Cahier poétique

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Autre livret, autre style, autre monde/univers.
Même si le surréalisme résiste ici aussi.

Le texte et la musique sont cette fois-ci de Christophe Bailleau, issues d’une résidence des Pépinières européens de création, n 2018. Après l’acquisition du livret on accède à un espace d’écoute et de téléchargement.

Le titre, Firebird, n’a pas manqué de me renvoyer, par association, à Stravinski et à se version musicale et dansée via Maurice Béjard du célèbre conte russe. Pourtant, ni le texte ni les musiques associées n’y font référence, et en tout cas, christophe Bailleau, l’auteur compositeur ne semble pas vraiment s’y référer.

Il déroule son texte, sans images cette fois-ci, plutôt des illustrations assez discrètes, toujours dans une veine surréaliste a priori bien assumée. « Ici, dans le salon de la comtesse », je cite ce qui me semble être un clin d’œil manifeste.

Des phrases parfois coupantes, lapidaires, entre altérations et aphorismes poétiques, proches de l’haïku, où je sentirais volontiers poindre une inquiétude sous-jacente, ou émergente. Inquiétude que je ressens aussi à l’écoute simultanée de l’album de Christophe.
Je joue le jeu ici de lire en écoutant son alter ego sonore, miroir contrepoint lui aussi.

Il y a des trous, des gouffres récurrent, mais pas seulement… Des univers distordus où univers se rétracte alors que le corps est en expansion. Autre paradoxe, celui du rêveur éveillé, ou de l’écriture quasi automatique.

Une remarque, une inquiétude lancinante :
Non
Ça ne peut pas être le futur chaque jour
Non

Révolte. Pas de fuite en avant ici.

L’auteur aime les gens, les gens différents. Et ce malgré une Belgique scindée en deux où s’éloigne la mer… Un brin de géopolitique contextuelle sans aucun doute. La rêverie n’exclue pas le quotidien, fût-il parfois moins serein qu’on ne le souhaiterait.

Ici aussi, un cri perdu, des chants, orages, jour amorphe, sifflements… en contrepoint, avec la musique que j’écoute, du même Christophe. Mon correcteur orthographique devient inlassablement impossible à vouloir remplacer son patronyme par baliveau, quand ce n’est bailleur ! Nous rêvons certes, mais là il exagère !

Et pour finir, « le bruit devient poussière », sans doute comme la granulation qui émaille la musique lancinante, sonopoétic, qui accompagne l’écriture de cet article.

Bien sûr, cette chronique est éminemment personnelle, subjective, sensible.
Gageons que d’autres pourraient y lire, voir et entendre tout autre chose dans ces livrets et ambiances sonores. Mais j’assume encore une fois le privilège du lecteur/écouteur que je m’offre moi-même pour livrer mes propres ressentis, mes approches personnelles de ces deux créations des éditions Transonics et Sonopoétics  espérant tout de même ne pas trop trahir l’esprit des auteurs respectifs.

 

http://transcultures.be/2018/12/05/christophe-bailleau-firebird-livre-cd-transonic-sonopoetics-2/

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Soundwalking Groupe


POINTS D'OUÏE, PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

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Un tout nouveau groupe Facebook autour du Soundwalking et autres parcours sonores.

https://www.facebook.com/groups/470506840200246/

Voir l’article original

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Réseaux, ressources, création sonore


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Desartsonnants aime aller fouiller dans les recoins, les méandres d’internet, assembler de la ressource, creuser les réseaux, infuser en rhizomes, partager…

A partir de réseaux sociaux, de mots clés – Soundscape, Soundwalk, field recording, Public space, Performance Art, Sound Ecology, Environmental Sound, festival… Un liste in progress se tisse.

Liste au coup de cour, non exhaustive, en chantier…

Sound Art Network

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Publication « Music Beyond Airports »


 

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Attention cadeau !

l’University of Huddersfield propose en téléchargement gratuit ce bel essai autour des Musics for Airports de Brian Eno, histoire d’Ambiant.

Description : « Cette collection d’essais a été rassemblée et développée à partir de documents présentés lors de la conférence internationale Ambient @ 40 qui s’est tenue en février 2018 à l’Université de Huddersfield. L’objectif initial de la conférence n’était pas simplement de célébrer le travail d’Eno et la sortie historique de Music for Airports en 1978, mais de considérer le développement du genre, comment il a imprégné notre culture musicale plus large et quel est le rôle de cette musique aujourd’hui, compte tenu des changements de société survenus depuis la sortie de cet album.

Dans le contexte de la conférence, l’Ambient a été considéré sous l’angle de l’esthétique, de l’influence, de l’appropriation, du processus, de la stratégie et de l’activité. Un examen détaillé de chacun de ces sujets pourrait remplir de nombreux volumes. Dans cet esprit, ce livre ne cherche pas à fournir une analyse en profondeur de chacun de ces sujets ni une histoire complète des 40 dernières années de musique ambiante. Il propose plutôt une série de qustionnements, d’observations et de réflexions qui chacune ouvre la voie à une discussion plus approfondie. En tant que tel, ce livre doit être lu comme un point de départ pour des recherches futures, qui cherchent à interroger de manière critique le sens même de «Ambient», comment il crée son effet et comment le genre peut rester vital et pertinent au XXIe siècle. faire de la musique.« 

Cette publication est en Anglais uniquement.

 

Lien de téléchargement : https://unipress.hud.ac.uk/plugins/books/19/?fbclid=IwAR2hPUbAxjNlqIzU7w1PkpM2nWbg0u4PkIbIWjzH36joCJKUge4SyY6Qsic

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L’Atelier sonore d’esthétique, ENSA de Bourges


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Je vais vous parler ici d’un « lieu » au sens large du terme, qui rassemble un site internet et un espace non virtuel, lieu de pratiques pédagogiques et de réflexion autour de la création sonore, en l’occurrence l’ École Nationale Supérieure d’Arts de Bourges. Établissement dans lequel je suis d’ailleurs intervenu avec des post-diplômes en création sonore, autour de la notion de Balades sonores et autres parcours d’écoute.

Cet espace – Atelier sonore d’esthétique, à la fois physique, médiatique, et internautique, est construit autour de travaux d’étudiants, essentiellement sonores, sous la houlette d’Alexandre Castant, professeur à École Nationale Supérieure d’Arts de Bourges, essayiste et critique d’art.

Pour mieux saisir l’enjeu du projet, voyons la présentation faite sur le site concerné.
«  Ce site regroupe les pièces sonores réalisées, chaque année depuis 2005, par les étudiants de l’École nationale supérieure d’art de Bourges (années 1, 2, 3, 4 & 5), et dans le cadre de L’Atelier sonore d’esthétique, un séminaire de recherche esthétique en création sonore d’Alexandre Castant, professeur d’esthétique et d’histoire des arts contemporains à l’Ensa.
Les pièces sonores produites dans le cadre de cet atelier excèdent la question des registres et des genres : fictions radiophoniques, documentaires de création ou compositions musicales, elles participent donc d’une écriture sonore très ouverte. En revanche, chacune et sauf exception d’un format court de moins de dix minutes environ, fait la description, le commentaire subjectif ou l’analyse sémiologique avec des sons ou la voix, d’une œuvre d’art, toutes disciplines artistiques confondues, relevant du patrimoine, ancien, moderne, contemporain ou actuel. Les sons, alors appréhendés pour leurs potentialités signifiantes, permettent de faire se refléter dans la pratique sonore une histoire de l’esthétique. Inversement, au fil du temps, ces pièces constitueront une petite encyclopédie, subjective, artistique et audio, de l’histoire des arts.
Parallèlement, cet atelier part du principe que, au regard d’un essai de définition du son et d’un parcours dans les correspondances esthétiques, l’histoire du son dans les arts plastiques, mais aussi dans l’histoire de la radiophonie et du cinéma, constitue aujourd’hui un territoire autonome de la création. Ainsi, des expériences du Père Castel au XVIIIième siècle jusqu’aux sculptures sonores et à Fluxus, l’écoute et le voir ont toujours interrogé autrement l’espace et le temps, les configurent et les donnent à lire en les renouvelant. Espace pédagogique et de recherche, L’Atelier sonore d’esthétique prend acte de cette réalité artistique et s’en nourrit constamment.
Dans cette perspective, ce site est pourvu d’une page Bibliographie qui, outil aussi bien que lieu de débat en devenir, sera enrichie avec le temps. Enfin, ce travail de création sonore des étudiants ne serait pas abouti s’ils n’était pas diffusé. Outre la diffusion publique qui, chaque année, a lieu dans la Salle d’Écoute de l’Ensa, outre un Cd également réalisé pour chaque session de travail, ce site donne à entendre en accès libre la nature de ces travaux. De plus, et pour toutes les raisons dites, la programmation de festival d’art sonore, comme la présentation de ce type de recherche dans des galeries, des musées, des écoles d’art ou des universités nous a conduit a créer la page Diffusion qui met à jour l’actualité vivante de cet atelier, où la création sonore est aussi conçue comme une synthèse de l’art et une pratique esthétique.
Alexandre Castant

Ces travaux ont donné lieu ce jour à des Stations, 23 à ce jour, courant de 2005 à 2019, autour de thématiques très variées, de formes médiatiques libres, mêlant textes, images, sons, selon les mises en forme éditoriales choisies. Elles sont encadrées par différents artistes, enseignants, exercices de style, peut-être un chemin de croix(sement), nous offrant un panorama singulier et très personnel d’une création sonore élargie et singulière. Les Stations, pour être en quelque sorte validées sont diffusées non seulement dans l’école, parfois accompagnées de conférences, mais également via des CD, et installations dans des festivals d’arts sonores tels City Sonic

Parmi les thématiques, des focus sur des pratiques et esthétiques d’artistes, de courants, d’expériences, on trouve un grenier d’abondance où créateurs sonores, plasticiens, radiophonistes, programmateurs et curateurs, philosophes, et surtout des élèves, croisent les idées, des approches personnelles, donnant une vision kaléidoscopique, je reprends leur propre terme, sans se départir d’une exigence pédagogique convoquant rigueur éditoriale et joyeuse curiosité.

Une biographie et petite bibliothèque viennent compléter ces ressources online.

 

Un exemple avec la Station#23
Pour illustrer ma présentation, je prendrai une production en ligne, la Station #23 consacrée à Philippe Franck, entretien(s) avec Alexandre Castant sous la thématique « Faire des albums curatoriaux ». Question pertinente et finalement rarement traitée; comment rassembler parfois l’a priori inassemblable pour tenir un discours au final cohérent, mêlant des genres très différents, dans un patchwork somme toute très jouissif.

J’évoquerai tout d’abord différentes raisons à ce choix personnel. En premier lieu, chronologiquement, c’est la dernière publiée en 2019, d’actualité dirait-on. Ensuite, Philippe Franck est devenu, au fil des ans, un partenaire compagnon de route et ami, via City Sonic, la Sonic Radio, et aussi par d’autres projets, et de nombreux échanges et croisements que nous entretenons régulièrement depuis déjà quelques années. Il est donc pour moi assez logique que je prenne cette Station en référence, d’autant plus que le sujet de la curation éditoriale pose une problématique singulière. Pas de réponse définitive ici, posture d’ailleurs périlleuse à l’heure de la mixité galopante des genres, mais un panel de propositions, d’expériences, de questionnements.

Station#23 est donc un pièce audio, mêlant entretiens et illustrations sonores et musicales de 94 minutes. On ne sait plus trop d’ailleurs quel qualificatif adopter devant l’hybridation, l’esthétique de travers des compositions donner à entendre.

Pourquoi le son ?
Intéressante et vaste question posée d’emblée, lors de la venue de Philippe Franck à l’ENSA de Bourges, et qui sert ici de support à une sorte de fil autobiographique, audioblographique pourrait-on dire.

Nous évoluons dans des mouvances rock et surtout post rock, punk et et post punk, pris ici comme des repères, parfois des musiques de travers, souvent inclassables, donc inclassées…Une génération Seventies – Eighies, via l’expérience de Philippe Franck qui, guitare et stylo en main, va ouvrir progressivement des portes aux arts sonores actuels. Les arts sonores, courants d’arts qui s’échappent souvent de notre sens critique, à chaque fois en tous cas que l’on croit leurs avoir trouver une définition satisfaisante.

Des formes de curation donc, d’éditions, de festivals, à la recherche d’un improbable mais passionnant bain sonore et numérique sans cesse en ébullition. Les années 70/80, leurs expériences parfois chaotiques, qui ne cessent de se chercher des adjectifs, ce qui en dit long sur les incertitudes critiques et classificatrices – musiques ou formes innovatrices, inclassables, inouïes, improvisées, expérimentales, novatrices, post… La richesse, parfois débridée, entre musiques « classiques », contemporaines, populaires, du monde… montre les méandres de la création sans cesse réactivée par des emprunts, remixes, brassages, hybridations parfois des plus hétéroclites, dans leur incroyable fécondité sonifère.

Les illustrations sonores de cette Station#23 nous le montrent bien, où en tous cas nous le font bien entendre.

Les labels, dont Sub Rosa, une référence Bruxelloise légendaire incontournable, et une curation façon Cinéma pour les oreilles, dans une certaine Belgitude bouillonnante, confirment cette vitalité d’un brassage audio, au sens large du terme.

L’interdisciplinaire et la transdisciplinarité via le son, sont d’emblée au rendez-vous. Le son, et ses médias associés, sont dés lors posés comme des rassembleurs, à l’instar d’autres expériences sensibles, où se brassent sonore, plastique, poésie, littérature, mixed-media et autres performances au contours mouvants.

Le son s’échappe ainsi des salles de concert comme des lieux d’exposition d’art contemporain, gagnant ainsi une intimité, une proximité, une liberté, une convivialité hors des espaces hyper médiatiques, des lieux de création et de diffusion attendus. C’est en tous cas me semble t-il, un des grands paris que tient Philippe Franck quand à la programmation du festival City Sonic, et aux choix des lieux comme un parcours sonores dans la ville nous emmenant dans différents endroits parfois très inattendus, du bâtiment officiel à l’intimité d’un jardin, en passant par une galerie marchande, un magasin… Une curation qui va rencontrer un public qui n’oserait peut-être pas pousser la porte d’un salle de concert ou d’un musée, mais qui accueille avec curiosité une pièce radiophonique ou une installation dans une galerie marchande.

Tout cela, ce brassage nourris de moult références, notre curateur post rock est intarissable, à travers le prisme de la vie hautement musico-plastico-sonore de Philippe Franck, est forcément marqué de certaines affinités totalement subjectives. La subjectivité assumée étant généralement le propre d’un curateur programmateur digne de ce nom. Ajoutons ici que que, au-delà de son travail de curateur historien de l’art, de critique et producteur, fondateur de Transcultures, Centre interdisciplinaire des cultures numériques et sonores, et du Festival international des arts sonores City Sonic, notre infatigable activiste est aussi musicien compositeur. Il travaille sous le nom de Paradise Now, croisant moult expériences sonores, plastiques, poétiques et rencontres, pour la scène, la vidéo, la danse, notamment avec la performeuse Isa Belle et bien d’autres artistes, producteurs.

 

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Le texte accompagnant l’entretien audio sur le site « Re/territorialisations résonnantes », est issu d’un article que Philippe Franck a écrit pour la belle revue Québécoise Inter – dossier « Nouveaux terroirs, réinventer les territoires », n°131, printemps 2019…. Il a été remanié et étoffé pour la circonstance. Dont un chapitre très sympathique autour des parcours sonores, et des PAS Desartsonnants. N’étant pas ici pour ma propre auto-promotion, j’apprécie néanmoins que mon travail soit présenté avec un regard extérieur pertinent, qui finalement me donne un peu de recul sur mes productions et activités, souvent menées la tête dans le guidon, comme diraient des cyclistes Belges

Les stations étant très différentes des unes aux autres, cette Station#23 est donc un choix très personnel, non représentatif de l’ensemble des productions de l’Atelier d’esthétique sonore, dont je vous invite à parcourir les différents opus très diversifiés, en ligne ici : https://ateliersonoredesthetique.ensa-bourges.fr/

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Field recording et arts sonores Tendre les micros, un geste artistique


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Pour ceux qui, comme moi, sont particulièrement sensibles aux pratiques artistiques où se croisent création sonore et approche environnementale, le field recording est un champ incontournable. Difficile à traduite en français sans paraphraser, cet « enregistrement de champs » in situ, songraphies… recouvre en fait moult techniques, esthétiques, sensibilités et même parfois objectifs.

Internet nous permet néanmoins aujourd’hui d’avoir une vue assez précise des riches

ses du field recording, si l’on sait où chercher…

Jean-Grégoire Muller, de la Médiathèque de la Communauté Français Belge ayant écrit à ce sujet un article très intéressant, je vous le propose ici comme introduction, fort bien documenté du reste, à ce sujet.

Je me suis permis, pour plus de lisibilité, d’actualiser l’article en transformant les renvois hypertextes dirigeant vers des références bibliothécaires en liens vers les artistes cités, et de rajouter une sélection de sites venant compléter cette présentation.

FIELD RECORDINGS, DES MICROS POUR RACONTER LE MONDE

Jean-Grégoire Muller, Médiathécaire Rock, Passage 44

PRÉSENTATION

UN MONDE ET DES MICROS

Les albums de field recordings révèlent une multitude de manières de tendre le micro vers le monde, en s’intéressant à des objets très diversifiés :

la vie quotidienne domestique
la vie d’un lieu, d’un village , d’un lieu naturel, d’une région, certaines activités particulières liées à des industries ou des métiers
des cérémonies folkloriques ou religieuses
ou plus largement, des situations sonores remarquables aux oreilles du collecteur, par exemple des chants d’insectes en Asie du sud-est

Le ton des albums varie. Certains auteurs manifestent une empathie évidente avec leurs sujets. Dans La Rioja , Alejandra Salinas enregistre les moments de vie très musicaux de la région espagnole dont est originaire sa famille. Quand Chris Watson passe plusieurs jours en planque pour enregistrer le cri d’un animal, il y a une passion évidente pour la vie sauvage et la nature, doublée de l’excitation de capter des sons réputés difficiles à saisir.
Le voyage est la source première de l’album Bon Voyage! de Aki Onda. Voyageur muni d’un micro plutôt que d’un appareil photographique, il compile et superpose ses enregistrements jusqu’à ce que ceux-ci se mettent à former une masse sonore qui figure le vrombissement du monde. Le voyage entre la Suède et la Russie de Johannes Helden est aussi la source sonore de son album Sketchbook

. Les sons sont ici amortis par un traitement électronique tendant à l’abstraction. Quiet American exploite de manière tout à fait documentaire ses voyages en Asie, en récoltant des sons qui ont trait à l’eau et à son usage -notamment l’irrigation- dans ces régions.
Quand d’autres captent le monde, on dirait pourtant que c’est eux-mêmes qu’ils essayent d’entendre, écoutant l’environnement sonore comme un miroir leur renvoyant leur position dans l’univers. Les courtes séquences de Jason Kahn sont comme un journal que lui seul peut comprendre, Justin Bennett semble égaré, visiteur sans but, dans le brouillard de la ville. Mark Poysden a placé un micro sur un appui de fenêtre lors d’une pluvieuse nuit d’été. Koura recueille les moments de sa vie quotidienne d’expatrié au Japon…

TENDRE LE MICRO DANS LE MONDE, UN GESTE ARTISTIQUE

L’enregistrement en studio est une manière d’arracher la musique ou plus largement le son hors du temps qui s’écoule. Il enferme le son sur un support qui lui permettra d’être dupliqué et ensuite écouté, sur un CD par exemple, dans les situations les plus diverses, sans aucune référence au lieu ni au moment dudit l’enregistrement. Le studio agit comme un «effaceur», il décontextualise.
Sortir le micro, c’est au contraire capturer un moment et un lieu précis liés aux circonstances de l’enregistrement. L’artiste anglais David Tremlett a réalisé en 1972 une œuvre intitulée The Spring Recordings, qui fait partie de la collection de la Tate Modern de Londres. Elle consiste en quatre-vingt-une cassettes audio posées sur une étagère, contenant chacune un enregistrement en plein air d’un lieu rural d’un des comtés composant le Royaume-Uni. Tremlett déclare que «le voyage de l’artiste et sa rencontre avec chaque lieu est déjà une œuvre d’art».
Chris Watson, preneur de son professionnel oeuvrant pour des documentaires sur la vie sauvage, décrit précisément les stratagèmes ingénieux par lesquels il arrive à placer son micro au plus près des animaux sauvages dont il veut enregistrer les cris . Expliquant les coulisses techniques de son activité, assez extraordinaires et très éloignées des routines de studio, il renforce à la fois la dimension documentaire et artistique de son travail. Documentaire, parce qu’en expliquant les conditions d’enregistrement, il révèle que son objectif est la captation du réel, de phénomènes existants. Artistique, parce que Watson est d’une grande exigence quant à la qualité et l’expressivité de ses enregistrements, et surtout parce que le dispositif technique est présenté comme condition nécessaire à l’accomplissement d’une idée. Les disques de Watson témoignent d’ailleurs, par le son stricto sensu ainsi que le montage, d’une qualité autre que documentaire. Ils restituent quelque chose de plus abstrait, de plus trouble, quelque chose du son du monde et de la nature auquel l’humain n’est pas habitué.

CAPTURER UN MOMENT QUI SORT DU QUOTIDIEN

Certains titres de field recordings capturent des événements qui sortent du quotidien, qui sont des moments d’une certaine importance sociale, comme les carnavals, les fêtes populaires ou religieuses. Le carnaval de l’île de Skyros en Grèce, par Steven Feld au cours de ses pérégrinations aux quatre coins de l’Europe à la recherche de sons de cloches ou la parade de Jamaica Day à Brooklyn, important événement pour les New-Yorkais originaires des Caraïbes, que Charlemagne Palestine a enregistrée en 1998. Palestine a sélectionné une heure de son enregistrement et y a surimposé des nappes analogiques et synthétiques caractéristiques de son oeuvre. Si c’est la richesse sonore de l’extrait qui l’a convaincu de l’utiliser, Palestine revendique aussi la valeur ethnographique de son enregistrement.
Autres sons qui signalent la sortie du quotidien, ceux des feux d’artifice, fréquemment capturés. Joshua Abrams choisit celui du 4 juillet, fête nationale aux États-Unis . Quelques pétards sur une côte française sont insérés entre deux titres musicaux par Gastr Del Sol. Jonty Semper a, lui, rassemblé les enregistrements radio de la BBC des deux minutes de silence commémorant chaque année l’armistice de la Première Guerre mondiale.
Des rituels plus modernes sont aussi l’objet de certaines prises de sons, ainsi Santa Pod , du nom d’un circuit de courses de dragsters dans le Northamptonshire, témoigne de l’ambiance qui y règne lors d’une journée de courses.

ENREGISTRER LA GÉOGRAPHIE HUMAINE

Le monde dans toute sa diversité est objet potentiel de captations sonores. Toutes les régions, tous les environnements. La ville y a bien sûr sa part. Récemment, les villes de Göteborg et Bruxelles ont fait l’objet de portraits sonores, anthologies recueillant les contributions de nombreux artistes autour de ce thème imposé. Enregistrements d’ambiance, témoignages et compositions musicales s’y côtoient et finissent par former un portrait diffracté de la vie urbaine. Les villes lointaines sont sources d’émerveillement facile pour les oreilles occidentales. La balade sonore de Sarah Peebles à Tokyo relate cet enchantement de l’ouïe dans la profusion de l’espace urbain, tout comme les enregistrements de Tobias Hazan pour la compilation Sub Rosa Sessions – New York September 1996 . Henri Pousseur use aussi d’ambiances urbaines dans sa pièce Liège à Paris datant de 1977. Le lieu urbain est l’objet d’une étude plus clinique chez Michael Rüsenberg. Dans Real Ambient Vol.04 , il étudie différents aspects du site de la Défense près de Paris. Éléments des bâtiments comme les escalators ou les appareils d’air conditionné, moyens de transport, usages du lieu parfois imprévus comme un assemblement de rappeurs sont répertoriés par Rüsenberg, livrés dans des séquences brutes et également proposés à des musiciens comme sources pour des remix.
Organum, entité musicale dirigée par David Jackman, aime à enregistrer dans des conditions sonores spécifiques. Dans Vacant Lights, c’est un site de trafic routier qui est le support des discrètes résonances ordonnées par les musiciens. C’est un tunnel et son trafic qui sont également au centre d’une performance de Akio Suzuki Tubridge . Dans ces deux cas, les artistes proposent d’abord un portrait sonore fidèle du lieu avant de commencer à modifier celui-ci de manière insidieuse.
Le Cityscape de Justin Bennett surprend la vie silencieuse de la ville, de ses cours, de ses rues vides, de sa calme activité hors des heures de pointe et des centres commerciaux.

LE MICRO TÉMOIN D’UN MONDE QUI DISPARAÎT

Les lieux naturels sont également des objets de captations. Ils sont parfois inhospitaliers. Le désert, pour Steve Peters, qui dresse le portrait à la fois d’une journée et d’une année d’un site dans le Nouveau-Mexique. Les glaciers, choisis par Chris Watson ou encore Lionel Marchetti. Peter Cusack a, quant à lui, collecté les sons du lac Baïkal en Sibérie au moment de sa fonte, à la fin du mois d’avril. Outre le son des morceaux de glace qui s’entrechoquent, il a également recueilli quelques moments impromptus de la vie des habitants du rivage, comme cette personne qui tombe au travers de la glace qui se brise et dont la trace sonore se propage sur plusieurs centaines de mètres jusqu’au micro immergé de Cusack. C’est l’occasion de remarquer que le micro retient souvent bien plus que l’objet direct de l’attention du preneur de son. Lointain trafic ou chant des oiseaux, omniprésents en ville et pourtant pas encore l’objet d’un enregistrement spécifique.
Souvent, et en particulier aux oreilles des citadins, le collecteur de sons capte non seulement un lieu et un moment, mais surtout une époque, une tradition, menacée par le passage du temps. C’est le cas des lieux naturels, mais aussi de la ruralité et même déjà de l’industrie, prise dans un cycle d’activités et de désaffectations.
Les mouvements de troupeaux de moutons sont enregistrés par Éric La Casa et inclus dans sa pièce sonore Les pierres du seuil , tandis que Quiet American enregistre différents aspects des techniques d’irrigation dans le sud-est asiatique . La ruralité est aussi le lieu de métiers anciens, comme celui de fondeur de cloches, saisi aussi par Éric La Casa . Philip Corner visite une usine textile en Italie et écrit une partition pour ses différents outils . Michael northam capture le son du vent s’engouffrant dans deux tours de métal , Jon Tulchin récolte aussi ces moments où industrie et nature se rejoignent dans la désolation .

JOUER AVEC LE MONDE

La prise de son dite field recording capture un environnement sonore en vue de le faire écouter tel quel, de manière analogue à une pièce de musique. Certains artistes-compositeurs veulent aller plus loin et considérer l’environnement sonore comme un véritable intervenant dans leurs compositions, au même titre qu’un musicien.
David Dunn tente de stimuler le chant du Mimus polyglottos en lui envoyant des sons auxquels il réagit ou compose des partitions pour des musiciens répartis dans un espace géographique donné. Norman Lowrey organise des cérémonies musicales où les voix des participants se mêlent aux enregistrements d’une rivière, le Delaware. Le but de ces cérémonies est de se connecter par le son à «l’intelligence de la rivière».
L’identité sonore d’un lieu ouvert peut aussi être simplement choisi comme élément d’une performance musicale. Maggi Payne enregistre la pluie qui tombe dans un seau ou sur le même seau retourné. Akio Suzuki utilise un rivage maritime comme ingrédient primordial d’une création sonore. Robert Rutman joue du violoncelle au milieu du trafic automobile.

ÉCOUTER POUR COMPRENDRE

Chez un certain nombre d’artistes, il y a volonté de lier l’acte d’écouter à la recherche d’une forme de sagesse. L’enregistrement de sons provenant de cérémonies religieuses ou de coutumes de différentes régions du monde témoigne d’un effort de connexion par l’intermédiaire d’un sens, l’ouïe, à un univers culturel et religieux difficilement compréhensible dans sa totalité par l’individu d’origine occidentale. Hildegard Westerkamp explore de la sorte en Inde , Loren Nerell en Indonésie, Oz Fritz dans le monde entier.
Une autre manière encore d’appréhender le monde est de tenter d’écouter sa matière physique, en plaçant des micros ou des capteurs dans le sol ou des objets. Toshiya Tsunoda capte les vibrations de l’air, de l’eau ou d’activités humaines telles qu’elles se propagent à travers divers milieux physiques, par exemple le béton . Richard Harrison dresse le portrait d’une colline à partir des variations de potentiel électrique entre différents points du lieu , Jacob Kirkegaard enregistre l’activité volcanique en Islande . Disinformation relève la tête et capte les sons de l’espace, Minori Sato enregistre le silence. Autant de signes, à interpréter, proposés aux auditeurs.

LE RÉEL MATÉRIAU SONORE

L’enregistrement field recording n’est pas une composition musicale. Il s’agit d’une captation pure et simple de l’environnement sonore. Il offre à l’auditeur une expérience sensorielle qui n’implique que l’ouïe, c’est alors à lui de compléter, par l’attention et l’imagination, l’information structurellement incomplète qui lui est proposée. En ce sens, il y a une véritable proposition artistique, une stimulation de l’auditeur par un preneur de son qui décide de tendre son micro à un endroit et un moment donnés et qui sélectionne différents passages de ses enregistrements pour les faire figurer sur un album. Les compilations du site Phonography.org rassemblent un grand nombre de ces artistes qui proposent d’écouter autrement le monde. En procédant par montages et juxtapositions, Chris Watson, ou Éric La Casa manipulent le réel pour raconter une histoire d’un lieu ou d’un cheminement plus personnel.
La manipulation des sons du réel est à la base de la musique électroacoustique, dans laquelle est exploitée la relation dialectique entre l’impact purement sonore des sons et la signification liée à leur origine. On retrouve cette manière de faire dans les travaux de Kristoff K. Roll ou Hildegard Westerkamp.
L’enregistrement de terrain peut aussi faire l’objet de divers traitements et filtrages qui transforment le son, jusqu’à parfois rendre son origine méconnaissable. C’est le cas de Francisco Lopez, qui tient à éliminer toute dimension documentaire de ses œuvres pourtant basées sur des enregistrements de terrain , ou Aki Onda.

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QUELQUES RÉFÉRENCES SUPPLÉMENTAIRES

Kalerne (Yannick Danby et Olivier Féraud)

Cédric Peyronnet (Cartographie du Taurion)

Stephen Brown (Hear Sound Project)

Sonatura, le blog des audionaturalistes

Gruenrecorder (Label Field Recording)

The NatureSound Society Japan

Naturophonia (Fernand Deroussen, Audionaturaliste)

Promeneurs écoutant (Marc et Olivier Namblard, Audionaturalistes)

La grive solitaire (Bernard Fort, compositeur, ornithologue

La musique du dehors, notes sur la phonograhie (Pali Meursault)

Marcher, écouter, composer (Pali Meursault)

 Réinventer le paysage (Pali Meursault) 

Apo 33

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